Handball : Malgré la gagne, le jeu offensif des Bleues fait débat
HANDBALL – L’équipe de France féminine est invaincue en 2023, avec quatre victoires en autant de matchs. Malgré tout, des interrogations se posent autour de cette équipe et de son jeu offensif, avec une incapacité à dépasser la barre des 24 buts. Analyse.
23,25 buts de moyenne en 2023
24 buts lors des deux matchs contre la Suède, avec des victoires 24-18 et 24-22. Vingt-deux et vingt-trois face au Brésil (22-18 et 23-18). On ne peut pas dire que l’équipe de France remporte ses matchs grâce à son attaque de feu, loin de là. On le savait, le chantier des Bleues était sur le plan offensif, après une fin d’Euro 2022 en eau de boudin (20 buts en demies contre la Norvège et 25 buts pour le match de la 3e place contre le Monténégro). Deux matchs soldés par deux défaites qui entachent une compétition qui était bien partie.
Surtout, on ne sent pas de progrès offensifs au fil des matchs. Avec un compteur de buts qui reste bloqué. Et une première mi-temps bien compliquée ce mardi contre le Brésil, avec huit petits buts inscrits.

Une animation offensive qui fait débat
Si on devait pointer la chose qui a bien marché ce mardi, ce serait les montées de balle rapides, avec la supersonique Estelle Nze Minko à la conclusion. L’arrière a marqué cinq des neuf premiers buts des Bleues contre les Brésiliennes. Sinon, cette équipe de France a fait preuve d’une certaine lenteur dans son animation offensive, ne parvenant pas à contourner le bloc brésilien. Tout était bien parti pourtant, avec un peu de vitesse pour propulser Orlane Kanor sur les deux premiers buts tricolores. On le sait, l’arrière gauche a besoin de jouer lancée pour être performante au shoot. Elle ne sera quasiment plus trouvée ensuite.
Les Bleues ont également coincé sur les ailes. Il a fallu attendre la 29e minute pour voir le premier tir de Coralie Lassource, en échec sur sa tentative. Et c’est un mal récurrent. Car si l’ailière gauche a inscrit des buts, lors du premier match face au Brésil, c’est surtout grâce à des contre-attaques, et non sur des décalages à l’aile. Idem à droite, avec des Alicia Toublanc et Lucie Granier peu servies.
L’animation des Bleues s’appuie principalement sur la force individuelle, avec des exploits des arrières. Quand celles-ci sont moins performantes, c’est toute la mécanique qui se grippe. Et la relation au pivot, que ce soit avec Pauletta Foppa ou Oriane Ondono, n’a pas été excellente. C’est d’ailleurs là où Grâce Zaadi, absente dans ce rassemblement, a cruellement manqué. Elle qui est souvent capable de réaliser la bonne passe.
Il faudra augmenter le curseur
Heureusement, lors de ces quatre matchs, la défense a répondu présent, avec trois rencontres à 18 buts encaissés et une à 22, pour une moyenne sous les 19 buts concédés, face à la Suède, qui est parmi les huit meilleures nations du monde et le Brésil, la meilleure équipe sud-américaine. Mais les Bleues ne peuvent se contenter de cela. Notamment pour aller loin dans des grandes compétitions, avec les championnats du monde qui se profilent en décembre prochain. Et surtout les JO de Paris, dans un peu plus d’un an. Une compétition de laquelle les Bleues sont tenantes du titre. Et être incapable de marquer plus de 24 buts dans un match sera rédhibitoire.
Pour gagner les JO de Tokyo, les Bleues ont marqué 29,1 buts de moyenne dans la compétition. Pour un pire match à 25 pions, lors de la défaite en poule 28-25 contre l’Espagne. Pour remporter l’Euro en 2018, elles ont marqué 27,1 buts de moyenne dans la compétition. Avec un match à 21 buts, lors du match nul contre la Suède (21-21), au tour principal. Enfin, lors du Mondial 2017, premier sacre de cette génération, les Françaises avaient marqué 27,3 buts de moyenne. Avec deux matchs à 23 buts, lors de la défaite inaugurale contre la Slovénie (23-24) et en finale pour remporter le titre face à la Norvège (23-21).
De tout temps, les Bleues n’ont jamais été des machines à marquer plus de 30 buts. Mais cette différence entre 27 et 24, c’est ce qui peut faire la différence entre une victoire étriquée ou une courte défaite. Entre un grand parcours ou une élimination plus précoce.



