Diamond League 2024 : Ce système de finales est-il le bon ?
DIAMOND LEAGUE 2024 – Les finales de la Diamond League ont lieu ce week-end à Bruxelles. Un format qui peut poser question. Notamment à l’heure où il y a de nombreux forfaits.
Des finales depuis 2017
Il y a comme un air de fin de saison en athlétisme. Avec la finale de la Diamond League à Bruxelles. Comme d’habitude, depuis cette nouvelle formule, ceux qui ont accumulé le plus de points seront présents. Et le vainqueur de chaque course ou concours, remporte le trophée. Auparavant, c’était un système de régularité. Pour remporter la Golden League, l’ancêtre de la Diamond League, et le pactole associé, il fallait remporter les sept étapes dans sa discipline. On se souvient d’une Christine Arron qui a remporté toutes les courses à l’exception de Zurich (4e). C’était en 2005, lors de l’une de ses meilleures années.
Jusqu’en 2017, c’était un classement et celui qui avait le plus de points remportait la Ligue de Diamant. Moins injuste que la Golden League, mais qui continue de récompenser la régularité sur toute la saison. Depuis, exit, avec la Diamond League qui se joue de nouveau tout sur un one shoot. À partir du moment où l’athlète réussi à se hisser en finale, bien entendu. À savoir six (seulement) athlètes pour les sauts et les lancers, huit pour les courses allant de 100 m à 800 m et 10 pour les autres courses.
Une finale de Diamond League 2024 qui brille par ses nombreux absents
C’est un système qui se défend, mais quand cela intervient après une saison aussi longue que celle de 2024, c’est peut-être un système de one shoot qui peut être critiquable. Ce week-end, six des neuf champions olympiques hommes ne seront pas là. Il ne restera que Letsile Tebogo, Miltiadis Tentoglou et Armand Duplantis. Surtout, imposer une formule « championnat » alors que les athlètes sont passés par les Mondiaux en salle, les Mondiaux de relais pour les sprinteurs, les championnats d’Europe (pour les Européens) et les JO, c’est dur. Et en 2025, la saison sera encore une fois longue, avec des Mondiaux indoor, des Europe indoor ainsi que des Mondiaux très tard dans la saison.
Ce n’est pas le placement du meeting Diamond League qui est problématique, mais bien le fait qu’on annule d’un coup de baguette magique les résultats de la saison. La Diamond League devrait récompenser la régularité sur une saison estivale. Ce format actuel peut laisser un goût amer pour les athlètes.
So of the 9 Olympic Champions in the Men’s sprints, jumps, and hurdles, only 3 are competing in the Brussels DL Final:
100m:❌N. Lyles
200m:✅L. Tebogo
400m:❌Q. Hall
110mH:❌G. Holloway
400mH:❌R. Benjamin
LJ:✅M. Tentoglou
TJ:❌J. Díaz
HJ:❌H. Kerr
PV:✅M. Duplantis https://t.co/vuDKjscUML— Anderson Emerole (@EmeroleAnderson) September 11, 2024
Éviter que des classements ne soient pliés trop tôt dans la saison
Les organisateurs de la Diamond League ont voulu faire des finales pour avoir une formule championnat, avec des cartes rebattues le jour J et des potentiels outsiders qui peuvent venir troubler le jeu là où certaines épreuves pouvaient être pliées assez rapidement, deux ou trois meetings avant la fin de la saison. Au plus fort de sa domination, Renaud Lavillenie écrasait la concurrence à la perche. Certes pas autant qu’un Armand Duplantis, mais suffisamment pour être sacré très tôt dans la saison. Mais on connaissait aussi une (toute petite) pointe de friabilité dans une formule championnat. Par exemple, il n’a jamais été champion du monde en extérieur.
Et c’est sans doute sur ce rebondissement que misent les organisateurs de la Diamond League. Après tout, Armand Duplantis peut très bien tout perdre ce week-end. Si c’était le cas, pas sûr que cela puisse émouvoir le Suédois. Mais la possibilité existe. Comme elle existe pour d’autres athlètes qui dominent le circuit. On pense à Yaroslava Mahuchikh. L’Ukrainienne qui peut parfois passer quelque peu à côté à la hauteur. En attendant, il restera deux jours de compétition, avant que le rideau ne soit tiré (sur les grandes compétitions) sur la saison internationale. Deux jours intenses dans la capitale belge, pour aussi dire au revoir aux champions.


