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Euro 2017 Féminin

Euro 2017 Féminin de Football : Groupe C, l’Autriche tranquille, la France au forceps

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France au forceps
 Avant cette ultime journée dans la poule C, 3 équipes peuvent encore croire aux 1/4 de finale. La France, la Suisse (qui s’affrontent) et l’Autriche sont en position de se qualifier. L’Islande tentera de terminer son 1er Euro sur une bonne note. Match tranquille des Autrichiennes qui gagent 3-0. Les bleues passent par la toute petite porte contre la Suisse (1-1) mais joueront les 1/4 de finale.

France-Suisse : le gouffre n’était pas loin

 Début poussif pour les Bleues dans cet Euro féminin. Difficiles vainqueurs de l’Islande en ouverture, les Françaises ont butté sur une équipe Autrichienne bien regroupée. Le partage des points (1-1) n’arrange pas les joueuses d’Olivier Echouafni qui devront rester attentives face aux Suissesses pour aller en 1/4. Sur les 1ers matchs, le gros problème français est avant tout offensif. En effet, malgré plusieurs situations intéressantes et dangereuses, les bleues n’ont inscrit que 2 buts, uniquement sur coup de pied arrêté. Il est temps pour elles de trouver le chemin des filets dans le jeu si elles veulent avoir des ambitions dans la suite de la compétition. Sur un plan comptable, un nul suffit à l’équipe de France pour la qualification.

De leur côté, les Suissesses ont commencé par une défaite face à l’Autriche avant de battre (et d’éliminer par la même occasion) l’Islande. Elles doivent impérativement s’imposer pour croire aux 1/4 de finale, elles ont donc leur destin entre leurs pieds. Il s’agit du 1er Euro pour la Nati. Cette dernière n’a plus battu la France depuis 2002 et reste sur 5 revers consécutifs. La partie se déroule sous la pluie, à Breda,  et est arbitrée par la Hongroise Katalin Kulcsár.

Des cartons et du retard

 Il y a 5 changements dans le 11 de départ français part rapport au match précédent. Les bleues mettent le pied sur le ballon en début de partie. Mais peu d’occasions franches pour commencer. Sur un contre suisse, la Capitaine, Wendie Renard, fait une obstruction lors d’un repli défensif et reçoit un carton jaune synonyme de suspension pour le prochain match (14ème). Sur l’action suivante, magnifique action française conclue sur une frappe limpide de Claire Lavogez claquée en corner par la gardienne helvète. Le corner ne donne rien. Sur l’action Suisse suivante, Eve Perisset commet une faute en tant que dernier défenseur. La sanction est sans appel: carton rouge!!! La France évoluera  à 10 pendant 70 minutes!! Sur le coup franc, coup de massue avec l’ouverture du score d’Ana-Maria Crnogorčević ! (Suisse 1 – 0 France, 19ème minute) La 1ère véritable occasion est la bonne. La France doit courir après le score en étant à 10.

Echouafni console Eve Perisset suite à son exclusion (crédit: www.uefa.com)

Les Françaises se remettent tout de suite au charbon pour obtenir un nouveau corner qui ne donne rien. Les Suissesses font une entame parfaite et peuvent à présent se mettre en mode muraille de Chine et évoluer en contre. Lavogez retente sa chance à la 25ème mais le ballon est bien capté par Gaëlle Thalmann. Les contre suisses sont menés par Ramona Bachmann qui est un véritable poison dans la défense bleue, ayant provoqué le carton jaune et l’expulsion…

 Les occasions s’enchainent pour les Françaises avec une belle frappe de Camille Abily à la 29ème. Même en infériorité numérique, la possession de balle est française et elles continuent de se créer des occasions, pour le moment sans succès. Le problème vient du fait que les Frnaçaises commencent à s’énerver et à commettre des fautes. Amandine Henry prend elle aussi son carton jaune. La mi temps est sifflée sur le score de 1-0 pour la Suisse. A la pause, les Françaises sont éliminées car l’Autriche mène 2-0 dans l’autre match du groupe.

 Même si il y a du mieux dans le jeu côté français, un manque criant de réussite se fait encore et toujours sentir. Côté helvète, Ramona Bachmann fait vraiment mal à la défense adverse pendant que Gaëlle Thalmann parvient à garder sa cage inviolée. La seconde mi-temps promet d’être épique. Les bleues vont-elles revenir au score malgré l’infériorité numérique? Les Suissesses réaliseront elles l’exploit de sortir leurs voisines? Réponse dans 45 minutes.

Le coup de pied arrêté libérateur

 Alors que la pluie s’accentue, la France repart à l’assaut du but helvète pour y croire encore. Comme en 1ère mi temps, les actions manquent de tranchant et de précision. Bel exemple de mauvaise communication avec un ballon trop long pour Eugénie Le Sommer à la 51ème minute qui pouvait aller seule au but. Si devant, elles n’y arrivent toujours pas, derrière, c’est un peu la panique et le sauve qui peu. En effet, l’arrière garde a souvent du mal à se dégager et concède des occasions en se mettant en difficulté, surtout face au poison Bachmann qui profite du moindre espace. La différence est saisissante comparée aux suissesses qui ne se posent pas de questions et envoient de longs ballons en touches pour se dégager.

 Malgré cela, les bleues se font plus pressantes sur le but adverse et obtiennent des corners. Elle ne trouvent toujours pas la faille. Les Suissesses commettent des fautes qui sont sanctionnées par des cartons jaunes mais toujours pas de grosses occasions tricolores. A la 71ème minute, Echouafni fait sortir Claire Lavogez pour Maire-Laure Delie pour amener du sang frais en attaque. Peu après, un coup franc est sifflé pour les tricolores. La spécialiste de l’exercice se met en place. L’artificière de lyon, comme Juninho avant elle, le frappe. Camille Abily libère les Française avec un coup franc direct! La main de la gardienne n’est pas assez ferme pour sortir la balle. Les Bleues reviennent à égalité et redeviennent qualifiées à 15 minutes de la fin du match. (Suisse 1 – 1 France) A noté que le la faute ayant entraînée le coup franc a été commise par la buteuse helvète. Et encore un but sur coup de pied arrêté pour les tricolores.

La joie de Camille Abily, buteuse sur Coup Franc qui permet à la France d’égaliser. (crédit: www.uefa.com)

 Les Suissesses doivent attaquer pour marquer un nouveau but pendant qu’Echouafni réfléchit à ses changements. La suite du match est plus décousue avec des attaques de part et d’autres. La défense bleue fait naître quelques sueurs froides dans les rangs de leur supporters. La Suisse pousse pour tenter d’arracher la victoire et la France procède par contre, la physionomie de match change. Dans les arrêts de jeu, Wendie Renard glisse en se repliant vers son but, les suissesses récupèrent et obtiennent le coup franc de la dernière chance. Les 11 helvètes sont dans le camp français et Bachmann se charge de la sentence. Sarah Bouhaddi capte la balle et soulage toute une nation. La France est en 1/4 de finale et affrontera l’Angleterre ou l’Espagne dimanche. Beau duel en perspective.

 Match bizarre de nos bleues. 20 bonnes premières minutes qui auraient pu aboutir à un but avant les 2 cartons reçus coups sur coups et le but helvète. Ensuite, la France a tenté, essayé mais n’arrivait pas à marquer. Plus présentes physiquement, elles dominent tout en s’exposant aux contres menés par Bachmann, véritable poison. Les Françaises ont quand même montré une grande force de caractère et d’abnégation pour aller chercher la qualification. Encore sur coup de pied arrêté, spécialité maison. Attention, la défense est toujours un peu fébrile et l’absence conjointe de Wendie Renard et d’Eve Perisset donneront forcement du temps de jeu à d’autres joueuses. Une autre compétition commence, les Françaises sont là et les adversaires ne les sous estimeront pas. Du côté Suisse, elles ne sont pas passées loin d’un exploit et il faudra s’en méfier sur les prochaines compétions. La tristesse est grande chez les coéquipières de Lara Dickenmann qui ont cru pendant 1h00 atteindre les 1/4 de finale pour leur 1er Euro. Le titre de meilleur joueuse de match pour Bachmann ne les consolera sans doute pas.

Une ballade dans le Tyrol Autrichien

  D’un côté, l’Islande qui, bien que vaillante depuis le début, est déjà éliminée mais qui veut sortir par la grande porte. Et de l’autre, l’Autriche qui peut se qualifier en ne perdant pas. Les 2 équipes vont donc tout donner pour remporter le match.

 En 1ère mi temps, les Autrichiennes dominent en terme d’occasions et de tirs cadrés malgré une possession à part égale. La gardienne islandaise, Gudbjörg Gunnarsdóttir, multiplie les arrêts tandis que son homologue, Manuela Zinsberger, est au chômage technique.  C’est finalement sur une erreur de la gardienne scandinave que Sarah Zadrazil ouvre le score à la 36ème minute. But synonyme de qualification virtuelle et même de 1ère place. Les alpines n’en restent pas là puisqu’elles continuent d’attaquer pour tenter de se mettre à l’abri. Et c’est chose faite avec une passe de la buteuse pour sa capitaine Nina Burger qui double le score! L’Autriche mène sereinement à la pause 2-0.

 La physionomie de la seconde période est guère différent du 1er. Les occasions pour les Autrichiennes sont contrées par les joueuses Islandaises et ces dernières ne cadrent toujours pas. Le coach Autrichien, Dominik Thalhammer, fait alors tourner un peu son effectif en prévision des 1/4 de finale qui s’approchent à grands pas. En fin de match, Stefanie Enzinger, qui vient de rentrer en jeu, parachève le succès  Autrichien. 3-0, score final. Sans coup férir, les Autrichiennes terminent 1ères de la poule et attendent leur adversaire de dimanche.

Les Autrichiennes sont contentes après le 3ème but de la soirée. (crédit: www.uefa.com)

La poule C est terminée. L’Autriche termine 1ère avec 7 points devant la France, qualifiée tout juste, avec 5 points. La Suisse, 3 points, et l’Islande, 0 point, sont éliminées et regarderont la fin de la compétition chez elle.

Damien Meunier


Journaliste/rédacteur depuis décembre 2016 - Amateur professionnel de sport, d’abord le football, j’aurais pu en faire mon métier. Mais bon, vous savez les … non, pas les croisés, ils vont bien eux. Juste un manque de talent, de technique et de niveau surtout. Mais cette passion est ancrée en moi telle la pomme dans la tarte tatin. Le côté suiveur/supporter est évidemment important au quotidien, que ce soit un soir de juillet 1998 en banlieue lyonnaise ou de juillet 2018 à Montréal. Car oui, depuis ma France natale, j’ai migré outre-Atlantique, au pays des caribous. Là, le football se joue à la main et non au pied. Et surtout, la religion sportive est plutôt froide et se joue avec une crosse. Non, ce n’est pas le curling ni le Lacrosse, encore que, mais le hockey sur glace. Une autre vision, une autre culture. On troque les crudités devant la télé pour une poutine et on s’installe avec notre chandail pour suivre cela. Et en moins de temps qu’il ne faut pour le dire, ou la vitesse d’un slap shot de McDavid ou un arrêt de la mitaine de Price, j’écris sur de l’actualité par ici mais aussi le sport féminin, pas assez mis en avant.

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