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Fair-play financier, un système déjà à bout de souffle ?

Nicolas Jacquemard

Publié le

Manchester City est de nouveau dans la tourmente selon le New York Times, alors que d’autres clubs comme le PSG ont vu le couperet passé bien proche. Si son but est louable, le fair-play financier est-il déjà en train de montrer ses limites ?

Pour rappel, le fair-play financier a été instauré après l’arrivée des milliardaires, du Golfe notamment, dans le monde du football. Le but principal était alors de réguler les investissements pour ne pas trop créer de déséquilibre entre les clubs. La consigne de base pour tous était assez simple : un club ne peut pas dépenser plus que ses revenus. Il est donc, en théorie, impossible d’acheter des joueurs au prix fort avec de l’argent injecté directement par le propriétaire. Moins contraignant et plus facile à mettre en place qu’un Salary Cap utilisé en Top 14 ou en NBA, le fair-play financier montre-t-il (déjà) ses limites ?

Des exemples qui vont dans le sens d’une limite atteinte

Il faut rappeler que plusieurs clubs ont déjà été épinglés par ce fair-play financier : Manchester City en 2014, ou plus récemment l’AC Milan. Le problème est bien souvent le même : les exercices comptables sont équilibrés, mais à quel prix ? Celui de la ruse et de la filouterie par les plus grands clubs européens. Le problème est de savoir comment peut-on juger qu’un contrat de sponsoring est trop gonflé ? Existe-t-il un barème européen sur les montants limites et les types de société ? Malheureusement, non. Et c’est bien, le plus souvent, de cette façon que les Qataris ou autres milliardaires contournent ce fair-play financier, en gonflant des contrats de sponsoring avec d’autres sociétés qu’ils dirigent, ou que des amis dirigent.

La deuxième possibilité pour contourner cette régulation est de consolider comptablement des revenus venant d’autres sociétés ou d’autres activités, afin de gonfler le chiffre d’affaires et donc, de s’autoriser de plus grosses dépenses. Une fois que l’on a compris la règle de base et les mécanismes pour le contourner, la question est de savoir si cela est pertinent et juste pour les clubs. Ce que l’on peut dire, c’est que ce FPF limite peut-être certains clubs, mais que quand ils ont des idées derrière la tête et envie de recruter à tour de bras, ils y arrivent très bien. Au fond, ce sont peut-être les clubs moins riches qui ont le plus de mal avec cette règle, car il ne peuvent pas faire d’apports « raisonnables » dans le but de recruter un joueur.

Si le fair-play financier est une solution plus facile à mettre en place à l’échelle européenne qu’un Salary Cap, celui-ci a une efficacité en termes d’équité qui est tout autre, et qui semble déjà désuète.

Nicolas Jacquemard

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