Damien Piqueras, trouver de la cohésion pour briller aux mondiaux


Nous avons rencontré Damien Piqueras, rameur français de 25 ans, qui partage son temps entre les plans d’eau lyonnais et son stage de fin d’études pour le Groupe Lépine.

Damien, peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Damien, j’ai 25 ans. Je suis licencié au Cercle nautique d’Annecy et membre de l’équipe de France d’aviron depuis 2009, j’ai à mon actif un titre de champion du monde et 4 médailles d’argent mondiales (dont 3 chez les espoirs). En parallèle du sport de haut niveau j’étudie la mécanique et la plasturgie à l’INSA de Lyon et je serai diplômé en septembre prochain.

Comment as-tu commencé l’aviron ?

J’ai commencé le sport assez jeune, judo, hand, tennis… après avoir un peu tout essayé j’ai voulu suivre l’exemple de mon papa et de mon oncle qui ont pratiqués l’aviron durant leurs jeunes années. Je me suis donc inscrit au club d’Annecy le vieux. J’y ai rencontré mes meilleurs amis et décroché mes premières médailles.

2ème à Lucerne en quatre de couples poids léger, comment juges-tu votre performance ?

Je suis assez mitigé sur notre performance. Si on ne regarde que le résultat, c’est assez décevant. Nous étions venus pour gagner, une deuxième place ne nous convient donc pas. Si on prend en compte nôtre (trop) courte préparation ainsi que notre engagement sur cette course, nous prouvons être satisfait. De plus, ce résultat nous permettra certainement d’être sélectionnés pour les championnats du monde. Le stage terminal nous permettra donc de trouver la cohésion qui nous manque.

Comment définit-on l’ordre dans une embarcation à quatre ?

Dans le cas idéal, on place à l’avant du bateau celui qui a l’habitude de donner du rythme et d’alimenter sans se poser de question. Au milieu on positionne les deux rameurs les plus puissants, pour qui le seul objectif est de pousser. Au fond du bateau il faut quelqu’un de technique, suffisamment solide pour maintenir le bateau à plat et permettre aux 3 de devant de s’employer à 100% et suffisamment dynamique pour ne pas avoir de retard sur son chef de nage.Parfois quelques essais sont nécessaires avant de trouver la bonne composition.

Ramer un jour sur le deux de couple poids léger sur la scène internationale, est-ce que tu en rêves ?

C’est forcément un rêve, même si plus le temps passe, plus cela devient compliqué. J’ai la chance de côtoyer deux « extraterrestre » de l’aviron qui dominent la catégorie. C’est très enrichissant au quotidien, mais cela ferme aussi beaucoup de porte. Mais chaque jour je m’entraîne dans l’espoir de me faire une petite place dans cette embarcation.

Tu es dans la catégorie poids léger, qu’est-ce que cela implique pour toi au quotidien ?

Au quotidien, pas grand-chose. Je n’ai pas de gros problèmes de poids, la première partie de saison ne nécessite donc pas de régime. Je dois faire l’effort pour les compétitions en 4X, afin de « lâcher » un peu de poids à certains de mes coéquipiers. C’est ça le travail d’équipe.

Comment se décompose une semaine d’entraînement pour toi ?

Tous les matins le réveil sonne à 6h10, tout juste le temps d’avaler un petit dej et de me changer que je me retrouve dans ma voiture direction le Pôle France de Lyon. 7h10 « un pied au large », et c’est parti pour 20km en skiff. Je dois être de retour au ponton à 8h45 si je ne veux pas être en retard au travail. J’arrive donc au Groupe Lépine, entreprise dans laquelle j’effectue mon stage de fin d’études, à 9h30. Une journée de boulot et je quitte le travail à 17h30 trois soirs par semaine afin d’effectuer mon deuxième entrainement. Je suis opérationnel à 18h20 pour attaquer ma deuxième séance, qui se déroule souvent en intérieur. En général je quitte la salle vers 20h20. Je rentre chez moi, je prends un bon repas et je ne me fais pas prier pour aller au lit. Le lendemain s’est reparti pour un tour.

Tu travailles pour le groupe Lépine à côté, n’est-ce pas trop dur de combiner les deux ?

J’ai la chance que l’entreprise soit très à l’écoute de ma situation, ce qui me permet de faire mes 35 heures de travail et mes 11 entraînements par semaine et d’être libéré pour partir en stage avec l’équipe de France. Mais je dois bien avouer que le rythme est soutenu et que je n’ai pas beaucoup de temps pour moi. Je ne ferai pas cela éternellement.

Si tu pouvais passer 30 minutes avec le sportif de ton choix, qui choisirais-tu ?

Martin Fourcade, il est évidemment talentueux. Mais il a aussi des valeurs (son intervention contre le dopage chez les Russes) et je trouve ça admirable. J’adorerais le rencontrer, mais aussi pourvoir skier quelques minutes à ses côtés (avant de m’écrouler de fatigue).

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