Edito : le Tour de France n’est plus fait pour les baroudeurs purs !
TOUR DE FRANCE 2026 – L’étape du jour, remportée une nouvelle fois par Tadej Pogačar, a confirmé une chose : le Tour de France n’est plus vraiment fait pour les baroudeurs purs.
Les temps ont changé
Elle est loin, l’époque où Thomas Voeckler pouvait espérer prendre le maillot jaune, jouer la victoire et compter douze minutes d’avance sur le peloton au terme d’une étape de plaine ; où Pierrick Fédrigo pouvait lever les bras à Pau au terme d’une étape accidentée ; où Christophe Riblon pouvait inscrire son nom au palmarès des vainqueurs d’étape à l’Alpe d’Huez. Non, le Tour de France n’est plus vraiment fait pour ce type de coureurs.
À moins d’être un leader, un sprinteur ou un électron libre capable de rivaliser avec les meilleurs grimpeurs, le reste du peloton semble désormais condamné, au mieux, à remplir son rôle d’équipier modèle, au pire, à faire de la figuration. Pourtant, ce n’est pas l’envie qui manque. Encore aujourd’hui, ils étaient plus de trente à tenter ce qui, hier, aurait constitué la bonne échappée, mais qui semble désormais relever de l’impossible. Merci les gars. Merci Richard Carapaz, également.
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Dès dimanche, on pouvait relever les prémices d’un constat peu reluisant. L’étape d’Ussel semblait promise, sur le papier, aux baroudeurs. Si elle a bien été remportée par un audacieux, en la personne de Mathieu van der Poel, l’issue est restée incertaine jusqu’au bout, tant le peloton refusait de laisser filer l’échappée. Le peloton, ou plus précisément UAE Team Emirates-XRG. Car on a rapidement compris aujourd’hui que les coéquipiers de Tadej Pogačar avaient coché cette étape.
Pourtant, il y a quelques années encore, ce type de parcours aurait presque automatiquement souri à un baroudeur. C’était encore le cas il y a dix ans, malgré la domination du train Sky, qui faisait déjà grincer des dents. C’est justement sur ces mêmes routes que Greg Van Avermaet avait bâti son succès en 2016, s’emparant au passage du maillot jaune. À cette époque, l’audace payait. Elle payait encore, d’ailleurs, il n’y a pas si longtemps.

UAE Team Emirates-XRG tient désormais les clés de la course
Force est de constater qu’aujourd’hui, les baroudeurs ne prennent même plus la peine d’attaquer sur les étapes de plaine, convaincus que les équipes de sprinteurs cadenasseront la course. Sur les étapes accidentées ou de moyenne montagne, ils continuent en revanche de tenter leur chance.
La bataille pour intégrer l’échappée reste d’ailleurs souvent spectaculaire. Mais il faut peut-être se rendre à l’évidence : ces étapes ne leur appartiennent plus vraiment. Elles dépendent désormais du bon vouloir de Tadej Pogačar, capable, en quelques centaines de mètres, d’anéantir tous les espoirs de victoire d’un Richard Carapaz, comme ce fut encore le cas aujourd’hui.
THAT MAKES THREE FOR TADEJ POGACAR! UNSTOPPABLE AT LE LIORAN! 🏆
ET DE TROIS POUR TADEJ POGACAR ! IMPITOYABLE AU LIORAN ! 🏆@Continental_fr #TDF2026 pic.twitter.com/MMIfDsqV2r
— Tour de France™ (@LeTour) July 14, 2026
On peut le regretter, mais il faut aussi l’accepter. Après tout, qui pourrait reprocher à un champion de vouloir tout gagner ? Et la stratégie récente d’ASO visant à faire des Vosges, du Jura et du Massif central de nouveaux juges de paix accentue encore ce phénomène. Désormais, le Tour ne se joue plus uniquement dans les Alpes et les Pyrénées. Pourquoi attendre les grandes arrivées alpestres lorsqu’il est possible de creuser des écarts dès le Massif central ? UAE Team Emirates-XRG l’a parfaitement compris. Mieux vaut posséder une marge confortable à mi-course que tout miser sur la dernière semaine en s’exposant au moindre incident.
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Messieurs, ne vous résignez pas
Pour autant, il serait excessif d’affirmer que les baroudeurs n’ont plus leur place sur le Tour. Richard Carapaz l’a encore démontré. Mais il faut rester lucide. Pour s’imposer aujourd’hui, mieux vaut s’appeler Mathieu van der Poel, Thymen Arensman ou Richard Carapaz. Autrement dit, être une superstar ou un coureur capable de viser le Top 5 d’un Grand Tour. C’est dur pour des coureurs comme Baptiste Veistroffer, Benjamin Thomas ou Mattéo Vercher, qui auraient probablement trouvé davantage d’opportunités sur le Tour de France d’il y a quinze ou vingt ans.
Mais s’il vous plaît, messieurs, continuez d’attaquer. Ne vous résignez pas. Nous, on l’est peut-être un peu, c’est vrai. Mais le Tour de France a besoin de vous pour continuer à écrire de belles histoires, pour rappeler que rien n’est jamais totalement écrit d’avance et que les échappées ont encore leur place sur la plus grande course du monde.


