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Graham Potter, le magicien des Seagulls de Brighton

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Premier League Graham Potter nouvel entraîneur de Chelsea
Photo Icon Sport

PREMIER LEAGUE – Tombeurs  le week-end dernier du Manchester United d’Erik Ten Hag, les joueurs de Brighton sont entraînés depuis déjà trois saisons par l’Anglais Graham Potter. Celui qui a un master en intelligence émotionnelle a même réussi à installer les Seagulls dans le top 10 de la Premier League l’an dernier. 

Wingardium Leviosa, non vous ne vous trompez pas de Potter. Même si son homonyme Harry, est un magicien de renom dans la littérature anglaise, Graham coach de football, est lui aussi un magicien à sa manière. Et si le premier sortilège qu’apprend Harry Potter à l’école des sorciers est celui de la lévitation, pour Graham, c’est aussi de lévitation qu’il s’agit lorsqu’il fait soulever les foules et les tribunes, après les performances de son équipe. Adepte du beau jeu et de la volonté de donner du plaisir à ses supporters, l’Anglais a pourtant un parcours atypique en Premier League.

S’il a commencé à entraîner en 2011 à seulement 36 ans, c’est d’abord en Suède qu’il exerce pendant 7 ans, avant de connaître le Championship avec Swansea et de découvrir enfin la première division anglaise avec Brighton. S’il a connu la 15 et 16ème place lors des premières saisons, la dernière a été celle de la confirmation d’un schéma de jeu et d’un plan tactique qui marche à merveille. Avec plus d’efficacité dans les derniers mètres, ses Seagulls sont devenus la véritable attraction de la Premier League, terminant même à 1 point de Leicester, et surtout 5 points de West Ham premier qualifié pour les coupes d’Europe. Avec une neuvième place glanée, le club atteint le meilleur classement de son histoire en première division, et surtout depuis sa remontée en 2017, après 34 ans d’attente.

L’apprentissage par la culture

Pourtant qui aurait cru qu’à l’hiver 2010, alors coach d’une équipe suédoise, qui venait de descendre en quatrième division, que personne ne voulait entraîner, que ce coach anglais se retrouverait à se faire complimenter par un certain Pep Guardiola dix ans plus tard. Graham Potter a débuté sa carrière de joueur professionnel en 1992 du côté de Birmingham City. Ce défenseur d’1,85m va connaître toutes les divisions anglaises et de nombreuses équipes dont notamment Stoke City, qui a comme un symbole, le surnom des Potters, avant de découvrir la Premier League à Southampton. C’est à York City qu’il disputera le plus de matchs (131) avant de conclure sa carrière à Macclesfield Town en quatrième division alors âgé de seulement trente ans.

Miné par les blessures, il préfère tout de suite se reconvertir en tant qu’entraîneur et entame donc des études à l’Open University en sciences sociales, en plus de son master en management et intelligence émotionnelle qu’il a déjà en poche. Il réalise là-bas une thèse sur l’importance de l’image véhiculée et de l’autonomie dans le développement individuel. Des diplômes et études qui lui serviront par la suite pour comprendre encore plus l’intelligence et les besoins du corps humain notamment avec ses joueurs. Il devient donc par la suite enseignant du développement du foot dans les universités de Hull et Leeds, et devient même adjoint de l’équipe universitaire d’Angleterre. Il prend part à la Coupe du monde féminine 2007 avec le Ghana où il officie en tant que directeur technique de la nation.

À l’abordage de la Suède

Mais c’est en 2011 que tout va décoller pour lui. Si son parcours atypique n’attire pas les foules, le nouveau président du club suédois d’Östersund FK, un certain Daniel Kindberg, décide de le faire venir dans le froid scandinave. Tout juste alors relégué en quatrième division, le nouveau président confie la lourde tâche à Potter de remonter le club en haut de l’affiche. Sans identité propre du club et du jeu, cette équipe créée en 1996 n’a aucune culture propre. C’est le coach lui-même qui explique les difficultés d’entraîner un club comme ça. « Pendant les deux premières années, il était impossible de faire venir des gens du sud de la Suède parce qu’il n’y avait ni histoire, ni tradition, ni culture […] Nous devions donc fournir une identité, un style de football qui pouvait être intéressant pour les gens et sortait de la culture suédoise traditionnelle”

Il prend malgré tout le risque de s’installer dans cette destination pas vraiment paradisiaque, où la ville est plus connue pour ses manches de Coupe du monde de biathlon plutôt que son club de foot, et surtout son rude climat qui fait effet avec la froideur de la population. Pourtant rien n’effraie le natif de Solihull qui arrive à faire monter l’équipe de deux divisions pendant deux saisons d’affilée. En bouleversant la philosophie du club, Potter va grâce à ses études, utiliser ses talents dans le management des émotions humaines pour les mettre au centre du projet. Avec une volonté d’avoir des joueurs culturellement fort il va jusqu’à organiser chaque année des projets cultures avec le club, les salariés et les joueurs. Passant des pièces de théâtre, aux concerts, aux spectacles de danse, tout le monde y participe et souvent c’est pour la charité et les bonnes œuvres. Ainsi, culture, audace et unité sont les concepts primordiaux de la tactique de l’entraîneur anglais.

L’Europa League comme consécration

Des résultats qui lui permettent d’atteindre même la première division suédoise et de s’établir sereinement dans l’élite du football local. Son avènement apparaît en 2017 lorsqu’il remporte la Coupe de Suède et dispute alors les phases qualificatives pour l’Europa League. Le club défait notamment les Turcs de Galatasaray, les Luxembourgeois de Fola Esch et les Grecs du PAOK Salonique pour obtenir son ticket pour la phase de groupes de la compétition. Terminant deuxième d’un groupe composé de l’Athletic Bilbao, de l’Hertha Berlin et du Zorya Louhansk, Östersund se qualifie pour les seizièmes de finale pour sa première participation en coupe d’Europe où il est éliminé par les Anglais d’Arsenal.

Une performance symbolique pour celui qui attire désormais tous les regards de son pays de naissance. Mais c’est en juin 2018 qu’il quitte Östersund, après sept ans de loyaux services pour rejoindre Swansea en deuxième division anglaise. Il n’y passera qu’une saison avant de rejoindre la Premier League et l’un des clubs les moins cotés du championnat, Brighton & Hove Albion. Récoltant 41 points sur ses deux premières saisons, l’ex-joueur de West Bromwich Albion sauve à chaque fois son club de la relégation avec les mêmes principes, celui d’un jeu attrayant. Mais s’il fait preuve d’un manque d’efficacité dans le dernier geste à cause de son très jeune effectif, il reste l’un des adversaires les plus redoutés, notamment chez les gros où il s’amuse à faire tomber des têtes.

Encensé par les meilleurs

En battant Manchester City, Arsenal, Manchester United ou encore Tottenham, l’équipe de Graham Potter est devenue une équipe piège pour tout le monde. Plus avec la possession, elle n’hésite pas à la laisser face aux gros pour évoluer efficacement en transition. Plébiscité par ses pairs l’an dernier comme Marcelo Bielsa. « Ils ont beaucoup de diversité tactique. Ils traitent très bien le ballon et c’est une équipe qui a un bon équilibre entre l’attaque et la défense. » Mais c’est surtout du côté de Pep Guardiola, une des idoles de Potter, qu’il faut trouver le meilleur compliment possible.

C’est une très belle équipe, j’aime les regarder jouer. Nous allons avoir un match très difficile, les gars le savent, je suis un grand fan de Graham Potter, nous sommes impatients. Avait-il confié l’an dernier avant d’affronter Brighton. Peu importe si vous êtes une équipe de haut niveau ou si vous avez la qualité de joueurs que nous avons, quand vous êtes face au Brighton de Graham Potter ce sera toujours difficile, nous le savons.

Que la magie continue

Lors de la première journée de championnat il a encore récidivé en s’imposant sur le score de 2-1 pour la première fois de l’histoire du club à Old Trafford, face à une équipe de Manchester United totalement dépassée par le collectif des Seagulls. Avec des automatismes installés depuis plusieurs saisons, portées par Leandro Trossard et Pascal Gross sur les côtés, mais aussi Alexis MacAllister et Adam Lalana dans l’axe. Malgré la perte de Marc Cucurella qui vient de signer à Chelsea pour 65M€, les Albions peuvent encore compter sur des joueurs de qualité comme Neal Maupay, Tariq Lamptey ou encore Moise Caicedo. 

Avec la culture comme doctrine de départ, l’Anglais pourtant pas natif de Poudlard est bien en train de réussir son tour de magie. Effaçant tour à tour les doutes et les scepticismes à son sujet, Graham Potter a la volonté de placer son équipe de Brighton dans les meilleures équipes de la ligue dans les années à venir, et pourquoi pas tenter de retrouver une coupe d’Europe, à l’instar de son homonyme qui a déjà remporté la Coupe de feu.


Fan absolu de foot et d'un certain club à l'étoile en bleu et blanc. Amateur de beau jeu et d'Argentins au pied gauche magique. Passionné de sport US (NBA, NFL, MLS) et loyal à la Damian Lillard. Je suis là pour vous apporter tout ce que le sport peut nous donner.

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