Edito : Les organisations cyclistes meurent dans l’indifférence
CYCLISME – Mises en exergue par les annulations de plusieurs courses professionnelles, ce sont toutes les organisations cyclisme qui sont en danger.
Des courses annulées en pagaille. Le cyclisme fait davantage l’actualité par ces annulations que par les exploits des cyclistes. Dernière victime en date, la Ruta del Sol. Course emblématique en début de saison, remportée en son temps par Chris Froome et réduite à un simple prologue de cinq kilomètres. « Victime » des manifestations paysannes. On va bien se garder de jeter la pierre sur les manifestants.
Ces derniers sont plutôt un spectre révélateur d’un mal plus profond. Celui de la complexité d’organiser une course en 2024. France, Espagne ou ailleurs, le même constat. En 2023, le Tour de La Provence a été annulé, avant de revenir cette année. Et on parle là de courses professionnelles, parfois avec de grands champions qui viennent arpenter leurs routes. Le maintien de la sécurité est revenu en pleine face au moment où les agriculteurs ont levé leurs fourches pour crier leurs revendications. Mais c’est un problème bien plus profond, entre crise du bénévolat et difficulté de trouver des signaleurs sur le bord des routes.

À cela s’ajoutent des aménagements urbains de plus en plus nombreux, notamment aux abords des villes et dans les petites agglomérations. La prévention routière indispensable, mais paradoxalement au détriment de la sécurité des cyclistes. On insiste sur ce mot, car il est terriblement d’actualité. On se rappelle de la lettre ouverte des organisateurs de course en France, au mois d’octobre. Mais j’ai aussi une pensée pour les organisations de ce qu’on aime appeler les courses de clocher, révélatrices parfois de jeunes talents. « Le cyclisme, il a changé », pour paraphraser un Kylian Mbappé qui fait l’actualité plus que jamais cette semaine.
Les équipes professionnelles se structurent, avec leur « centre de formation » ou des équipes développement. Les grosses organisations sont également bien loin de toutes ces problématiques. Jamais le Tour de France sera menacé, sauf immense catastrophe. Mais des courses locales disparaissent les unes après les autres, au fil de l’épuisement des équipes d’organisations, souvent portées par des bénévoles qui sont là depuis 40 ou 50 ans. En bref, cette forme de cyclisme est en train de mourir et personne ne semble vraiment s’en émouvoir.


BAGUE Gilbert
17 février 2024 à 18h20
cyclisme amateur,courses régionale et même certaines nationale sont vouées a disparaître ,tous cela ,peut être pour un manque de bénévoles mais surtout par les contraintes des normes de sécurités ,financière et administratives qui décourages beaucoup d’organisateurs