Florian Bourrassaud intègre le Top 100 mondial, « un rêve d’enfant » se réalise
TENNIS DE TABLE – Dans l’ombre des frères Lebrun et de Simon Gauzy, Florian Bourrassaud fait partie des nombreux pongistes français qui se sont illustrés cette année. Médaillé de bronze en double aux championnats du monde cet été, le Lyonnais a également brillé en simple ces dernières semaines, jusqu’à intégrer le Top 100 mondial début novembre. Pour Dicodusport, l’actuel 93ème joueur mondial revient sur son excellent cru 2025.
Pour la première fois de ta carrière, tu as intégré le Top 100 mondial cette semaine. Qu’est-ce que cela représente pour toi, et à quel moment as-tu commencé à y croire ?
Quand j’étais petit, on recevait tous les deux mois un grand catalogue dédié au tennis de table dans lequel figurait un tableau des 100 meilleurs joueurs mondiaux. Je rêvais d’y apparaître ! Le catalogue n’existe plus aujourd’hui, mais cela reste un rêve d’enfance très symbolique. Quand on s’inscrit sur le WTT, on avance dans l’inconnu, mais avec de grandes ambitions. Donc oui, j’ai toujours gardé cet objectif dans un coin de ma tête.
J’ai réellement commencé à y croire il y a très peu de temps, lorsque j’ai atteint la 140ème place mondiale. Puis mon gros tournoi au Kazakhstan (à Almaty) m’a permis de grimper à la 107ème place. En cette fin de saison, il me restait deux tournois, et je me disais qu’il fallait absolument finir l’année dans le Top 100. Ma demi-finale au Portugal m’a permis d’y entrer, avant même mon dernier tournoi de la saison à Düsseldorf.
93e mondial 🥲 pic.twitter.com/9N7Dbc1ZtZ
— Bourrassaud Florian (@lebourrashow) November 11, 2025
Entre ta progression au classement et les exploits réalisés, notamment face à An Jaehyun (15ème mondial), considères-tu avoir franchi un nouveau cap cette année ?
Oui, j’ai même franchi plusieurs caps ! J’avais déjà réussi à battre des joueurs du Top 50 il y a deux ans, notamment Alexis Lebrun (alors 28ème) et Sora Matsushima, qui explose en ce moment. An est mon premier Top 15, donc il y a eu une vraie progression. Par ailleurs, j’ai joué ma première demi-finale sur le circuit la semaine dernière (WTT Feeder de Vila Nova de Gaia), j’ai disputé un quart de finale en Contender le mois dernier, un troisième tour de qualification en Grand Smash… Sur cette seconde partie d’année, un vrai cap a été franchi, juste après les championnats du monde.
✨ Nouveau membre du top 100 après une belle semaine au Feeder de Vila Nova de Gaia, Florian Bourrassaud poursuit sur sa belle lancée avec un beau succès contre An Jaehyun ce soir en PRO A.
Solide 💪 pic.twitter.com/yaGIwFbSdJ
— Rémy Larquetoux (@RLarquetoux) November 11, 2025
Comment as-tu vécu ces championnats du monde historiques, où avec Esteban Dorr, vous avez mis fin à 28 ans de disette pour les Bleus en décrochant le bronze ?
C’était incroyable. À la base, on était loin de l’équipe de France en simple et on a commencé à s’associer. Notre objectif initial était les championnats d’Europe, puisqu’une place était à saisir derrière les frères Lebrun. On a tout fait pour y parvenir, mais on s’est ratés lors du tournoi de sélection, ce qui nous a finalement conduits aux championnats du monde.
Je n’avais pas gagné un match en simple entre janvier et avril. Puis j’ai eu un déclic au printemps, et Esteban est arrivé à son meilleur niveau en mai. On est montés en puissance ensemble en se concentrant sur le double, et on a réalisé une préparation parfaite pour être dans les meilleures conditions. La compétition a été exceptionnelle. Moins de stress après l’échec aux Europe, on passe les tours un à un et on bat en huitièmes une paire censée être bien plus forte.
En quarts, la tête de série n°4 avait été éliminée, et on savait que ce match-là serait le match de notre vie. On n’était pas armés pour ce genre de rendez-vous, mais le fait d’exprimer mon stress à Esteban et au coach m’a libéré. On a joué un match de folie et livré notre meilleur ping dans le set décisif. Cette compétition, tu peux la rejouer dix fois : tu n’auras peut-être la médaille qu’une seule fois. C’est le genre de performance qui change une carrière, surtout quand la France attendait ça depuis près de 30 ans !

Comment expliques-tu la réussite de cette association fructueuse, qui vous a permis d’accumuler des résultats brillants (finale des WTT Finals, demi-finale de Grand Smash, 3ème place mondiale) ?
On a été colocataires à Metz entre 18 et 20 ans, et on fait tous les deux partie de la génération 2000. On s’est côtoyés en compétition, ce qui fait qu’on a toujours été assez proches. Nos caractères et nos styles de jeu sont très différents. On a appris à utiliser les forces de chacun en se livrant pleinement, ce qui nous a permis de connaître parfaitement les points faibles et les points forts de l’autre. Ce n’est jamais évident, car même si on peut être partenaires d’entraînement, on reste aussi adversaires. Cela a créé un véritable lien de confiance, et on s’est énormément entraînés pour atteindre nos objectifs.
Les meilleurs résultats de Florian Bourrassaud en 2025
En simple : 1/2 finale du Feeder de Vila Nova de Gaia, 1/4 de finale du Contender d’Almaty, 3ème tour de qualification au Smash européen, 1/4 de finale du Feeder d’Otocec.
En double : Médaille de bronze aux championnats du monde, 1/2 finale du Smash de Singapour, 1/4 de finale du Contender de Tunis.
Quels vont être tes objectifs en 2026 ?
On va se remettre progressivement en selle en double aux côtés d’Esteban. Les championnats d’Europe 2026 sont forcément dans un coin de notre tête. J’ai beaucoup progressé en simple, mais je vais devoir bien gérer les deux tableaux. Le double m’aide énormément, et désormais, j’ai aussi envie de me maintenir dans le Top en simple. L’équipe de France masculine compte cinq joueurs, et le cinquième est Top 40 mondial : c’est loin, mais pas inatteignable. J’ai la volonté de tout donner pour réussir.
Depuis quelques mois, tu réalises des vlogs via ta chaîne Youtube Le Bourrashow. Quelle est la genèse de ce projet ?
Dès mon adolescence, mon père filmait mes matchs pour qu’on puisse les revoir et les analyser. Je me suis inspiré de Jules Marie, mais aussi de potes qui ont commencé à faire des vlogs. Je me suis dit qu’il y avait quelque chose à faire avec mon style de jeu spectaculaire. Je ne voulais pas lancer le projet en compétition, donc j’ai attendu un stage en Corée. Je ne suis pas expert en montage, mais j’essaie de progresser petit à petit.
Le nom Bourrashow a été trouvé à l’aéroport, juste avant le décollage pour les championnats du monde à Doha. Avec ce qu’on a réalisé sur place, c’était un excellent choix ! La semaine dernière, au Portugal, je portais un t-shirt avec écrit Bourrashow, et l’arbitre m’appelait comme ça (rires).

Est-ce que cela peut être une future reconversion ?
Pour le moment, c’est uniquement pour le plaisir. Mais quand j’aurai plus de temps, lorsque je n’aurai plus de grands objectifs sportifs, cela pourra devenir une possibilité.
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