Cyclisme : Le début de saison des 6 Fantastiques en chiffres
CYCLISME – Six coureurs. Evenepoel, Vingegaard, Roglic, Van Aert, Van der Poel et Pogacar ont remporté 12 courses World Tour, sur les 19 depuis le début de l’année 2023. Un cannibalisme qui ne laisse que peu de miettes
Des statistiques effrayantes
Jay Vine (UAE Team Emirates), Dylan van Baarle (Jumbo-Visma), Jasper Philipsen (Alpecin-Deceuninck), Marius Mayrhofer (Team DSM), Tom Pidcock (Team Ineos) et Christophe Laporte (Jumbo-Visma). Point commun entre ces coureurs ? Ils ont remporté une course du calendrier World Tour en 2023. Quelque chose de « banal » pourrait-on dire. Sauf que c’est loin d’être évident en 2023. En effet, les courses de plus haut niveau sont confisquées par six coureurs. Ils s’appellent Tadej Pogacar (UAE Team Emirates), Jonas Vingegaard, Primoz Roglic et Wout Van Aert (Jumbo-Visma), Mathieu van der Poel (Alpecin-Deceuninck) et Remco Evenepoel (Soudal Quick-Step). Ils ont remporté 12 des 19 courses World Tour depuis le début de la saison.

Surtout, dès que l’un est aligné, à savoir sur 14 des 19 courses cette saison, par douze fois, la victoire est revenue à l’un des six. Seuls Tom Pidcock, sur les Strade Bianche et Christophe Laporte, sur Gand-Wevelgem, ont su bousculer la hiérarchie. Sur les chemins italiens, le Britannique avait affronté un Mathieu van der Poel en reprise et en rodage. Sur les monts flandriens, le Français était arrivé main dans la main avec Wout Van Aert, seul aligné. Et ce dernier a laissé la victoire au premier. En bref, soit un coureur s’est fait offrir la victoire – sans remettre en cause le début de saison incroyable d’un Christophe Laporte qui s’est offert À Travers la Flandre – soit il est tombé sur un coureur loin d’être à 100 %.
Pire encore, dès que deux des six Fantastiques sont alignés, la victoire est toujours revenue à l’un d’entre eux. Liège-Bastogne-Liège, disputé ce dimanche, en est la nouvelle preuve. Avec Remco Evenepoel et Tadej Pogacar alignés, et la victoire qui est revenue au premier cité.

Cannibalisme sur les victoires d’étape
Si Jay Vine peut se targuer d’avoir remporté le Tour Down Under en début de saison, c’est bien parce qu’il est le seul à avoir glané une course à étapes World Tour. Qui sont également cannibalisées, y compris pour les victoires d’étapes. Sur Paris-Nice, où Tadej Pogacar a imposé sa loi, le Slovène a remporté trois des sept étapes en plus du général. Jonas Vingegaard battu, a néanmoins remporté le chrono par équipes avec son équipe de la Jumbo-Visma. Toutes les étapes accidentées sont revenues au coureur de la UAE Team Emirates. Sur Tirreno-Adriatico, qui avait lieu la même semaine, Primoz Roglic a, lui aussi, remporté les trois étapes accidentées sur les sept proposées. Mais le contre-la-montre inaugural lui a cependant échappé. Il termine « seulement » 12e.

Remco Evenepoel a été moins impressionnant sur l’UAE Tour, ne remportant qu’une des deux étapes de montagne proposées. Mais il s’est quand même adjugé le général. Sur le Tour de Catalogne, Primoz Roglic a devancé Remco Evenepoel. Avec deux victoires pour chacun, en sept étapes. Seul Giulio Ciccone a réussi à leur contester une victoire à Valter. Sur le Tour du Pays Basque, Jonas Vingegaard a remporté trois des six étapes, en plus du classement général.
Le Tour de Romandie, qui a débuté ce mardi, ne verra aucun des six Fantastiques alignés. En particulier les spécialistes des courses à étapes. Un répit pour les autres et pas de 13e victoire pour les Cannibales des temps modernes.
Et le suspense dans tout cela ?
Voir toujours les mêmes gagner peut susciter de l’agacement et de l’ennui. Mais certaines courses ont abouti à des scénarios de légende. On pense en premier lieu au Tour des Flandres. Où des outsiders ont lancé la course à près de 100 kilomètres de l’arrivée. Obligeant les favoris à se découvrir de loin. Et Tadej Pogacar a d’abord fait exploser Wout Van Aert puis Mathieu van de Poel à la pure pédale. On pense également à la montée du Poggio, qui a été exceptionnelle. Avec des attaques incessantes de Tadej Pogacar, qui n’a emmené que Filippo Ganna, Wout Van Aert et Mathieu van der Poel, ce dernier contrant victorieusement le Slovène. Le petit-fils de Raymond Poulidor, a remporté un Paris-Roubaix plus classique, mais très loin d’être boring, avec une course qui s’est lancée avant même la Trouée d’Arenberg.

Sur les courses à étapes, on a vu Remco Evenepoel pas si dominateur que cela sur l’UAE Tour, avant un duel au sommet et plein de suspense sur le Tour de Catalogne, avec des attaques tous les jours, pour tenter de faire plier un Primoz Roglic totalement inflexible aux attaques du Belge. Si on a le même scénario sur le Giro, cela contentera le public, après des éditions 2021 et 2022 un peu ternes. Tadej Pogacar a eu beau gagner trois étapes sur Paris-Nice, il n’a vraiment survolé que la dernière. Auparavant, il a dû surtout compter sur sa pointe de vitesse, pour faire plier David Gaudu. Avant de s’envoler dans les pentes du col d’Èze, dans la dernière étape. Il faut cependant le concéder, le Tour du Pays Basque a été moins intéressant. Jonas Vingegaard ayant réellement survolé la course. Bref, au milieu de cette domination presque sans partage, quelques batailles auront donné un peu de suspense aux suiveurs. Un moindre mal.


