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En avant Guigamp – OL féminin : 0-3, la victoire, même les jours sans

Flo Ostermann

Publié le

67 minutes de mutisme pour les Lyonnaises. 67 minutes d’espoir pour les Guingampaises qui ont cru pouvoir enfin dompter la force Fenotte. Finalement, Le Sommer a eu la bonne idée de lancer son compteur à but personnel, marquant à trois reprises dans la dernière demi-heure.

Ce que Reynald Pedros a dit à la mi-temps du match contre l’En Avant Guingamp restera entre les quatre murs du vestiaire visiteuses.

On devine que ça a dû sérieusement tanguer. La capitaine Renard elle-même a qualifié la première mi-temps d’« inadmissible ». Et Reynald Pedros : « C’est la première fois que je hausse le ton. Il y a des moments pour le faire et je pense que c’était le moment ». Le coach des Fenottes manie l’art de la litote avec volupté lorsqu’il évoque la seconde mi-temps de ses joueuses, « Plus conforme à ce qu’on se doit de faire ». L’art de dire le moins pour suggérer le plus.

Les Lyonnaises ont pris le match à l’envers. Avant de jeter pour toujours la première mi-temps à la poubelle, simplement ceci : la Marozsan des grands soirs manque. Dans ce onze inédit aligné par Reynald Pedros, chance était donnée aux nouvelles recrues de briller, aux jeunes pousses, aux doublures d’exister, de compter dans les schémas futurs. Bouhaddi, M’Bock, Bacha, Kumagai, Van de Sanden sur le banc, bonjour Buchanan, Laurent, Simon, Weiss, Christiansen. Toutes ces filles possèdent un talent impensable, dont rêvent en public tous les clubs de France, de Navarre et du monde entier. Mais contre Guigamp, ça a calé.

Une première mi-temps à la Inspecteur Derrick

Trop d’approximations, de déchets, duels perdus, un rythme à la Inspecteur Derrick, des rouages qui ne s’épousent pas. En face, des Guingampaises disciplinées, compactes, harcelant les Fenottes déboussolées. Les filles de Frédéric Biancalani font leurs griffes, gagnent saisons après saison en maturité. Hier, le temps des 8-0 semblait aussi loin que le sacre de Charlemagne.

Il y a bien eu quelques tentatives lyonnaises, par Eugénie Le Sommer (37’), ou Wendie Renard (40’), en prévention de la soufflante de Pedros à la mi-temps. La soufflante, parlons-en. Elle a eu son effet. Au retour sur la pelouse, message reçu 5/5 : une copie conforme de la première mi-temps, et c’est la napalmisation assurée 45 minutes plus tard. Il y a un classement à maintenir, une différence de buts à soigner. Derrière, le Paris Saint Germain pousse. L’atomisation en règle des Sojaldiciennes 6 buts à 0 est plus qu’un message, un ultimatum. Et si Montpellier et le Paris FC se réveillaient aussi ?



Il faut que tout change pour que tout change (Le Guépard ou presque)

Il fallait changer les intentions et certaines joueuses. Kumagai pour Majri dès la 56’, Van de Sanden pour Laurent (62’) et Bacha pour Hegerberg (73’), diminuée par des douleurs à la cuisse. Sur la pelouse synthétique du Stade du Centre de formation de l’EAG, quelque chose s’est dessiné. Et Le Sommer de décider qu’il était temps de soigner ses stats 2018-2019.



Dans cette dernière demi-heure, la numéro 9 fut comme envoyée par la providence, faisant d’une occasion un but.
Interminables, ces 67 minutes sans le moindre sourire sur les lèvres Fenottes. La passe longue de Bronze pour le Sommer a tout changé. 0-1, une étincelle dans le Sahara lyonnais, étincelle qui enclenche la mécanique. Moins de cinq minutes plus tard, sur un service de Christiansen, d’une frappe sèche, Le Sommer plante le 2ème but (0-2, ; 71’). Et parce que qui dit but dit Henry, c’est elle qui livre la passe décisive à la crucifixion de Durand selon Le Sommer (0-3, 86’). Triplé, victoire, vestiaires.

Lyon ne serait plus Lyon ?

On lit ici et là que Lyon a changé, que ce n’est plus tout à fait pareil. La large victoire sur les Lilloises lors de la 1ère journée a fait oublier, un instant, les débuts de match sur courant alternatif des filles de Pedros depuis la saison dernière. L’efficacité vient à son rythme. Mais contre Guingamp, c’était un match sans. Et ça arrive, même aux plus grandes.

Avant de crier au loup regardons l’histoire de la bergerie : 12 titres de championnes de France, 5 de championnes d’Europe, sans parler des Coupes de France. Calmos les amis. L’OL reste de loin la plus grosse cylindrée, peut-être encore en rodage en ce début de saison. De quoi donner envie aux autres équipes d’enrayer la mécanique. Pour la beauté du sport, l’intérêt de la compétition, on ne demande pas mieux !

Camille Cordouan

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