Nous suivre
Cyclisme

En perte de vitesse, le cyclisme italien espère l’éclosion d’une nouvelle génération

Olivier Dobiezynski

Publié le

En perte de vitesse, le cyclisme italien espère l'éclosion d'une nouvelle génération
Photo Icon Sport

CYCLISME SUR ROUTE – Les années passent et le cyclisme en Italie ne cesse de perdre de la vitesse. Loin des performances de leurs glorieux aînés, les coureurs transalpins actuels ont du mal à jouer les premiers rôles. Avant l’éclosion d’une nouvelle génération ?

Giro 2016. Vincenzo Nibali remporte son 4ᵉ Grand Tour. Personne ne se doutait alors que ce serait, en 2023, le dernier Italien à en gagner un. Sept ans de disette où aucun autre coureur n’a été en mesure de l’emporter réellement, exception faite, peut-être, du Giro 2021 de Damiano Caruso, deuxième à 1:29 du Colombien Egan Bernal.

Côté Monuments, c’est un peu mieux, avec les coups d’éclat d’Alberto Bettiol sur le Ronde 2019 et de Sonny Colbrelli sur Paris-Roubaix 2021. Cependant, assez loin des standards d’antan, qui voyaient les Italiens rafler deux à trois Monuments par an.

Un diagnostic assez inquiétant

Le constat est alarmant, déprimant diront certains. Le classement UCI est là pour nous le rappeler : il n’y a aucun Italien dans le top 10 mondial et à peine 9 dans le top 100. Si Filippo Ganna (12ᵉ) est le meilleur d’entre eux, il faut ensuite pointer au 35ᵉ rang pour trouver Giulio Ciccone. Pire, les deux seuls autres représentants du top 50 sont Damiano Caruso (35 ans) et Matteo Trentin (34 ans), tous deux plus proches de la retraite que de leurs jeunes années, malgré d’excellents restes.

On annonçait du Covi, du Piccolo ou encore du Battistella comme de futurs cracks. Des coureurs qui brillent, mais sur courant alternatif, et pas toujours en World Tour.

Autre indicateur puissant : l’absence d’équipes transalpines au niveau WorldTeam. Depuis le retrait de Cannondale en 2014 et de la Lampre en 2016, il faut s’en remettre au niveau Pro Continental pour en trouver trace. Est-ce le signe d’un déclin progressif du cyclisme en Italie ?



La fin d’une ère radieuse

Ce serait étonnant de la part d’un pays qui, de tout temps, a fait émerger des cyclistes d’une trempe toute autre. Les Binda, Coppi, Bartali, Gimondi, Moser, Bugno, Cipollini ou Pantani sont autant de noms ronflants, que témoins d’un passé doré.



Pour reprendre l’exemple du classement UCI, notons qu’en 1997, ils n’étaient pas moins de 29 coureurs italiens dont 3 dans le top 11 (Bartoli, Casagrande, Tafi). En outre, on retrouvait alors 14 équipes de la Botte dans un World Tour (plus fourni), mais de sacrées équipes telles que Saeco, Polti ou encore Mercatone Uno.

Que reste-t-il aujourd’hui de cet héritage ? Des difficultés et un sérieux retour dans le rang. Cependant, il n’est pas interdit de croire à un retour en force.

Un rebond est-il envisageable ?

Quelques signes, assez légers pour l’instant, permettent de croire à un retour timide au premier plan. À commencer par l’émergence de jeunes cyclistes prometteurs. Citons par exemple le puncheur Francesco Busatto qui a signé chez Intermarché-Circus-Wanty ou encore les grimpeurs Giulio Pellizzari (Green Project Bardiani) et Davide Piganzoli (Eolo Kometa), respectivement deuxième et troisième du Tour de l’Avenir 2023.

Côté juniors, il faudra attendre de voir ce que donneront des Simone Gualdi et Gabriele Bessega. Mais il s’agit de se méfier, car tous ne confirmeront pas. De plus, le nombre de jeunes juniors (Nordhagen, A. Philipsen) et espoirs (J. Christen, Lecerf, Del Toro, Morgado, Staune Mittet, Hagenes) annoncé est immense, et il n’y aura pas de place pour tout le monde.

Le retour dans les pelotons de Polti est peut-être un signe que l’on souhaite redonner ses lettres de noblesse au cyclisme italien. Et qu’être malade ne signifie pas forcément être mort et bon à enterrer.

Clique pour commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *