Cyclisme Mondiaux 2023 : Les favoris de la course en ligne
CHAMPIONNATS DU MONDE DE CYCLISME 2023 – Une bataille titanesque entre les plus grands champions cyclistes du monde aura lieu sur le parcours écossais de Glasgow, ce dimanche 6 août. La course en ligne masculine est la première grande course au programme. Le parcours aura de nombreuses ressemblances avec celui d’Harrogate dans le Yorkshire en 2019. 3 570 mètres de dénivelé seront programmés sur 271,1 kilomètres avec un circuit final très technique et vallonné au cœur de Glasgow.
Le casse-tête belge pour Vanthourenhout
D’abord, la Belgique sera la nation favorite. Le champion du monde Remco Evenepoel s’est imposé à neuf reprises cette année, dont sur Liège-Bastogne-Liège, le Championnat de Belgique et la semaine dernière sur la Clasica San Sebastian. Son second pic de forme tombe à pic. Evenepoel a travaillé son explosivité et son sprint, comme en témoignent ses victoires au sprint au Championnat de Belgique et à San Sebastián, mais un scénario comme l’an dernier à Wollongong est également envisageable. Attaquer tôt a des avantages sur ce parcours local avec ses virages. La question est de savoir qui suivra Evenepoel lorsqu’il passera à l’attaque.
Comme l’an dernier, Wout Van Aert sera le deuxième leader. WVA a quitté le Tour lors de la dernière semaine de course en raison de la naissance de son deuxième enfant. Sur la Grande Boucle, il a montré une très bonne forme sans triompher. Il a montré qu’il pouvait rendre la course difficile lors d’étapes difficiles, y compris en haute montagne. WVA peut s’en sortir dans différents scénarios avec sa pointe de vitesse et ses qualités de rouleur.
L’entraîneur national Sven Vanthourenhout a amené un troisième leader en plus d’Evenepoel et Van Aert. Cela a été possible, car Evenepoel, en tant que tenant du titre, permet à la Belgique de partir avec neuf coureurs. Jasper Philipsen sera le troisième atout après son impressionnant Tour, lors duquel il a remporté quatre étapes et le maillot vert. Si cela se transforme de manière inattendue en sprint de groupe, il peut difficilement être battu. De plus, il a fait d’énormes progrès sur les parcours vallonnés. En soutien aux trois leaders, il y aura de sacrés équipiers avec Tiesj Benoot, Nathan Van Hooydonck, Jasper Stuyven, Yves Lampaert, Frederik Frison et Victor Campenaerts. Le problème sera de faire vivre trois favoris au sein d’une équipe.
Une hiérarchie mieux dessinée chez les Bataves
Sur un parcours technique avec de telles ascensions courtes parfois pentues, Mathieu van der Poel sera comme un poisson dans l’eau, surtout s’il pleut. Le leader de l’équipe néerlandaise a connu un Tour un peu difficile, mais s’est testé à plusieurs reprises dans des échappées. De plus, il connaît le circuit, puisqu’il avait fini à la deuxième place au Championnat d’Europe 2018. Le petit-fils de Poulidor va devoir lancer les hostilités de loin pour faire exploser les sprinteurs afin de se trouver en tête avec les autres favoris.
Tout comme la Belgique, les Pays-Bas peuvent parier sur plusieurs coureurs, avec le vainqueur de l’Omloop Het Nieuwsblad, Dylan van Baarle. Le champion des Pays-Bas sera dangereux en attaquant de loin avec de grosses qualités en chrono. La troisième carte sera le jeune sprinteur Olav Kooij, mais à première vue le parcours semble un peu trop dur pour lui.
Pogacar trop isolé ?
Battu dans la lutte au maillot jaune sur le Tour, Tadej Pogačar sera présent après un court repos après le Tour. En tant que vainqueur du Tour des Flandres, de l’Amstel Gold Race, de La Flèche Wallonne et de deux étapes difficiles du Tour, il doit certainement être compté parmi les favoris. Si le parcours n’est pas assez dur pour que le Slovène puisse s’envoler seul, il peut toujours compter sur sa pointe de vitesse. Son inconvénient sera la faiblesse de ses coéquipiers, puisque ni Roglic, ni Mohoric, ni Tratnik ont été sélectionnés pour diverses raisons.
Comme Pogacar, une autre individualité peut sortir son épingle du jeu, en la personne de Michal Kwiatkowski. En 2014, il a surpris tout le monde à Ponferrada en devenant champion du monde. Lors du Tour de France, il a réussi à gagner en échappe au sommet du Grand Colombier et a été performant lors du Tour de Pologne, cette semaine. Kwiatko ne pourra pas contrôler la course avec la faiblesse de son équipe, mais son expérience sur les grands rendez-vous sera primordiale.

Le danger danois
Ensuite, attention à la solide sélection du Danemark avec plusieurs atouts. Le plus prometteur sera Mads Pedersen, qui a montré une excellente condition avec une belle victoire d’étape dans l’arrivée ascendante à Limoges sur le Tour en battant Philipsen. Plus tard dans le Tour, il a travaillé dur dans les montées pour son coéquipier Giulio Ciccone dans la quête du maillot à pois. En cas de mauvais temps, Pedersen sera de la partie, puisqu’il affectionne ces conditions, comme lors de son sacre mondial en Grande-Bretagne en 2019.
L’autre plan du Danemark sera d’attaquer tôt et de durcir la course avec un solide rouleur comme Kasper Asgreen, vainqueur en échappée sur le Tour. À moins que ce soit un poker menteur en avançant les cartes Mattias Skjelmose, Magnus Cort Nielsen et Søren Kragh Andersen. Même si ce dernier n’a pas la forme du printemps.

Des Bleus en outsiders
L’équipe de France a célébré en 2020 et 2021 le titre mondial avec Julian Alaphilippe, notamment à Louvain sur un circuit technique et sélectif. Néanmoins, sa préparation ne s’est pas déroulée sans heurts. Sur la base de ses performances sur le Tour, on ne peut pas le considérer comme favori. Il peut toujours nous surprendre avec l’orgueil du champion. Médaillé d’argent en Australie, Christophe Laporte peut être considéré comme le leader avec un excellent printemps et a effectué un gros travail pour Vingegaard lors des trois semaines du Tour. Thomas Voeckler va devoir sortir un nouveau tour de son chapeau pour glaner une nouvelle médaille.

Une ribambelle de prétendants
Par la suite, pour la Suisse, le duo Marc Hirschi – Stefan Küng sera intéressant à suivre. Ce dernier a terminé troisième à Harrogate après une course longue et éprouvante, tandis que Hirschi, troisième du difficile Mondial 2020 à Imola, a récemment remporté le championnat de Suisse et l’Ordiziako Klasika. Les deux ont un profil différent, puisque l’un est rouleur, adorant la pluie, et l’autre est plutôt puncheur.
Champion d’Europe sur ce circuit et deuxième dans le Yorkshire, Matteo Trentin pourrait faire office d’outsider. Malheureusement, le Transalpin n’a plus les jambes de l’époque où il évoluait chez Patrick Lefevere. Alberto Bettiol sera peut-être le coureur à surveiller au sein de la Squadra Azzura. De toute façon, au vu du profil des coureurs italiens, cette équipe va mettre la pagaille pour espérer une médaille. L’équipe d’Espagne sera également dans la même position, surtout avec la perte de Oier Lazkano, sur blessure.
Du côté de l’Irlande, on aura un œil sur la révélation de la saison : Ben Healy. Il a été excellent sur les classiques ardennaises et a remporté une étape du Giro. Fidèle à son habitude, il devrait attaquer de loin, à en perdre parfois la raison. Sam Bennett aurait pu être un outsider sur ce parcours, mais le sprinteur de la Bora-Hansgrohe, annoncé chez AG2R Citroën, ne brille plus autant depuis plusieurs saisons. Les Norvégiens auront les mêmes doutes avec le sprinteur vieillissant Alexander Kristoff.

USA, Australie et Grande-Bretagne en embuscade
Puis, les Américains compteront sur des coureurs offensifs tels que Neilson Powless, Matteo Jorgenson, Quinn Simmons et Magnus Sheffield. Sur la base de la première partie de la saison, nous classerions même Powless parmi les favoris, mais la forme du coureur d’EF Education EasyPost a été moins impressionnante cet été. L’Australie a un vrai spécialiste du championnat du monde en la personne de Michael Matthews. Bling a déjà terminé cinq fois dans le top 7 d’un Mondial sur route, dont une deuxième place à Richmond, pour deux médailles de bronze (2017 et 2022). Maintenant, quelques doutes sur sa forme subsistent, puisqu’il n’a pas couru le Tour et n’a pas terminé en Castille-et-Léon et à Saint-Sébastien. La forme de Kaden Groves posera aussi question chez les Australiens.
Enfin, l’équipe locale de Grande-Bretagne ne comptera pas sur Tom Pidcock. En effet, ce dernier se concentre entièrement sur le VTT, une semaine après la course sur route. Dès lors, les regards sont tournés vers Fred Wright, le champion national avec une jolie pointe de vitesse et assez à l’aise sur les parcours casse-pattes. Malheureusement, il est plus habitué aux places d’honneur qu’au succès.
Palmarès de la course en ligne masculine depuis 2013
| VAINQUEUR | DEUXIÈME | TROISIÈME | |
| 2022 | Remco Evenepoel (BEL) | Christophe Laporte (FRA) | Michael Matthews (AUS) |
| 2021 | Julian Alaphilippe (FRA) | Dylan van Baarle (P-B) | Michael Valgren (DAN) |
| 2020 | Julian Alaphilippe (FRA) | Wout van Aert (BEL) | Marc Hirschi (SUI) |
| 2019 | Mads Pedersen (DAN) | Matteo Trentin (ITA) | Stefan Küng (SUI) |
| 2018 | Alejandro Valverde (ESP) | Romain Bardet (FRA) | Michael Woods (CAN) |
| 2017 | Peter Sagan (SLQ) | Alexander Kristoff (NOR) | Michael Matthews (AUS) |
| 2016 | Peter Sagan (SLQ) | Mark Cavendish (GBR) | Tom Boonen (BEL) |
| 2015 | Peter Sagan (SLQ) | Michael Matthews (AUS) | Ramunas Navardauskas (LIT) |
| 2014 | Michał Kwiatkowski (POL) | Simon Gerrans (AUS) | Alejandro Valverde (ESP) |
| 2013 | Rui Costa (POR) | Joaquim Rodríguez (ESP) | Alejandro Valverde (ESP) |


