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Estadio Azteca : un voyage dans une enceinte mythique

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Le Stade Aztèque est un lieu mythique pour tous les amateurs de football. Seul stade ayant accueilli deux finales de Coupe de monde, c’est un endroit incontournable lors d’une visite de la ville de Mexico.

Le sport mexicain

Le Mexique est une terre de sport, que ce soit grâce au football ou la Lucha Libre. En 1963, le CIO confie d’ailleurs l’organisation des XIXèmes Jeux Olympiques à Mexico, qui devient le premier pays en voie de développement à obtenir cet honneur. C’est à cette occasion, et en vue de la Coupe du monde 1970, que le Stade Aztèque est construit. Ultra moderne pour l’époque, il est toujours debout malgré les séismes et c’est surtout l’un des plus grands du monde avec plus de 100 000 spectateurs possible. Il est d’ailleurs le seul à avoir accueilli deux finales de Coupe du monde en 1970 et 1986.

Les Mexicains sont fous de football et leur équipe nationale, El Tri, participe très régulièrement aux Coupes du monde. Le championnat domestique est également le plus puissant en Amérique du Nord et n’a pas grand chose à envier aux géants argentins et brésiliens. Cette puissance économique fait que les joueurs locaux s’exportent peu en Europe, ou seulement dans des clubs importants.

Les clubs locaux gagnent très régulièrement la Ligue des Champions CONCACAF (équivalent de l’UEFA en Amérique du Nord et Caraïbes). Un des plus connus est celui de Club America qui évolue justement au Stade Aztéque pour ses matchs à domicile. C’est d’ailleurs lui qui a eu l’honneur de l’inauguration du stade le 29 mai 1966 contre le Torino. Arlindo dos Santos Cruz ouvrait le score et devenait le premier buteur dans cette enceinte.

Plaque commémoratif de l’inauguration du stade – Damien Meunier

Les Coupes du monde

Le Mexique organise donc la Coupe du monde 1970. Tous les amateurs de football savent qu’elle a été marquée de l’empreinte d’un des plus grands : le roi Pelé. Elle reste dans les mémoires comme l’une des plus spectaculaires avec des matchs marquant l’Histoire de la Coupe du monde, comme la demi-finale entre la RFA et l’Italie ou même la finale entre le Brésil, au sommet de son art, et l’Italie. C’est une édition qui fera date grâce à des nouveautés.  Ainsi, l’Union Soviétique a été la première équipe à effectuer une substitution dans un Mondial, la distribution des cartons jaunes et rouges (même si aucun n’a été sorti pendant le tournoi) a été introduite, mais également la possibilité de regarder les matchs en couleur.

Beaucoup de matchs offensifs et de nombreux buts ont été marqués. Le bombardier allemand Gerd Müller termine meilleur buteur avec 10 buts, dont 2 triplés consécutifs, exploit rare à ce niveau. De même, l’ailier brésilien Jairzinho a trouvé les filets à chacun de ses 6 matchs, le seul encore à ce jour à avoir réalisé cette prouesse. Le Stade Aztèque a accueilli la demi-finale entre Italie et RFA, mais aussi la finale qui consacra le Brésil de Pelé. Avec ce sacre, lui et son pays deviennent les premiers à soulever le trophée Jules Rimet qui est conservé par la Seleçao à vie.

Alors que le Mexique ne devait pas organiser le tournoi en 1986, l’organisation est retirée en 1983 à la Colombie. En 1985, à quelques mois de la compétition, un séisme menace de nouveau l’événement, mais les stades sont peu impactés. Quand les suiveurs du football entendent Coupe du monde 1986, c’est le match entre l’Angleterre et l’Argentine qui arrive en premier au rang des souvenirs. Cette fameuse rencontre eut lieu dans le Stade Aztèque. C’est donc là que Diego Maradona inscrivit la Main de Dieu puis le But du siècle. À 16 ans d’écart, deux des plus grands joueurs de l’histoire ont enchanté le Stade Aztèque. Les exploits sont même rappelés sur les murs de l’enceinte.

Rappel des nations championnes du monde en 1970 et 1986 – Damien Meunier

L’extérieur

C’est d’ailleurs devant des plaques commémoratives que la visite débute. Là sont rappelées les dates d’inauguration, le premier but, les finales de Coupe du monde. Cette première partie de visite nous fait longer le stade par l’extérieur pour bien s’imprégner du lieu. Nous arrivons notamment devant un buste impressionnant de l’ancien capitaine du Club América dont les faits d’armes sont rappelés sous la sculpture. Durant le long du trajet, le guide (qui parle anglais et espagnol) donne quelques informations sur l’enceinte, les matchs des équipes et  des différences de sponsors entre le club local et celui de la fédération qui peuvent poser des soucis en termes de boutique ou dans les vestiaires pour habiller l’ensemble.

Buste en hommage au capitaine – Damien Meunier

La zone média et la coursive

La visite nous amène devant l’entrée des médias et nous entrons enfin dans le stade. Là, un escalier nous attend pour descendre dans la coursive. Une fois en bas, nous arrivons dans celle-ci menant à la pelouse et à la zone de conférence de presse. Cette dernière est un lieu prisé des visiteurs qui se prennent en photo dans le rôle du manager. Il est curieux de remarquer juste à côté des micros un petit autel dédié à Marie.

Lieu des conférences de presse – Damien Meunier

Tout le long de la coursive intérieure, des panneaux peints sur les murs présentant les drapeaux et les logos de toutes les équipes étrangères (clubs ou sélections) ayant disputé un match ici. Nous pouvons voir que la France y a joué 2 matchs et qu’un seul club français est venu : l’AS Nancy Lorraine. Pour tous les amateurs de statistiques et d’histoire, cette zone est une mine de renseignements.

La coursive avec l’ensemble des équipes ayant foulé la pelouse du Stade Aztèque – Damien Meunier

Sur le chemin, nous trouvons des ballons dessinés au sol avec des dédicaces de joueurs célèbres. Celles de Pelé et de Maradona sont très proches l’une de l’autre.

El Pibe de Oro a aussi laissé sa marque – Damien Meunier

Pour rester dans l’histoire, voici un panorama présentant les images fortes de matchs s’étant déroulés dans le stade. En le suivant, on aperçoit l’accès à la pelouse, mais d’abord, les vestiaires.

Panorama rappelant les grands événements ayant eu lieu dans le stade – Damien Meunier

Le vestiaire

Les deux vestiaires se font face. Pour accéder à l’intérieur, nous suivons un couloir aux couleurs du club avec des portraits de joueurs et joueuses mythiques. Ainsi, équipes masculines et féminines sont à l’honneur. À chacune des places des joueurs, leurs portraits sont présents. Les places sont mises en arc de cercle afin que les joueurs puissent voir le coach. Derrière lui, le logo du club (ou de la sélection) et la tête d’aigle, symbole du club. Il est temps de se diriger vers le terrain.

Causerie d’avant match – Damien Meunier

Le terrain

Nous arrivons en bord de terrain via un escalier en colimaçon.

L’accès depuis les vestiaires – Damien Meunier

Cela permet de bien rentrer dans l’antre et de ressentir l’ambiance et les chants du public. On ressent bien l’émotion et la pression que les joueurs des deux équipes subissent en entrant sur la pelouse.

A la sortie des vestiaires, en haut de l’escalier – Damien Meunier

Les gradins

Après la pelouse, la visite nous mène dans les gradins afin d’avoir une vue d’ensemble de cet écrin. Pouvant accueillir plus de 100 000 spectateurs, l’acoustique et l’ambiance sont des paramètres importants du stade. D’ailleurs, le guide nous demande de crier tous en même temps afin que nous nous rendions compte de la réverbération du son. Impressionnant même sans aucun public. Nous terminons la visite par l’anecdote de la statue du fan numéro 1 du club.

Statue du Fan numéro 1 – Damien Meunier

Le club avait lancé un concours pour connaître le plus grand supporter de son équipe afin de l’honorer. Le grand gagnant a prouvé qu’il n’avait raté aucun match à domicile de ses favoris sur les 10 années précédentes, talons de billet à l’appui. En plus de la postérité avec sa statue, le club lui permet d’assister à tous les matchs gratuitement avec ses amis en prévenant en avance.

Une visite forte intéressante et prenante donc dans cet antre mythique. En étant proche du terrain, difficile de ne pas repenser à Pelé ou Maradona et leurs buts historiques. Pour chaque match, les premiers supporters à rentrer pour la rencontre ont le droit à une visite privée avec, notamment, la galerie presse non accessible au grand public.

Damien Meunier


Amateur professionnel de sport, d’abord le football, j’aurais pu en faire mon métier. Mais bon, vous savez les … non, pas les croisés, ils vont bien eux. Juste un manque de talent, de technique et de niveau surtout. Mais cette passion est ancrée en moi telle la pomme dans la tarte tatin. Le côté suiveur/supporter est évidemment important au quotidien, que ce soit un soir de juillet 1998 en banlieue lyonnaise ou de juillet 2018 à Montréal. Car oui, depuis ma France natale, j’ai migré outre-Atlantique, au pays des caribous. Là, le football se joue à la main et non au pied. Et surtout, la religion sportive est plutôt froide et se joue avec une crosse. Non, ce n’est pas le curling ni le Lacrosse, encore que, mais le hockey sur glace. Une autre vision, une autre culture. On troque les crudités devant la télé pour une poutine et on s’installe avec notre chandail pour suivre cela. Et en moins de temps qu’il ne faut pour le dire, ou la vitesse d’un slap shot de McDavid ou un arrêt de la mitaine de Price, j’écris sur de l’actualité par ici mais aussi le sport féminin, pas assez mis en avant.

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