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Biathlon

Éric Perrot, l’argent au prix fort : autopsie d’un individuel olympique presque parfait

Flo Ostermann

Publié le

Éric Perrot, l’argent au prix fort autopsie d’un individuel olympique presque parfait
Photo Icon Sport

À Antholz-Anterslva, Éric Perrot a décroché l’argent sur l’individuel 20 km de biathlon, ce mardi. Analyse chiffrée d’une course maîtrisée, marquée par une seule balle manquée.

Ce mardi, sur l’individuel masculin des Jeux Olympiques d’hiver 2026, Éric Perrot a livré une course d’une consistance remarquable sur le site d’Antholz-Anterselva, conclue par une médaille d’argent à 14,8 secondes de l’or, raflée avec brio par le Norvégien Johan-Olav Botn. Un écart infime sur 20 kilomètres, mais lourd de sens sur l’épreuve la plus exigeante du biathlon.

Le Français pose d’entrée les bases de sa performance. Dès la première boucle, il signe le deuxième temps de l’ensemble du plateau, en 8:50.5, à deux petites secondes de Quentin Fillon Maillet, et s’installe immédiatement en haut de la feuille des temps. Le premier tir, couché, est parfaitement maîtrisé : cinq balles, cinq cibles, et un passage rapide sur le pas de tir. Après le premier tir, Perrot est leader.

Le tournant du premier debout

La dynamique se brise partiellement à l’issue de la deuxième boucle. Son temps de 9:08.01 le laisse encore à une poignée de secondes de celui de Quentin Fillon Maillet, qui se consolera aujourd’hui avec le meilleur temps de ski. Perrot aborde alors le premier tir debout, moment charnière de sa course.

Jusqu’ici irréprochable, le Français laisse échapper une balle. L’unique faute de sa journée, mais une erreur au prix maximal dans l’individuel. La pénalité associée (une minute) le fait reculer au classement cumulé, où il pointe alors à la 6e place après deux tours, à 41 secondes de Sturla Laegreid, futur médaillé de bronze.

La réaction est immédiate et mesurée. Sa troisième boucle est moins efficiente sur les spatules (7e à près de 16 secondes de Fillon Maillet), signe sans doute d’une gestion assumée. Sur le troisième passage au tir, couché, Perrot efface toute incertitude : tir propre, sans faute. Il enchaîne ensuite une quatrième boucle très solide, bouclée à 13 secondes du Jurassien, décidément en feu sur la piste. Le dernier tir, debout, est à nouveau parfait, rapide, sans trembler. Un dernier passage face aux cibles qui le replace définitivement dans la course au podium.



Une gestion finale solide et une médaille pleine de maturité

À l’entame du dernier tour, la hiérarchie est figée. Perrot gère alors son effort avec lucidité, sans chercher le coup d’éclat. Sa cinquième boucle, dans la même allure que les trois précédentes (6e temps), lui permet de sécuriser la deuxième place jusqu’à l’arrivée. Il coupe la ligne en 51:46.3, solidement installé sur la boîte jusqu’au terme de la course.



Les chiffres confirment la qualité de sa prestation. Le Français signe le troisième temps de ski total de l’épreuve (à 36 secondes de Fillon Maillet, 17 secondes de mieux que Botn). Au tir, son bilan final de 19/20 et un temps total passé sur le pas de tir de 3:01.2 témoignent d’une maîtrise globale, altérée uniquement par cette balle manquée sur le premier debout.

Cette médaille d’argent n’a rien d’anecdotique. Elle est le fruit d’une course construite, contrôlée, et d’un niveau de ski au rendez-vous des meilleurs. Sur l’épreuve reine du biathlon, Éric Perrot n’a laissé filer l’or que sur une seule balle, mais a confirmé, chiffres à l’appui, son statut parmi l’élite mondiale, et que le dossard jaune de leader de la Coupe du monde n’a rien d’un hasard.

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