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Euro de football

Euro 2024 : Un interminable voyage au bout de l’ennui

Maxime Cazenave

Publié le

Euro 2024 : Un interminable voyage au bout de l’ennui
Photo Icon Sport

EURO 2024 – C’est une constante qui fut encore confirmée par les deux huitièmes de finale disputés lundi soir : cet Euro 2024 est dans sa globalité d’une pauvreté abyssale. Malgré des équipes sur le papier exceptionnelles et des noms ronflants, le spectacle proposé est d’une piètre qualité. Mais pourquoi ?

Que l’on soit Français, Belge, Portugais ou bien Slovène, on se faisait une joie d’assister au premier match à élimination directe de son équipe ce lundi. Certes, la phase de poules avait déjà prouvé qu’il ne fallait pas s’attendre aux matchs du siècle. Cependant, entre un indécis France-Belgique et un Portugal-Slovénie avec un favori plus clair, nous étions en droit d’espérer un peu de mieux. Résultat, ce sont deux purges totales qui ont été livrées. Alors que le championnat d’Europe est censé proposer ce qui se fait de mieux, on se retrouve presque à regretter nos bonnes vieilles Ligue 1 et Ligue 2. Et dire que pendant des années la CAN se faisait bâcher pour son niveau pas toujours flamboyant… Aujourd’hui, au tour de l’Euro d’en prendre pour son grade.

Des sélectionneurs frigides, en manque d’inspiration

Les premiers responsables sont avant tout les sélectionneurs. Si certains cadors comme l’Espagne ou l’Allemagne produisent un football offensif intéressant, ils sont malheureusement bien les seuls. Évidemment, comment ne pas citer la France parmi cette flopée de nations déprimantes ? On le sait, Didier Deschamps est l’apôtre de l’équilibre, et un maître du jeu défensif. Mais on peut tout de même avoir envie de s’arracher les cheveux au vu de la pauvreté absolue du jeu offensif, encore plus cette année que les précédentes. La Belgique a également affiché un niveau de jeu dramatique malgré un potentiel offensif impressionnant. Quelle tristesse de voir les De Bruyne, Doku, Lukaku, Carrasco et consorts être aussi restreints dans leur jeu…

Même son de cloche pour le Portugal de Roberto Martinez donc, mais aussi pour une triste Italie, une Croatie aux abois, et une Angleterre de Gareth Southgate, considérée comme grande favorite, mais qui se montre pathétique malgré un effectif dantesque. Frigides, sans inspirations, les matchs proposés sont d’une piètre qualité. Au bout de 42 matchs, le bilan global est absolument catastrophique.

Des joueurs émoussés par un calendrier irrationnel

Mais il ne faut pas oublier de remercier les instances du football mondial, et donc en particulier l’UEFA. Il y a encore peu de temps, le calendrier permettait à toutes les sélections de disposer d’un réel temps de préparation d’environ un mois. De quoi permettre à tous de se créer un vécu plus développé, mais également de donner un temps de récupération aux joueurs les plus sollicités tout au long de la saison. Cette année, la finale de la Ligue des Champions s’est disputée le 1er juin. Et le premier match de l’Euro le…14 juin !

Une aberration portant le sceau de l’UEFA d’Aleksandr Ceferin, et découlant de la FIFA de Gianni Infantino. À force de rajouter des matchs ou des compétitions à tour de bras, les joueurs tirent naturellement la langue. Mais tant que l’argent entre dans les caisses, nos chères fédérations ne s’en soucieront pas. Rappelons qu’il y aura bientôt le fameux championnat du monde des clubs à 32, ou encore une Ligue des Champions avec plus de matchs. Des lubies parmi tant d’autres, mises en place par des « génies » qui tuent le football à petit feu.





Un arbitrage à la sévérité démesurée

Dernier point : l’arbitrage. La curiosité était de mise au début de la compétition suite à la nouvelle règle instaurée. Ainsi, seul le capitaine dispose du droit de s’adresser à l’arbitre, pour éviter ces moments interminables où l’homme en jaune se retrouve assailli par une équipe entière en colère. L’idée est excellente. La mise en pratique en revanche a de quoi dépiter. Tels Lucky Luke, les arbitres sortent les cartons jaunes plus vite que leur ombre. Aurélien Tchouameni en a notamment fait l’amère expérience lundi.

Dans le jeu également, les biscottes se multiplient de manière affolante, souvent de manière excessive. Le football reste un sport de contact, parfois extrêmement rude, à l’image du choc terrible subi par le Hongrois Barnabas Varga. Quelle frustration donc de voir les arbitres sortir le carton pour tout et n’importe quoi. Exemple, le jaune pris par Adrien Rabiot lundi pour une faute tout ce qu’il y a de plus lambda. Forcément, cela pousse les joueurs à défendre sur des œufs, sans pouvoir se livrer à 100 %, la menace d’une sanction étant très (trop) prononcée.

En prime, la VAR montre parfois également ses limites lorsque les hors-jeux se jouent au millimètre près. On pense notamment au but refusé aux Danois en 8e de finale face à l’Allemagne pour une ridicule pointure. Oui, il fallait chausser du 43 et non du 44… Tous ces petits détails mis bout à bout renforcent ce sentiment de frustration terrible ressenti au coup de sifflet final de chaque rencontre. On se faisait une joie de voir lutter les meilleures sélections européennes. Mais cela s’est transformé au fil des jours en un mauvais trip. L’excitation des premières rencontres passées, la redescente est d’une violence inouïe. Mais n’ayez crainte, il ne reste plus que neuf matchs au programme. Le plus dur est donc derrière nous. Normalement…

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