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Tour de France

En remportant l’étape reine, Richard Carapaz s’inscrit dans la lignée des grands maillots à pois du Tour de France

Etienne Goursaud

Publié le

En remportant l'étape reine, Richard Carapaz s'inscrit dans la lignée des grands maillots à pois du Tour de France
Photo Icon Sport

TOUR DE FRANCE 2026 – En réalisant une chevauchée fantastique vers l’Alpe d’Huez, Richard Carapaz (EF Education-EasyPost) s’est inscrit dans la légende du maillot à pois sur la Grande Boucle.

Si le maillot blanc à pois rouges est aussi populaire sur le Tour de France, ce n’est pas un hasard. Le maillot distinctif du classement du meilleur grimpeur consacre des coureurs au tempérament offensif, souvent présents à l’avant de la course sur la Grande Boucle. Richard Virenque, recordman de victoires dans ce classement avec sept maillots ramenés à Paris, et Laurent Jalabert, qui a vu sa popularité décuplée en 2001 et 2002, années de grandes épopées, ont contribué à faire entrer ce maillot dans le cœur du public français.

Qu’il soit au bord des routes ou devant sa télévision, celui-ci apprécie ces coureurs capables de multiplier les offensives. Richard Carapaz (EF Education-EasyPost), en remportant ce maillot pour la deuxième fois après 2024, appartient à cette trempe de coureurs au grand cœur et à l’esprit offensif !

À l’attaque tous les jours ou presque depuis l’étape vers Le Lioran

Ce maillot est d’autant plus beau qu’au sortir des Pyrénées, on craignait de voir une nouvelle fois le vainqueur du Tour de France réaliser le doublé. Après ses démonstrations à Gavarnie-Gèdre et au Lioran, il possédait une avance importante sur tous ses poursuivants. Une situation déjà vécue à trois reprises avec Tadej Pogačar (UAE Team Emirates-XRG), en 2020, 2021 et 2025, mais aussi une fois avec Jonas Vingegaard (Visma | Lease a Bike), en 2022. Seuls Giulio Ciccone, en 2023, et Richard Carapaz, déjà, en 2024, ont déjoué cette tendance.

Pour aller chercher ce maillot, l’Équatorien s’est dépouillé. Lors de l’étape du Lioran, il a été le seul à oser attaquer la formation UAE Team Emirates-XRG, avant de se faire avaler par le Slovène dans le dernier kilomètre du col du Perthus. Bis repetita dans le col du Haag, vers le Markstein. Encore une fois repris et déposé par le presque quintuple vainqueur du Tour de France, alors qu’il s’était extrait de son groupe d’échappée. De quoi désespérer à l’aube de la troisième semaine.

Le col de Sarenne, à l’image du tempérament d’un Richard Carapaz qui n’a jamais renoncé

Pourtant, le coureur d’EF Education-EasyPost n’a jamais renoncé ! Il est reparti à l’attaque tous les jours ou presque, jusqu’à ce premier succès au sommet à Orcières Merlette. Une victoire, mais toujours pas de maillot à pois. Il y est retourné, dans une grosse bagarre avec Valentin Paret-Peintre (Soudal Quick-Step). Le Français a d’abord plié lors de la 19e étape vers l’Alpe d’Huez, avant de rompre ce samedi. Pendant ce temps-là, l’Équatorien prenait la troisième place au sommet de l’Alpe d’Huez… encore déposé par Tadej Pogačar.





Infatigable attaquant, il est reparti à l’assaut des points et des pois ce samedi ! À l’attaque de loin dans le col de la Croix de Fer, puis très solide dans le col du Galibier, il était assuré du maillot à pois avant même le col de Sarenne. Il aurait pu plier les gaules, avec le sentiment du devoir accompli. Un sentiment qui aurait pu se renforcer lorsque Sepp Kuss (Visma | Lease a Bike) s’est envolé dans la dernière difficulté.

Mais il s’est accroché, restant au plus loin à 20 secondes de son adversaire, avant de profiter, certes, de circonstances favorables avec la double chute de l’Américain. Mais si ce dernier est tombé, c’est que la menace représentée par Richard Carapaz trottait forcément dans son esprit.

Richard Carapaz, héritier des grands du maillot à pois

Au-delà du combat, Richard Carapaz a offert du spectacle aux suiveurs du Tour de France 2026. Il a surtout offert de l’émotion et des frissons au public de la Grande Boucle. Une faculté qu’ont eue Richard Virenque, Laurent Jalabert, Claudio Chiappucci ou encore Luis Herrera, des grands qui, par le passé, sont allés chercher plus qu’un simple maillot à pois. Des coureurs qui ont fait vibrer et dont les épopées continuent d’être racontées au fil des années.

On se souvient des envolées du Colombien dans les années 1980. L’étape de l’Italien à Sestrières, en 1992, fait partie des plus mythiques du Tour de France. Les plus anciens se souviennent de Richard Virenque à Courchevel en 1997 ou à Morzine en 2003. Laurent Jalabert aura réalisé des envolées mythiques dans les Pyrénées, bien qu’il n’ait pas été récompensé dans ce massif, que ce soit en 2001 ou en 2002.

Le Tour de France, c’est aussi cela : des histoires que l’on peut raconter aux plus jeunes. Nul doute que l’Alpe d’Huez 2026, par le col de Sarenne, va contribuer à faire entrer Richard Carapaz dans le cœur et dans la légende de la Grande Boucle.

Le classement des autres maillots distinctifs

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