Cyclisme – Saison 2018 : Barguil, Gallopin et Landa ont animé le marché des transferts
L’hiver n’est pas la meilleure saison pour enfourcher sa bicyclette. L’Union Cycliste Internationale (UCI) a planifié son calendrier de sorte que les coureurs puissent se refaire une santé durant cette période de l’année. Cette intersaison permet surtout aux équipes de renforcer ou d’affiner leurs effectifs et aux cyclistes de trouver un nouveau point de chute et de se familiariser avec leurs futurs coéquipiers. Ce qu’il faut retenir, pour l’instant, de ce mercato vous est détaillé ici.
Ça bouge chez les Français
Contrairement à certaines années, les transferts de cadors ne sont pas légion. Il faut surtout chercher parmi les gregari pour trouver de quoi alimenter la liste des recrues à même de modifier le visage du peloton. La première chose que l’on remarque est que les Français sont probablement les plus actifs. Le premier nom qui saute aux yeux est tout simplement celui de Warren Barguil. Le maillot à pois du dernier Tour de France est de retour dans une équipe tricolore, il quitte Sunweb, où l’histoire s’est mal terminée, pour rejoindre la jeune et ambitieuse formation de Fortunéo-Oscaro. Le risque est grand pour le Breton, au potentiel d’un vainqueur du Tour de France, qui perd sa place en World Tour. Nul doute qu’il devrait être au départ du prochain Tour, grâce au jeu des invitations, et des grandes compétitions se déroulant sur le sol français, mais ce sera bien plus compliqué pour tout ce qui aura lieu hors de l’hexagone. Il devra repenser sa préparation afin d’être prêt pour le grand rendez-vous du mois de juillet.
Le deuxième nom qui nous intéresse plus particulièrement est celui de Tony Gallopin. Le formidable puncheur français passe de la Lotto-Soudal, qu’il défendait les couleurs depuis 2014, à l’armada Ag2r-La Mondiale de Romain Bardet. Très belle pioche pour l’écurie de Vincent Lavenu qui se voit renforcé d’un atout maître qu’il n’avait pas eu en sa possession depuis probablement Alexandre Vinokourov, dans une autre époque, en vue des classiques printanières et automnales. Il sera le leader sur les courses « d’un jour » et un équipier modèle, voire un électron libre pour les courses dites « à étapes ». Le troisième fait marquant du côté bleu est la création d’une nouvelle équipe qui reprend un sponsor déjà en activité dans le peloton : Vital-Concept (ex-Fortunéo). Mise en place par l’ancien cycliste professionnel Jérôme Pineau, cette formation sera articulée autour du routier-sprinteur français Bryan Coquard qui souhaite redonner un nouvel élan à sa jeune et prometteuse carrière.
Un marché des transferts animé
A l’étranger, rien de bien croustillant à se mettre sous la dent. On le sait depuis la dernière Vuelta, Alberto Contador a raccroché le vélo. Son compatriote et équipier chez Trek-Segafredo, le vétéran Haimar Zubeldia, que l’on a vu par le passé à l’honneur sur le Tour de France, a suivi le même chemin. Ils ne seront remplacés que numériquement, ce qui laisse, au Hollandais Bauke Mollema, le champ libre pour les grands tours. Le plus gros transfert est probablement l’arrivée de Fabio Aru, champion d’Italie en titre, vainqueur de la Vuelta en 2015 et cinquième du dernier Tour, chez UAE Team Emirates. Il est accompagné par l’Irlandais Dan Martin, ex-Quick Step, pour former un duo très prometteur en montagne. Le départ de l’Espagnol Mikel Landa vers Movistar était acté depuis des mois. Il quitte son rôle de lieutenant de Chris Froome pour découvrir, enfin, un véritable statut de coureur protégé, avec les ambitions qui vont avec. En perdant également, Mikel Nieve (Orica-Scott), Peter Kennaugh (Bora-Hansgrohe) et Elia Viviani (Quick-Step), le Team Sky paraît être la formation perdante de cet hiver. Froome n’aura certainement plus le même train devant lui et son programme devrait s’en ressentir, lui qui souhaite remporter le Giro cette année après son doublé historique Tour-Vuelta. Mais ça, c’était avant son contrôle anormal lors de son sacre sur les routes espagnoles, révélé publiquement il y a deux jours.
Dans le camp des sprinteurs, ça a bougé ! En effet, le jeu des chaises musicales a fait son œuvre et les effectifs ont été quelques peu remaniés. La désormais Quick-Step Floors a laissé partir ses deux chefs de file Marcel Kittel pour Katusha-Alpecin et Matteo Trentin chez Orica-Scott. L’Italien Elia Viviani arrive en retour de chez Sky avec des espoirs plus légitimes, il sera à surveiller en 2018. Alexander Kristoff quitte lui le Team Katusha pour l’équipe EAU des Emirats qui, décidément, a frappé un grand coup de poing sur la table. Simon Gerrans quitte Orica pour BMC-Racing Team, Sacha Modolo quitte lui les Emirats pour Cannondale-Drapac et il est rejoint par le Danois Matti Breschel, transfuge d’Astana. Enfin, deux transferts qui ne manquent pas de piquant : les deux petits grimpeurs Louis Meintjes et Domenico Pozzovivo ont changé de camp. Le jeune Sud-Africain rejoint le Team Dimension Data, alors que le vétéran Italien quitte les Français d’Ag2r pour rejoindre Bahrain-Merida et épauler Vincenzo Nibali.
Enfin, on ne reverra pas non plus dans les pelotons cette année les Italiens Paolo Tiralongo et Adriano Malori, le Belge Jurgen Van den Broeck (sur le podium du Tour de France 2010), l’Américain Andrew Talansky, le Slovaque Martin Velits et l’Espagnol Alberto Losada, qui ont tous décidé d’arrêter leur carrière.


