Face à face : Pour ou contre les AUT (Autorisations d’Usage à des fins Thérapeutiques) dans le cyclisme ?


Chaque mercredi, les rédacteurs de Dicodusport entrent sur le ring et s’affrontent dans un Face à Face autour d’un sujet d’actualité. Dans ce un-contre-un engagé, chaque rédacteur ou rédactrice tentera de convaincre son adversaire ainsi que vous, cher lecteur, qu’il mérite de remporter ce Face à Face. Un arbitre sera alors chargé de les départager et de désigner un vainqueur. Cette semaine, le débat porte sur les autorisations thérapeutiques dans le cyclisme qui sont autorisées depuis 2007. Ces AUT ont-elles leur place dans ce sport ? 


Damien est favorable aux AUT dans le cyclisme
👍 Pour Damien, les AUT ont leur place dans le cyclisme

Qu’est-ce qu’une AUT (Autorisation d’Usage à des fins Thérapeutiques) ?
Si on se réfère à la description de l’Agence Mondiale Antidopage, les sportifs, ici les cyclistes, ont besoin d’une AUT en cas de maladie ne pouvant être traitée qu’à l’aide de médicaments étant interdits vis-à-vis du dopage.

Les sportifs sont des hommes comme tout un chacun et peuvent tomber malade. Lorsque nous sommes malades, nous nous soignons du mieux possible, avec ou sans ordonnance d’ailleurs, pour continuer de travailler. Pour un sportif, la donne diffère légèrement car pour continuer de travailler, il doit être en pleine forme et donc se soigner. Le problème, c’est que certains remèdes peuvent avoir de néfastes conséquences car les indicateurs utilisés pour détecter le dopage peuvent être faussés à cause du traitement. Les AUT permettent donc de les utiliser, mais les doses de produits illicites sont très légères ainsi que leur mode d’administration.

Cependant, même si des dérives peuvent exister, les AUT restent nécessaires pour les cyclistes pour qu’ils continuent de travailler. Il faudrait éventuellement cadrer davantage les autorisations par des autorités indépendantes (validation par un médecin neutre par exemple ?), afin d’éviter les abus et limiter leur utilisation pendant des grandes compétitions. Voire trouver de nouveaux remèdes sans problème.


Alexandre est fermement opposé aux AUT
👎 Alexandre pense que les AUT ne doivent pas faire partie du cyclisme
Depuis 2007, les sportifs sont autorisés à utiliser des traitements prescrits par un médecin, bien qu’ils soient interdits par l’agence mondiale antidopage. Nous sommes dans une époque où la course à la performance dépasse l’entendement médical et le raisonnable. Les sportifs n’ont plus peur de mettre leur santé en danger pour devenir des champions car de nos jours, tout est possible. Il faut préserver l’avenir des athlètes qui durant leur carrière ne voient pas le mal qu’ils peuvent se causer.
Ensuite, trop souvent ces autorisations sont marquées du sceau du mensonge. Un asthmatique peut remporter le Tour de France tout en se traitant avec des bronchodilatateurs (interdits sans AUT) à dose de cheval ? Un autre obtient l’autorisation de s’injecter des corticostéroïdes (interdits également) à trois reprises avant trois grands tours, sans que cela ne choque personne? Il est certes malheureux d’avoir une pathologie et les connaissances que cela engendre – encore faut-il qu’elle soit scientifiquement et médicalement avérée – mais dès lors qu’il y a de grosses sommes d’argent en jeu, il est facilement pensable qu’un médecin puisse être corrompu.
Enfin, il faut redonner au public l’amour de la performance. Dans l’histoire d’un sport comme le cyclisme, les dérives ont été trop grandes depuis 20 ans. Le spectateur a besoin d’être rassuré sur les performances. Laisser certains sportifs frôler la limite, voire la dépasser, n’est pas bon pour le grand public qui ne veut plus douter à chaque exploit d’un champion. Autoriser un sportif à prendre, sur simple ordonnance médicale, un médicament interdit est une porte ouverte à la dérive. Pourquoi autoriser qu’un sportif puisse librement s’administrer un médicament alors que le copain n’en a, lui, pas le droit car cela lui est interdit ?

Verdict de l’arbitre :

Avant de lire ce débat, mon sentiment était partagé entre le fait de penser que des coureurs, même avec des problèmes médicaux, peuvent être professionnels de cyclisme et le fait que ce sport a besoin de transparence et de clarté après les affaires qui l’ont ébranlé.

A la lecture des deux argumentaires, mon avis reste sensiblement le même à la différence qu’il me semble impensable pour ce sport d’avoir des affaires Froome (Vuelta 2017) tous les quatre matins. Le cyclisme a besoin de transparence et surtout pas de corruption comme l’a dit Alexandre. D’un autre côté, il est compliqué d’éliminer du peloton tous les cyclistes qui ont un problème médical comme l’a justement mentionné Damien.

Les AUT avec le fonctionnement actuel, c’est non ! Par contre, avec un système d’encadrement beaucoup plus strict et un consortium de médecin pour les attribuer, c’est oui !

🏆 Alexandre remporte ce débat, dans l’état actuel des choses.

Nicolas Jacquemard

Poster un Commentaire

avatar
  S'abonner  
Me notifier des