Cyril Dumoulin, le dernier rempart
Nous avons rencontré Cyril Dumoulin, gardien de l’équipe de France de handball, qui entame une nouvelle saison pleine d’ambitions avec Nantes.
Cyril, peux-tu te présenter en quelques mots ?
Cyril Dumoulin, je suis gardien de but de handball et je joue à Nantes où j’entame ma deuxième saison. Je suis passé par Toulouse et Chambery et j’ai eu la chance de porter le maillot de l’équipe de France une soixantaine de fois.
Comment as-tu commencé le handball ? Et comment es-tu devenu gardien ?
A l’âge de 13 ans à l’UNSS, je n’ai pas vraiment eu le choix 🙂 C’est mon professeur d’EPS qui m’a mis à ce poste pour faciliter mon intégration car j’avais sauté une classe. Il m’a donné des responsabilités en me mettant dans la cage dans l’équipe « phare » du collège. J’ai aussitôt pris le virus et je n’ai plus jamais quitté ma cage !
Quel bilan fais-tu de ta première année à Nantes ?
Cela a été une très bonne saison voire une saison pleine avec la victoire en Coupe de France, même si nous aurions pu gagner davantage. Nous sommes la seule équipe française à avoir gagner un titre hormis le PSG. Nous avons été présents toute la saison, en restants très réguliers avec de beaux parcours dans toutes les compétitions où nous étions engagés.
A titre personnel c’est l’une de mes meilleures saisons en terme de régularité même si j’ai eu moins de temps de jeu dû au partage du poste avec Arnaud. C’est une saison où j’ai pris beaucoup de plaisir et où j’ai le sentiment d’avoir vraiment apporté à mon équipe.
Quels sont les objectifs pour cette nouvelle saison ?
L’ombre de la saison précédente est présente et tout le monde souhaite que nous fassions aussi bien voire mieux. Nous mesurons la difficulté rencontrée pour être à ce niveau l’année dernière, nous n’avons aucune certitude. Mais nous allons repartir à fond sans trop se poser de questions en prenant les matchs les uns après les autres pour voir où notre état de forme pourra nous amener.
Nous voulons embêter un maximum d’équipes et aller le plus loin possible dans toutes les compétitions où nous sommes engagés car nous les jouerons toutes à fond !
En équipe de France, ton rôle a évolué depuis la retraite de Thierry Omeyer, comment appréhendes-tu cela ?
Avec beaucoup de plaisir avant tout, comme d’habitude. Je suis appelé depuis 2009 donc c’est une équipe que je connais bien et dans laquelle je me sens bien. J’ai déjà participé à deux compétitions internationales avec deux titres au bout. Je le vis comme une chance de pouvoir jouer avec cette équipe, c’est ce qui explique que mon investissement n’ait jamais changé quelque soit les aventures ou mésaventures que j’ai connu.
Quel sentiment domine d’avoir été dans l’ombre d’un gardien aussi talentueux que lui ?
Il y a deux sentiments partagés. D’un côté, de la frustration d’avoir été là en même temps que lui et d’avoir vécu moins de choses que j’aurais pu vivre dans une autre configuration. De l’autre, il y a de la fierté et de la chance d’avoir pu le côtoyer car c’est une expérience qui m’a servi et qui me servira encore.

Avec les bleus, l’objectif c’est l’Euro de handball 2018 en Croatie ?
En équipe de France on ne peut pas envisager autre chose que la victoire. Nous sommes conscients des difficultés qui nous attendent suite aux retraites de Thierry et Daniel mais nous avons envie de montrer que l’équipe de France peut gagner malgré cela. Nous pouvons compter sur une belle et grande formation et nous avons envie de montrer que nous pouvons assurer de beaux résultats quelque soit l’effectif.
Quel est ton meilleur souvenir que t’a procuré ton sport ?
Il y en a deux qui ressortent. Tout d’abord ma première « Marseillaise », c’est un moment exceptionnel pour tout sportif de pouvoir représenter son pays et d’être la où 100 000 licenciés aimeraient être.
Il y a aussi l’Euro 2014 qui a été très marquant pour moi car cela faisait huit compétitions de suite où je faisais la préparation sans y participer. C’était donc ma première compétition et nous l’avons gagné. J’ai eu un vrai rôle à jouer donc cela représente beaucoup de choses pour moi. C’est la concrétisation de beaucoup d’efforts, de patience et de frustration.
Et le pire ?
Evidemment chaque défaite est difficile à encaisser ainsi que les matchs où je passe à côté. Mais le pire pour moi est de côtoyer des gens qui donnent l’impression d’oublier ce qu’est le sport collectif et les valeurs que cela représente. C’est quelque chose qui me marque car je ne comprends pas pourquoi ces gens font ça ?
Tu organises des stages handball l’été, peux-tu nous faire le bilan de cette session, ainsi que nous parler des projets pour les années à venir ?
La session s’est terminée il y a une semaine, cela a été un vrai succès. Pendant deux semaines nous avons eu 35 à 40 enfants en stage, ce qui représente la meilleure session depuis le début. Nous nous sommes servis des trois premières éditions pour avoir aujourd’hui une meilleure maîtrise de l’organisation. Nous avons axés cette édition sur le jeu et cela a été assez fusionnel avec les enfants, nous avions l’impression de tous les connaître depuis bien longtemps. Ils sont tous repartis avec le sourire, ce qui représente la plus belle récompense que l’on puisse avoir quand on organise ce type d’événement. C’est motivant pour la suite, nous travaillons sur les prochaines éditions dont nous annoncerons les avancées sur mon site web rapidement.
Si tu pouvais passer 30 minutes avec le sportif de ton choix, qui choisirais-tu ?
C’est très dur mais je choisirais des sportifs qui ont réussi à faire évoluer leur sport comme Michael Jordan ou Mohamed Ali. Pour des facilités de langage, je dirais aussi Zidane pour ce qu’il a fait et ce qu’il continue de faire comme coach tout en restant humble.



