Gaëlle Millon, itinéraire d’une passionnée
Nous avons rencontré Gaëlle Millon, journaliste à Eurosport, qui a créé son entreprise d’animation de débats, de tables rondes et de soirées dans le milieu du sport.
Gaëlle, peux-tu te présenter en quelques mots ?
J’ai bientôt 35 ans, j’ai deux petits garçons et je suis journaliste depuis l’obtention de mon diplôme il y a 12 ans. J’ai passé 11 ans sur la chaîne L’Equipe que j’ai quittée en août 2016. Aujourd’hui j’ai une double activité, journaliste de manière ponctuelle pour Eurosport et entrepreneuse. J’ai crée ma société de conseils, de communication et d’animation d’événements.
Quel est ton parcours qui t’a vu arriver il y a quelques années sur L’Equipe 21 ?
J’ai eu un bac ES classique, j’ai ensuite été admise à l’IEP de Lyon et cela a été les trois années les plus enrichissantes pour moi. J’ai beaucoup appris en rencontrant des personnes formidables. C’est pendant cette formation là que j’ai affiné mon envie d’être journaliste et plus précisément journaliste dans le domaine du sport. C’est pour cela que j’ai effectué des stages et des mémoires pour me diriger vers cette branche. A l’issue de ces trois années, j’ai présenté les concours des écoles de journalisme et j’ai réussi celui du CELSA à Paris. Pendant les deux années dans cette école, j’ai encore accentué le trait au niveau sportif car je me suis rendu compte qu’il y avait plus de débouchés de ce côté-là, notamment en tant que femme qui connaissait le sport. J’ai effectué un stage déterminant en deuxième année à Europe 1 où je présentais les flashs de nuit, ce qui m’a beaucoup aidé. Mon diplôme en poche, j’ai rapidement pigé pour RMC et l’Equipe TV pendant 6 mois. J’ai dû faire un choix au moment des JO de Turin début 2006. Et j’ai opté pour la télévision.
Quel est ton meilleur souvenir en plateau ? Et le pire ?
Les deux sont liés en fait. Mon meilleur souvenir en plateau restera la couverture des JO de Londres en 2012. Depuis toute petite je suis une fan des Jeux Olympiques et en faisant ce métier mon objectif ultime était de les couvrir sur place. Le plateau avait été délocalisé au Club France où l’on ressentait l’ambiance des Jeux même si on n’était pas dans les stades. Ce fut une expérience incroyable de travailler sur deux émissions d’une heure par jour accompagnée d’une équipe de copains. Les champions venaient nous voir tous les soirs, c’était un rêve éveillé même si cela a été épuisant.
C’est aussi le pire souvenir car c’est mon plateau qui a été détruit par les handballeurs. Je me serais bien passée de cet épisode-là. Sur le moment je ne me suis pas rendu compte car je n’avais qu’une idée en tête c’était de terminer la dernière émission de la meilleure des façons. J’ai réalisé ce qui venait de se passer en sortant du plateau. Sur le coup je leur en ai voulu. Mais on s’est expliqué depuis, ils se sont excusés.
Tu crées aussi ton entreprise, G2M conseil, peux-tu nous en dire un peu plus ?
En quittant L’Equipe, suite au plan social, je me suis demandé ce que j’allais faire. Ayant une vie de famille, je n’avais plus envie d’être à la merci des plannings. Je voulais pouvoir m’organiser tout simplement. À la suite de l’animation des « défis du sport » à Limoges, je me suis dit que je pouvais effectuer mon métier d’une manière différente. Je me suis en fait rendu compte que cet exercice ressemblait vraiment à celui que je faisais à la télé. Pendant quelques mois je me suis donc renseigné sur le métier et j’ai pioché quelques conseils dans mon réseau. C’est comme cela qu’est partie l’idée d’animer des débats, des tables rondes et des soirées pour des marques, pour des fédérations ou pour des ligues. J’allais pouvoir mettre mon expérience au service des sportifs en leur proposant du média training. Mon objectif est de leur donner confiance et de leur expliquer qu’ils ont toujours quelque chose à dire. Depuis que j’ai lancé cette activité, je rencontre un bon nombre de nouvelles personnes et j’étoffe mon offre en fonction des demandes. C’est une expérience très enrichissante, dans la lignée de ce que j’ai fait en tant que journaliste.

Tu as rejoint Eurosport de manière ponctuelle, pourquoi avoir fait ce choix ? Est-ce que ton travail ou les méthodes de travail sont différents ?
Je travaille avec Eurosport pour des événements bien définis comme la Coupe de France en début d’année ou l’Euro féminin en ce moment. J’appréhendais mes débuts car, à l’Équipe, je venais de quitter une famille mais cela s’est vite dissipé grâce à la rédaction qui m’a accueilli chaleureusement. Le fonctionnement de la chaîne n’est pas simple avec Eurosport international et les deux chaînes (Eurosport 1 et 2), mais on m’a très vite guidé donc cela s’est bien passé. Pour les méthodes de travail, elles sont celles qu’on s’applique à soi-même. Je m’adapte aux personnes qui sont là et à leurs méthodes. Pour mes émissions, je garde ma ligne de conduite, je les travaille toujours autant surtout sur des sujets comme le football féminin qui n’est pas mon domaine de prédilection.
Tu présentes l’Euro féminin, que penses-tu de la couverture médiatique de l’événement et de l’avancée du football féminin en France ?
La couverture médiatique est plutôt bonne. Eurosport diffuse les matchs et ceux des bleues sont aussi diffusés en clair sur le service public. Après il y a toujours des choses qui me dérangent. Par exemple, le jour de l’entrée des filles dans l’Euro elles n’ont pas était en une du quotidien L’Equipe. Chacun doit continuer à faire avancer les choses en essayant d’en parler différemment et via les réseaux. Le foot féminin avance et j’espère que la Coupe du Monde 2019 en France fera encore plus avancer les choses. Il faudra absolument que le comité d’organisation se débrouille pour que les stades soient pleins. Pour moi, le bémol de cet Euro aux Pays-Bas est qu’un stade sur deux sonne creux.
Pour le sport féminin en général, j’imagine que tu dois voir d’un bon œil l’arrivée de Laura Flessel au ministère des sports ?
Oui forcément, en plus c’est quelqu’un que je connais bien. C’est un bel élan, j’espère qu’elle fera autant pour le sport féminin que le sport masculin. Elle est venue au premier anniversaire du magazine « les sportives », ce n’est pas anodin qu’elle ait accepté de venir malgré son emploi du temps très chargé, c’est un signal fort. C’est déjà bien pour elle qui réussit sa reconversion, elle est un bel exemple pour tous les sportifs et toutes les sportives. Et c’est une belle ambassadrice pour le sport féminin !
Si tu pouvais interviewer le sportif ou la sportive de ton choix, qui choisirais-tu ?
Comme je suis basketteuse, mon rêve ultime, et je crois que ce jour-là je rend mon dictaphone et mes crayons, c’est Michael Jordan. C’est le plus grand de tous les temps tous sports confondus ! Juste derrière, je pense que je mettrais Roger Federer. Les deux sont des beaux ambassadeurs de leur sport. Aujourd’hui, Jordan redonne à son sport en étant propriétaire d’une franchise, les Charlotte Hornets. Je n’ai pas dit mon dernier mot pour l’interviewer puisque Nicolas Batum est là-bas, j’y crois ! Nico si tu lis cette interview, je rencontrerai bien ton patron 🙂




Lecointre
27 juillet 2017 à 5h17
Bravo Gaëlle pour ta reconversion. Je te souhaite beaucoup de bonheur dans ce nouveau travail et j’espère te voir bientôt à l’Astroballe ! Bon été Simone des 3A