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Edito

Édito : Nils Allègre, Camille Bened, Julia Simon, entre grandeur et cruauté des Jeux Olympiques

Etienne Goursaud

Publié le

Édito Nils Allègre, Camille Bened, Julia Simon, entre grandeur et cruauté des Jeux Olympiques
Photo Icon Sport

JEUX OLYMPIQUES D’HIVER 2026 – De l’enfer au paradis, le sport de haut niveau peut vous faire basculer en une fraction de seconde.

Entre l’enfer et le paradis, il n’y a parfois que d’infimes détails

Ce fut une journée historique que ce mercredi 11 février pour la France et le sport français. Pour la toute première fois de son histoire aux Jeux Olympiques d’hiver, la délégation tricolore a remporté deux titres parmi les quatre médailles du jour. Elle avait déjà rapporté quatre médailles d’un coup en 2014, à Sotchi, mais sans le doublé en or.

Julia Simon (or sur l’individuel en biathlon), Laurence Fournier Beaudry et Guillaume Cizeron (or en danse sur glace), Lou Jeanmonnot (argent sur l’individuel en biathlon) et Perrine Laffont (bronze en ski de bosses) ont fait briller le sport français par leur panache, leur brio et leur capacité à résister à la pression.

Pourtant, avec du recul, j’ai une grosse pensée pour Camille Bened (biathlon) et Nils Allègre (Super-G). Et je pense à eux non pas parce que je suis chafouin à l’idée que cette journée aurait pu passer d’exceptionnelle à légendaire. Mais j’ai une pensée pour eux parce que c’est leur destin qui aurait pu basculer vers le sommet. On ne retient que le podium.

Mais allez expliquer à quelqu’un qu’entre l’enfer et le paradis, il y a eu 3 centièmes pour Nils Allègre. 87 centimètres au bout d’une descente de près de 2 km à plus de 100 km/h. Allez expliquer à quelqu’un que Camille Bened était médaille de bronze jusqu’à cette ultime balle fautée. Que malgré un 19/20, une prestation exceptionnelle dans un individuel, cela n’a pas suffi.

Pas moins méritants, pas moins de sacrifices pour ceux qui échouent

Je pense forcément à la joie liée aux médailles, aux larmes de Julia Simon, à celles multiples d’une Perrine Laffont revenue des enfers pour aller chercher une médaille qui s’est jouée à trois fois rien. Mais je pense aussi à celles, contenues en toute pudeur, d’un Nils Allègre, qui a fait preuve d’une grande dignité au micro de France Télévisions, alors qu’il aurait sans doute eu juste l’envie de rester seul avec sa déception.



Celles de Camille Bened, qui a dû se voir sur le podium olympique au moment de tirer sa 20ème balle. Dans un sport où toute pensée parasite peut devenir terrible. Ils ne connaîtront pas le bonheur.



Celui d’être appelé champion. Et pourtant, ils s’entraînent autant, font les mêmes sacrifices pour arriver au sommet. Je l’ai dit plus d’une fois ici ou ailleurs, mais il ne faut pas sous-estimer la valeur d’une participation olympique. Il ne faut pas sous-estimer quelqu’un qui a la valeur d’être un podiumable aux JO, même si le destin n’a pas basculé de leur côté. Non pas par solidarité masculine, mais je trouve que c’est encore plus dur pour Nils Allègre, 32 ans cette année. C’était peut-être sa dernière chance olympique sur ce Super-G.

Camille Bened aura sans doute d’autres chances

Camille Bened, on peut lui souhaiter, aura d’autres chances dans sa carrière. Elle n’a que 25 ans et sera sans doute à maturité pour les JO 2030 dans les Alpes françaises. Oui, la concurrence est rude en biathlon. Mais parmi les étoiles françaises, elle s’est hissée à la hauteur. Les sélectionneurs ont fait un choix fort en lui donnant sa chance sur l’individuel.

Ils la considéraient comme une option crédible. En terminant dans le Top 10, elle a montré sa valeur et le fait qu’on peut lui faire confiance sur la compétition la plus exposée au monde. Ce n’est pas sa dernière balle ratée qui nous fera penser le contraire.

On n’oubliera pas que d’autres sont passées par ce terrible couperet. Franziska Preuss, du haut de son immense expérience et de son gros globe gagné la saison passée, a implosé sur le dernier tir, partant deux fois à la faute et perdant tout, alors qu’elle jouait le titre. À domicile, Lisa Vittozzi n’a même pas eu l’occasion d’espérer la médaille sur sa course, passée à côté dès ses premiers tirs.

Que dire d’Ingrid Tandrevold ou de Justine Braisaz-Bouchet, qui ont toutes deux vécu un cauchemar ? De toute cette liste de prétendantes qui ont terminé derrière Camille Bened. Oui, la médaille reste dans l’esprit, mais la valeur d’une performance ne se mesure pas uniquement à la breloque que l’on met autour du cou. On ne vous oublie pas dans cette journée folle.

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