EuroBasket 2025 : Matthew Strazel, 23 ans et déjà taille patron
PRÉPARATION EUROBASKET 2025 – Auteur du panier qui a définitivement enterré l’Espagne samedi soir, Matthew Strazel a eu une influence considérable sur le succès renversant des Bleus. Valeur sûre, peu importe le contexte, le meneur de 23 ans s’est déjà imposé comme un véritable taulier des Bleus, seulement un an et demi après sa première sélection.
À l’approche de sa première compétition post-Jeux Olympiques 2024, l’équipe de France est en reconstruction au moment d’aborder sa première compétition de l’ère Frédéric Fauthoux, l’EuroBasket. Un véritable chantier s’est ouvert depuis plusieurs mois, et l’actuel coach de la JL Bourg doit composer avec un groupe qui a perdu des leaders emblématiques (Batum, De Colo), tandis que d’autres ont fait l’impasse ou ont dû déclarer forfait (Fournier, Gobert, Lessort, Wembanyama).
- À ce sujet – EuroBasket 2025 (H) : La liste des 12 joueurs de l’équipe de France pour la compétition
La montée en puissance linéaire de Matthew Strazel
Dans ce contexte, Guerschon Yabusele a logiquement été propulsé capitaine. Derrière le futur joueur des Knicks, il n’est pas évident de trouver de réels tauliers dans un groupe très jeune. Parmi les trentenaires, Vincent Poirier a déclaré forfait, tandis que Mam Jaiteh et Timothé Luwawu-Cabarrot ne sont pas incontournables. Cependant, sur le parquet comme en dehors, un gamin de 23 ans a déjà réussi à se rendre indispensable : Matthew Strazel. Tout sauf une surprise pour les amateurs de basket européen.

Malgré son jeune âge, le Monégasque compte 6 saisons professionnelles au compteur, et un palmarès déjà bien garni avec notamment 4 titres de champion de France. Mais s’il a longtemps dû se contenter d’un rôle mineur à l’ASVEL ou même à Monaco, il a depuis deux ans brûlé les étapes au point de devenir tout simplement l’un des piliers d’une Roca Team finaliste de l’EuroLigue. Cela lui avait permis d’obtenir ses premières sélections en Équipe de France au mois de février 2024. Totalement inattendu, il avait ensuite intégré la pré-liste pour les Jeux Olympiques, avant d’être la grosse surprise de la liste finale des 12.
#Paris2024 | 🇫🇷 😱 MATTHEW STRAAAZEEEEEEL 🔥
Mais quel shoot à 3 points plus la faute pour revenir à égalité 🏀
📺 Suivez le match en direct : https://t.co/kOJfhQ7QZO pic.twitter.com/aqxpXV3nxn
— francetvsport (@francetvsport) July 30, 2024
Choix judicieux puisqu’il sauvera les Tricolores en phase de poules face au Japon avec un 3+1 rentré dans la légende pour égaliser à 10 secondes du buzzer. Toujours efficace lors de ses rares apparitions dans le reste de la compétition, le natif de Bourg-la-Reine avait toutefois affirmé que l’avenir des Bleus passerait en partie par lui.
Après le Japon en 2024, l’Espagne crucifiée à son tour
Frédéric Fauthoux l’a bien compris, et a pu se rendre compte au fil de la saison que ce garçon déjà étincelant avait franchi de nouveaux caps. Sous les ordres de Vassilis Spanoulis, et malgré une concurrence féroce sur le backcourt monégasque, Strazel a été sans aucun doute l’extérieur le plus régulier tout au long de la saison, en Betclic Élite comme en EuroLigue. Son nom était donc une évidence pour le sélectionneur. Comme un Guerschon Yabusele, sa présence est incontournable, et même indispensable. Le match de samedi face à l’Espagne l’a prouvé.
CLUTCH !!!!! 🥶#TeamFranceBasket | #PassionnémentBleu | #EuroBasket | #FRAESP pic.twitter.com/B8wVKMozmY
— Équipes de France de Basket (@FRABasketball) August 16, 2025
Auteur du premier panier du match à 3 points, il est rapidement sorti en boitant, voyant du banc ses partenaires prendre une véritable volée. Revenu en fin de première période, il a ensuite participé au run phénoménal qui a relancé les Bleus en début de deuxième période (16-2). Par son efficacité offensive, mais aussi et surtout par la défense de plomb déployée sur le meneur adverse. Puis, afin de sceller son statut de patron, c’est lui qui a assassiné l’Espagne dans la dernière minute avec sa spéciale : un shoot à 3 points clutch.

Le meneur des Bleus pour le présent, comme le futur
Et si son jeu dégage l’assurance d’un véritable leader chevronné, les paroles suivent dans des propos retranscrits par L’Équipe :
On s’est dit à la mi-temps qu’au-delà de bien jouer au basket, on voulait montrer une bonne image. On ne montrait pas une bonne image, nos attitudes n’étaient pas bonnes. On s’est dit les choses dans les vestiaires. Je suis content parce que c’est une victoire de caractère qui va nous servir pour la compétition. Les anciens nous ont parlé ce matin, ils nous ont remis notre maillot. On leur devait de montrer un beau visage.
Alors que les internationaux comptant plus de 200 sélections étaient réunis à l’Accor Arena à l’occasion d’une cérémonie hommage aux jeunes retraités Nando De Colo et Nicolas Batum, ces derniers peuvent être rassurés. L’avenir des Bleus est entre de bonnes mains avec Matthew Strazel. À un poste de meneur qui fait débat depuis la retraite de Tony Parker, le Monégasque a réussi l’exploit de se détacher de la masse pour devenir un titulaire indiscutable. Le tout, avec un passif d’à peine un an et demi sous le maillot tricolore.


