Émilien Claude : « Le bilan de ma saison est forcément mitigé »
BIATHLON – Rencontre avec Émilien Claude, biathlète de l’équipe de France, qui revient sur sa saison 2022-2023. Le Vosgien évoque le départ des coachs et ses sources d’inspiration avant de se projeter sur l’avenir.
Émilien, avant de parler de ta saison, l’actualité de cette dernière semaine, c’est le départ des deux entraîneurs, Vincent Vittoz et Patrick Favre. Quel regard portes-tu là-dessus ? Étais-tu favorable à ce changement dans le staff ?
Je ne souhaite pas forcément m’étendre sur ce sujet. La seule chose que je peux dire, c’est que les quatre cadres du groupe avaient besoin de changement depuis plusieurs mois. Ce sont eux les moteurs du groupe, et je pense que pour retrouver les sommets, c’était nécessaire de changer.
Tu as semblé monter en puissance sur la première partie de saison avec à la clé, tes meilleurs résultats au Grand-Bornand. Comment analyses-tu tes trois premiers week-ends de Coupe du monde ?
Oui c’est exactement ça, le début de saison n’était pas mauvais, mais pas incroyable avant le Grand-Bornand. J’ai enfin réussi à faire de super résultats malgré des courses pas forcément à 100%, notamment au niveau du tir. Après coup, une balle de plus sur n’importe quelle course du week-end m’aurait sans doute pas changer la saison. J’aurais pu faire vraiment quelque chose de fort là-bas, mais je reviendrai !
Tu n’a pas été retenu pour l’étape d’Oslo malgré les places supplémentaires, comment as-tu vécu cette décision ? Il y a eu en plus des mots durs de Stéphan Bouthiaux, comment les as-tu pris ?
Forcément, ça a été dur de ne pas être retenu pour Oslo, surtout après une période aussi difficile. J’étais revenu à un bon niveau de biathlon et je trouvais légitime d’être à Oslo. Malgré tout, j’accepte la décision. Oui les mots ont été durs, mais c’est surtout la non-sélection qui l’a été, ce qui se dit après ne m’intéresse pas forcément. Je me suis tourné assez vite sur la saison prochaine.

Quel bilan global fais tu de cette saison 2022-2023 ?
Le bilan que je fais de cette saison est forcément mitigé, avec trois parties, je dirais. Un début de saison convaincant avec une superbe semaine au Grand-Bornand, un mois de janvier très compliqué à cause d’une maladie pendant la trêve, sans doute le Covid. Puis des sélections pour les championnats du monde qui ont été compliquées. Enfin, une bonne quinzaine au Canada, qui m’a redonné le sourire et de l’envie pour la suite.
La saison est à peine terminée et c’est forcément tôt pour parler d’objectif, mais comment vois-tu la prochaine saison ?
Pour l’an prochain, j’ai beaucoup d’ambitions. Je pense que beaucoup de jeunes commencent à montrer le bout de leur nez en Coupe du monde, des jeunes de mon âge, voire encore plus jeune. On l’a vu avec le podium d’Éric Perrot en Suède. Il y a de très belles choses à faire et je compte saisir mes chances quand elles viendront.
On sait à quel point le mental est important pour un biathlète. Comment gères-tu les choses sur cet aspect pour être dans les meilleures dispositions ?
Pour le mental, je pense avoir les clés pour réussir. J’en parle aussi beaucoup avec mes frères (Fabien et Florent, ndlr),. On se soutient dans les moments difficiles. Maintenant, le faire dans les moments les plus durs, c’est là toute la difficulté et ce n’est pas tous les jours facile. J’espère m’améliorer aussi sur ce point à l’avenir.
Est-ce qu’il y a des biathlètes qui t’inspirent. Si oui, qui et pourquoi ?
Bien sûr qu’il y a des biathlètes qui m’inspirent. Je pense que mes frères sont ma plus grande source d’inspiration depuis toujours. Maintenant, j’essaye de regarder ce que fait tout le monde pour trouver ce qui me convient le mieux. Bien entendu, Johannes Boe est incroyable, mais c’est dur de s’en inspirer, car il n’est pas humain comme nous (rires).
Éric Perrot, que tu connais bien, vient de décrocher son premier podium en Coupe du monde. Est-ce que tu t’y attendais ? Qu’est-ce que ça t’inspires ?
Comme je l’ai dit précédemment, Éric a fait une superbe course, et un super week-end à Ostersund. Je l’attendais à un plus haut niveau sur le début de saison, preuve que ce n’est pas simple. Mais avec les départs en Coupe du monde qu’il a engrangés, je savais que ça allait sourire pour lui à un moment donné. Il a été très fort et je suis très content pour lui. Cela me donne aussi confiance pour l’avenir, car je vois que si je multiplie les départs, si on m’en donne l’occasion, et que je prends ma chance, cela finira par sourire.

Un mot sur Johannes Boe, 19 victoires en 23 courses individuelles disputées, qu’est-ce que cela t’inspires ?
Johannes est incroyable, et je pense que l’année passée, il s’est juré de ne pas laisser une miette à ses adversaires dans les quatre prochaines années. Il va être redoutable jusqu’aux Jeux Olympiques 2026. Il est inspirant et je pense qu’il veut, et va, devenir le plus grand biathlète de tous les temps , si ce n’est pas déjà le cas.
Enfin, Julia Simon a gagné le gros globe chez les dames. De ce que tu as pu en voir, qu’est-ce qui lui a permis d’en arriver là ?
Je pense qu’elle a beaucoup bossé au niveau du tir avec Jean-Paul Giachino. C’est surtout ça qui a fait la différence, le ski, elle l’avait déjà !


