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Euro Féminin de football : Les raisons de l’échec des Bleues contre l’Allemagne

Romain Fiore

Publié le

Euro Féminin Les raisons de l'échec des Bleues contre l'Allemagne
Photo Icon Sport

EURO FÉMININ DE FOOTBALL – Pour la première fois de son histoire, l’équipe de France a disputé la demi-finale d’un Euro. Malheureusement, hier soir, les Bleues sont tombées sur l’Allemagne, habituée du dernier carré. Une marche trop haute pour les Françaises, battues pour plusieurs raisons.

Peut-être le match de trop pour les Bleues dans cet Euro. Alors qu’elles avaient sorti les championnes d’Europe en titre, et vice-championnes du monde au tour précédent, les Françaises pensaient pouvoir réaliser le même exploit contre l’Allemagne, huit fois championne d’Europe. Mais si sur le match précédent, les joueuses de Corinne Diacre ont dominé offensivement, cette fois, face aux Allemandes, ce fut trop compliqué. Portée par une Alexandra Popp sublime, l’Allemagne a su se montrer comme à son habitude : ultra efficace en attaque.

Un manque de réalisme

Si les Allemandes, comme depuis le début de la compétition, ont été efficaces offensivement avec 11 buts marqués en 4 matchs, les Françaises ont eu plus de mal sur la compétition. Alors qu’elle avaient inscrit cinq buts face à l’Italie lors du premier match, les Bleues ont perdu leur attaquante vedette, Marie-Antoinette Katoto dès la deuxième journée. Une perte qui a forcément affecté l’Équipe de France. Même si Melvine Malard l’avait parfaitement remplacée lors du troisième match, avec un but au bout de quarante trois secondes, la suite fut plus compliquée. En difficulté contre les Pays-Bas avec 33 tirs pour seulement un but (sur penalty), la France se devait d’être réaliste face à une Allemagne pleine de sang-froid. Et malgré 4 changements d’attaque et de tactique pendant le match, les Françaises n’ont pas réussi à inquiéter la gardienne adverse Frohms autant qu’elles le souhaitaient.

Dans une première période où elles ont été effacées, les Bleues ont tiré seulement deux fois aux buts. Pourtant, c’était leur période préférée depuis le début de la compétition, avec toujours des buts inscrits en début de match. Si elles ont inscrit un superbe but juste avant la mi-temps grâce à un but chanceux de Diani, il a manqué une vraie finisseuse devant les buts, un vrai point d’appui pour l’attaque et le milieu. L’absence de Katoto a été extrêmement préjudiciable pour la France qui a dû se passer de sa meilleure attaquante, au contraire des Allemandes qui ont pu compter sur une Alexandra Popp en forme olympique, avec 6 buts en 5 matchs. La joueuse de Wolfsburg, absente lors des deux précédentes éditions a prouvé que son retour en sélection était le facteur clé du retour de sa nation au plus haut niveau mondial.

Si les Tricolores se sont montrées beaucoup plus dangereuses en seconde mi-temps, après les entrées de Selma Bacha et Clara Mateo, les douze tirs ont peu inquiété la gardienne adverse, puisqu’elles n’ont cadré que deux frappes. Et ce malgré le replacement de Diani dans l’axe à la mi-temps, comme face aux Pays-Bas, et le passage en 4-4-2 en fin de match avec l’entrée d’Ouleymata Sarr. Cette dernière n’a d’ailleurs pas eu l’impact escompté, perdant trop de ballons. Pas suffisamment dans le rythme du match, elle est passée à côté de son Euro. Et si Selma Bacha a montré toute sa bonne volonté et son insouciance, elle n’a pas réussi à débloquer la situation à elle toute seule. L’absence de Mateo dans le onze de départ a peut-être porté préjudice à cette équipe en difficulté, surtout en première mi-temps. Sa qualité de passe, et sa créativité auraient pu servir à ressortir les ballons plus proprement derrière le pressing allemand.

Un milieu trop absent

Lena Oberdorf, retenez bien ce nom, car elle risque de marquer l’histoire du football dans les années à venir. Véritable pitbull du milieu de terrain, elle a totalement effacé l’absence de Dzsenifer Marozsán. Absente pour une rupture du ligament croisé antérieur, la joueuse de l’Olympique Lyonnais n’a pas pu disputer cet Euro. L’occasion pour Martina Voss-Tecklenburg de lancer les jeunes. Une opportunité saisie par Oberdorf, 20 ans et milieu de terrain de Wolfsburg. Entourée de deux joueuses d’expérience comme Dabritz et Magull, la joueuse originaire de Gevelsberg a profité de son temps de jeu pour exploser aux yeux de l’Europe.





Sélectionnée depuis ses 17 ans en équipe d’Allemagne, la numéro 6, a parfaitement joué le rôle qu’on attendait d’elle à son poste. Littéralement partout sur le terrain, avec 60 ballons touchés, son impact défensif a été immense, et les Françaises vont faire des cauchemars d’elle dans les jours qui suivent. Elle a écœuré l’attaque française, mais a aussi permis à son milieu de terrain d’étouffer son vis-à-vis, empêchant les Bleues de ressortir proprement. Et malgré son jeune âge, on l’a vu avoir un véritable vice, capable d’effectuer les fautes qu’il faut au bon moment. Elle a même récolté un carton jaune en fin de match qui aurait pu se transformer en rouge vu la violence de l’impact. Si c’est le genre de joueuse qui n’est pas des plus impactantes en termes de statistiques, c’est bien l’une des plus importantes dans l’entrejeu allemand.

Ecœurées par le trio de la Nationalelf, les Françaises ont été étouffées et ont énormément subi en première mi-temps. L’absence de créativité de Clara Mateo a été criante, et sa capacité à ressortir les ballons a manqué aux Bleues. Sandie Toletti était clairement un ton en-dessous de ses partenaires, et fut transparente en première période. Grace Geyoro a haussé son niveau après son match compliqué face aux Pays-Bas, mais elle n’a pu se libérer qu’en seconde période. Quant à Charlotte Bilbault, elle a fait le match de guerrière qu’on attendait d’elle. Unique dans son rôle chez les Bleues, elle n’a fait qu’une seule faute dans le match et fut propre dans ses interventions. Toujours au duel, elle a peut-être trop souffert du physique allemand. Avec un seul tacle réussi, elle fut trop esseulée en première période. En face, les Allemandes se sont trouvées plus pressantes, et précises dans les passes.

Des côtés fermés

Face à une équipe en grande forme et très réaliste, les Françaises étaient prévenues. Pourtant, le schéma s’est encore répété. Avec 4 tirs cadrés, et deux buts inscrits, l’Allemagne a été pleine de sang-froid. Les deux buts ont été inscrits par l’intermédiaire d’Alexandra Popp, sur un centre de Svenja Huth. En laissant trop d’espace aux centreuses, la France s’est retrouvée en difficulté et a laissé aux ailières adverses du temps pour s’ajuster. Le premier venant du côté droit avec une combinaison entre les deux joueuses de côté, Brand et Huth, un dézonage de l’attaquante gauche sur le côté opposé qui a perturbé la défense française, ou l’on voit Wendie Renard hésiter à l’attaquer.

Pour le second but encaissé, c’est après plusieurs frappes repoussées par la défense française, que Huth récupère le ballon sur le côté. Pas attaquée par Selma Bacha, elle va centrer pour une tête de son attaquante  surgissant de nulle part, et qui a inscrit son quatrième but de la tête dans cet Euro. Trop laxistes sur les côtés, et perturbées par le dézonage des ailières, les Françaises n’ont pas été assez attentives et agressives dans leur schéma de jeu. Si Wendie Renard et Griedge Mbock ont été largement au niveau, avec beaucoup de sérénité malgré le pressing adverse, les latérales n’ont pas eu le rendement escompté.

D’habitude rayonnantes, Sakina Karchaoui et Ève Périsset étaient un des points forts des Bleues sur les matchs précédents par leur apport offensif. Un apport que les Allemandes ont su parfaitement réduire, doublant systématiquement les couloirs, empêchant les débordements des Françaises. Les joueuses de Corinne Diacre n’ont pas pu apporter le liant offensif qui leur manquait. Sans leur présence, les ailières se sont retrouvées trop esseulées et n’ont pas pu faire la différence. Si la nouvelle joueuse de Chelsea a été l’héroïne du match précédent, cette fois, face à une Huth plus expérimentée, elle a trop souffert physiquement et s’est retrouvée en retard sur de nombreuses actions. Privées d’espace, les Françaises n’ont pas su faire la différence par leur vitesse et leur percussion.

Reste désormais à cette jeune équipe à apprendre de cet échec, elles qui n’ont perdu que quatre matchs en l’espace de trois ans, deux contre les États-Unis et deux contre l’Allemagne. Il va falloir désormais se tourner très vite vers le prochain objectif, la Coupe du monde l’an prochain qui se déroulera en Australie et Nouvelle-Zélande, avec de nouvelles ambitions et la volonté d’atteindre une finale internationale.

2 Commentaires

2 Commentaires

  1. Avatar

    On va finir par se lasser

    7 octobre 2022 à 23h55

    L’article est intitulé « les raisons de l’échec… ». Or, il décrit simplement ce qui s’est passé mais n’explique pas vraiment pourquoi on en est encore là aujourd’hui après ces échecs récurrents. Et patatras : bis repetita placent. Popp en a encore remis deux aujourd’hui 7 octobre. Les Allemands savent conserver leurs joueuses d’expérience! Il y a clairement un problème de recrutement en France.

  2. Avatar

    Chabaud

    29 juillet 2022 à 17h26

    Pour affronter des adversaires comme les allemandes,il aurait fallut sélectionner des combattantes avec beaucoup d’expériences dans chaque ligne. Nous avions Wendie à l’arrière. Il était flagrant qu’Amandine manquait terriblement au milieu et Eugénie à l’avant, cela aurait évité à la guerrière Delphîne de faire d’incessants aller-retour et aux autres équipières d’en profiter pour faire valoir leurs qualités.

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