Édito : XV de France dans mon cœur
XV DE FRANCE – Après la qualification des Bleus en quarts de finale, on a envie de voir ce XV de France renverser des montagnes et aller au bout du rêve.
J’ai trente ans, footballeur convaincu durant ma jeunesse, élevé au biberon du ballon rond. Et pourtant, ma première grande émotion sport, c’est le rugby qui me l’a procurée. En 1999, j’avais six ans, mais je savais où j’étais et avec qui j’étais lors de ce fameux France – Nouvelle-Zélande. Évidemment un peu trop jeune pour tout comprendre à ce qu’il se passe. Mais, en voyant les adultes dans la pièce, mes parents, j’ai compris qu’il se passait quelque chose de grand. Un succès historique. Comment ne pas tomber dans la potion magique. Bien que je ne sache ni faire une passe vrillée et encore moins taper un drop. Affront ultime pour l’ancien gardien de but que j’étais. Cependant, petit, beaucoup auraient voulu que je passe du ballon rond au ballon ovale.
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Tout cela pour dire que le XV de France ne m’a jamais quitté depuis. Il y a eu des bons moments, des succès contre la Nouvelle-Zélande en 2007, cette incroyable finale perdue face à ces mêmes All Blacks. Je me plais à maudire Craig Joubert, même douze ans après. J’ai connu le pire, comme ce terrible quart de finale en 2015, toujours contre la Nouvelle-Zélande, symbole d’une quasi-décennie de vaches maigres. J’ai vu ce XV de France devenir une équipe plus que banale.
Mais surtout, je n’ai jamais vu le XV de France triompher en Coupe du monde. On se souvient tous de ces premières fois et j’ai toujours cette frustration en moi de ne pas avoir de souvenirs de 1998. Contrairement à certains de mes amis nés la même année. Rien ! Qu’à travers des images d’archives, mais aucune émotion ressentie. Puis l’équipe de France a récidivé, en 2018. Et j’ai pu mesurer pleinement le sentiment de folie et de liesse d’une foule qui fête une grande victoire sportive. Et je peux comprendre la frustration du fan de rugby, qui n’a pas encore pu vivre telle émotion, même si toute équipe de France dépasse le cadre et les frontières du simple sport.
Évidemment, j’ai trente ans et je n’aurai plus jamais l’innocence de l’enfant de cinq ou six ans que j’étais à la fin des années 1990. Mais toute première est toujours agréable à vivre. J’ai le sentiment que tout est réuni pour que cette équipe de France puisse aller au bout de son rêve. Un public en fusion, une équipe qui n’a peut-être jamais été aussi forte. La route est encore très longue et le plus difficile arrive, alors que ce XV de France vient d’ouvrir en grand les portes des quarts de finale. Du haut de mon vécu de suiveur du rugby, du XV de France, j’ai envie de voir cette équipe aller au bout, tout en sachant à quel point la tâche est grande. Comme toute première en somme.


