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Des Gones à Montréal (1/3) : Rémi Garde, l’enfant du pays

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Il y a quelques mois, le monde du football apprenait la signature en tant que coach principal de l’Impact de Montréal de Rémi Garde, ancien entraîneur, entre autre, de l’Olympique Lyonnais. Peu après, c’est une véritable colonie lyonnaise qui se retrouve dans la Belle Province puisque pas moins de trois autres anciens gones se joignent au projet canadien. Retour sur cet exode des rhodaniens.

Rémi Garde

Né le 03/04/66 à L’Arbresle (69)
Football
Club Actuel : Impact de Montréal (Canada)

Palmarès Joueur :
Champion de France D2 avec Lyon (1989)
Vainqueur de la Coupe Intertoto et Finale de la Coupe de la Ligue avec Strasbourg (1995)
Champion d’Angleterre, Vainqueur de la Coupe d’Angleterre et Charity Shiels avec Arsenal (1998)

Palmarès Entraîneur :
Vainqueur de la Coupe de France et du Trophée des Champions avec Lyon (2012)
Finaliste de la Coupe de la Ligue avec Lyon (2012 et 2014)

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Retour sur sa carrière de joueur

Véritable enfant de Lyon, ce natif de l’Arbresle a fait toute sa formation de milieu de terrain au sein de l’Olympique Lyonnais. Il y passe professionnel en 1988 et devient rapidement un homme de base de Raymond Domenech, alors entraîneur. Il incarne, déjà, la volonté du nouveau président, Jean-Michel Aulas, de faire confiance aux jeunes dans ce club. Rémi Garde participe activement à la remontée dans l’élite de l’OL où il a fini par devenir capitaine. Un meneur d’hommes. Une fois l’OL installé en D1, voici le temps de la 1ère campagne européenne, chère au président.

Comme un symbole, c’est lui qui marque le 1er but en Coupe d’Europe, le 1er depuis de longues années. Ses bonnes prestations à Lyon lui permettront de porter le maillot bleu 6 fois, appelé par le sélectionneur : Michel Platini. En 1993, il change d’air et s’en va à Strasbourg pour une durée de 3 ans. Il disputera une finale de Coupe de France avant de franchir la Manche et de poser ses valises à Arsenal pour jouer sous la houlette d’Arsène Wenger. Encore une fois, Rémi Garde s’impose comme un leader en devenant le premier étranger à porter le brassard de capitaine des Gunners, preuve qu’il est un homme de confiance. Il raccroche les crampons en 1999 à 33 ans après, notamment un doublé Championnat-Cup en Angleterre en 1998.

Rémi Garde avec le trophée de Champion d’Angleterre – Colorsport

Après sa carrière de joueur, il se retourne dans son club formateur en 2003 pour faire ses armes d’entraîneur. Il grimpe les échelons en étant tout d’abord adjoint de Paul Le Guen puis de Gérard Houiller pendant l’hégémonie lyonnaise du début des années 2000. Il est alors à bonne école pour apprendre son métier. Il reste adjoint jusqu’en 2010 où il prend les rênes du centre de formation, outil performant sortant régulièrement des joueurs utilisés dans l’Europe entière. Il est au premières loges pour observer les futures pépites qui iront en équipe première. De plus, la politique du club est de se tourner vers son centre de formation, la priorité étant mise sur la construction du nouveau stade.

En 2011, après les saisons difficiles de Claude Puel en tant que manager général, le temps est venu de le remplacer par un entraîneur du cru. Rémi Garde s’impose rapidement comme le choix évident.

Un enfant du cru sur le banc

Depuis Bernard Lacombe au début des années 2000, c’est la première fois qu’un ancien du club prend en main les destinées de l’équipe élite. Adopté rapidement par les supporters, pour qui le courant ne passait plus du tout avec Claude Puel, Rémi Garde a la lourde tâche de remonter l’OL en haut de classement et de produire du jeu ; tout ça avec des restrictions budgétaires pour cause de construction du grand stade. Il va donc s’appuyer sur le centre de formation et réaliser un bon mélange entre grognards et jeunes pousses. En effet, il lance dans le grand bain les futurs tauliers de l’équipe, transférés depuis, que sont Alexandre Lacazette, Corentin Tolisso ou Samuel Umtiti.

Il prône un jeu offensif et parvient à amener le club pour sa douzième saison consécutives en Ligue des Champion après un tour préliminaire. D’ailleurs, nombre de suiveurs se rappellent du gros score à Zagreb (7-1), avec un quadruplé de Gomis, permettant d’arracher la qualification en 8ème de finale. Lyon renoue enfin avec les trophées avec la Coupe de France 2012, dernier sacre en date. Comme un symbole, c’est Lisandro Lopez qui marque. L’ancienne génération qui termine son aventure. En effet, peu après cette victoire, un grand nombre d’historiques quittent le club : Lloris, Kallstrom, Cris… Une page se tourne, une nouvelle s’ouvre, axée sur l’économie et la formation.

La suite du mandat lyonnais de Rémi Garde est plus compliquée d’un point de vue résultats (une seule finale en Coupe de la Ligue perdue contre le PSG) mais la philosophie de jeu reste présente et les jeunes pousses montrent de grandes choses. Anthony Lopes gagnant au fur et à mesure ses galons de titulaire, Umtiti s’affirmant de plus en plus en patron de défense, Corentin Tolisso commençant son ratissage au milieu et Alexandre Lacazette enfilant des buts comme des perles ont un point commun : lancés en élite par Rémi Garde. Un formateur qui prône le jeu. Il faut dire qu’il a été à bonne école avec un ancien entraîneur comme Wenger et des formateurs comme Houiller ou Le Guen. Son dernier fait d’arme est l’élimination par la Juventus de Turin en 1/4 de finale de la Ligue Europa dont les Lyonnais n’ont nullement à rougir tant ils ont joué yeux dans les yeux avec les Italiens. Un manque d’expérience leur a été finalement fatal. Rémi Garde a laissé de bons souvenirs aux suiveurs de l’OL, même si il a perdu des derbies et terminé derrière l’honni voisin une fois en championnat. Rémi Garde quitte le club en 2014.

Rémi Garde et Alexandre Lacazette – Sky Sports

Une suite plutôt anglophone

Sans club depuis juin 2014, Garde retourne en Angleterre pour tenter une mission suicide avec Aston Villa. Il a pour objectif d’atteindre le maintien mais la mission est trop compliquée. Arrivé peu avant le mercato hivernal, il n’a pas pu renforcé son équipe qui a continué son implacable descente aux enfers. Un bilan très insatisfaisant (3 victoires en 23 matches toutes compétitions confondues) le pousse au divorce par consentement mutuel des deux parties. A la recherche d’un nouveau challenge depuis, il a trouvé un point de chute de l’autre côté de l’Atlantique.

En effet, il signe le 8 novembre 2017 un contrat avec l’Impact de Montréal qui évolue en Major League Soccer. Il a pour charge de redorer le blason bleu et noir, en difficulté les années précédentes, notamment depuis le départ de Didier Drogba. D’autant plus que le champion en titre est Toronto et qu’il y a souvent une rivalité sportive entre les deux villes. Gageons que Rémi Garde saura piocher dans les pépites de l’académie et arrivera à mettre en place un jeu intéressant pour se qualifier en série éliminatoire en 2018. De plus, sa nomination peut également être un coup marketing en permettant une meilleure visibilité du club, et du championnat, en France, notamment à Lyon. Il a gardé des attaches à Lyon puisqu’il a récupéré l’entraîneur des gardiens : Joël Bats, qu’il a côtoyé pendant plusieurs années à l’OL.

Damien Meunier


Journaliste/rédacteur depuis décembre 2016 - Amateur professionnel de sport, d’abord le football, j’aurais pu en faire mon métier. Mais bon, vous savez les … non, pas les croisés, ils vont bien eux. Juste un manque de talent, de technique et de niveau surtout. Mais cette passion est ancrée en moi telle la pomme dans la tarte tatin. Le côté suiveur/supporter est évidemment important au quotidien, que ce soit un soir de juillet 1998 en banlieue lyonnaise ou de juillet 2018 à Montréal. Car oui, depuis ma France natale, j’ai migré outre-Atlantique, au pays des caribous. Là, le football se joue à la main et non au pied. Et surtout, la religion sportive est plutôt froide et se joue avec une crosse. Non, ce n’est pas le curling ni le Lacrosse, encore que, mais le hockey sur glace. Une autre vision, une autre culture. On troque les crudités devant la télé pour une poutine et on s’installe avec notre chandail pour suivre cela. Et en moins de temps qu’il ne faut pour le dire, ou la vitesse d’un slap shot de McDavid ou un arrêt de la mitaine de Price, j’écris sur de l’actualité par ici mais aussi le sport féminin, pas assez mis en avant.

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