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Handisport : Mickaël Carlier, le nouveau champion d’Europe de Cofidis

Maxime Cazenave

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Handisport - Mickaël Carlier, le nouveau champion d’Europe de Cofidis
Photo via Twitter Mickaël Carlier

Double champion d’Europe sur le contre-la-montre et en ligne, Mickaël Carlier réalise une grosse saison. Au sein de la catégorie Élite C4, le paracycliste de l’équipe Cofidis est l’une des forces dominantes de sa catégorie. Avec lui, nous revenons sur son début de saison de très haut niveau dans une discipline peu visible.

Si l’équipe Cofidis a du mal à remporter des courses sur le circuit World Tour depuis le début de saison, l’équipe de Cédric Vasseur a pu se vanter d’avoir en ses rangs le champion d’Europe la saison dernière, Elia Viviani. Mais si le sprinteur italien ne revêt plus ce beau maillot distinctif, la Cofidis en a récupéré récemment. Dans la section paracyclisme, Mickaël Carlier a réussi cette performance, qui plus est sur les deux épreuves (contre-la-montre, en ligne) ! Une performance qui fait de lui l’un des fers de lance du paracyclisme français.

Une carrière débutée sur le tard

Âgé de 37 ans, le coureur français évolue au sein de la catégorie Élite C4. Ce qu’il faut savoir, c’est que la discipline dispose de nombreuses catégories en fonction du degré de handicap des concurrents. Ainsi, Mickaël Carlier est dans l’une des différentes catégories de « vélo solo » comme il nous l’explique : « Je suis dans la catégorie MC4, le M correspondant à Men, et C4 à la classe sportive cyclisme solo. En cyclisme solo, il existe 5 classes de handicap, de C1 pour la classe des handicaps les plus lourds jusqu’à C5 pour la classe aux handicaps plus légers ».

Cycliste dans ses jeunes années, le paracycliste avait ensuite fait une croix sur la compétition pendant une dizaine d’années pour sa carrière militaire. Mais il subit un grave accident lui faisant perdre des sensations à la jambe gauche, et surtout au niveau du tibia. Revenu au vélo pour sa rééducation, il commence alors à vouloir de nouveau se remettre à la compétition, mais en intégrant le paracyclisme.

« J’ai débuté le paracyclisme en 2019, après avoir effectué ma classification nationale sur la manche de Coupe de France Cofidis à Longchamps ». Une fois cela validé, il participe à une manche de Coupe du monde en Italie pour valider définitivement sa classification au sein de la catégorie Élite MC4, et commencer une nouvelle carrière.

Un investissement fort de l’équipe Cofidis

Très investi dans le cyclisme depuis bientôt trois décennies, Cofidis s’est mis en parallèle au paracyclisme depuis 2009. Aux côtés de Mickaël Carlier, on retrouve d’autres athlètes aux handicaps plus ou moins lourds évoluant dans les différentes catégories au sein de la section à l’image de Katell Alençon ou Valentin Sicot. Pour le paracycliste de 37 ans, cet engagement est un soutien fort.

« La plus grande des avancées reste l’investissement depuis plus de 10 ans de l’équipe cycliste Cofidis pour ses athlètes handisports. L’équipe est d’un grand soutien pour nous, d’un point de vue matériel, logistique, entraînement ou stage entre autres. Nous bénéficions des mêmes conditions que les coureurs professionnels, des mêmes vélos, des mêmes tenues, et nous participons aux stages en début de saison avec eux. »

Dirigée par la responsable du pôle handisport, Valérie Alexandre, la section met donc tout en œuvre pour apporter le soutien nécessaire à ses athlètes malgré le peu de visibilité que cela apporte. A l’exception des Jeux paralympiques, il est très compliqué de pouvoir voir ou même entendre parler dans les médias de ces épreuves. Un manque de médiatisation que « regrette » Mickaël Carlier.

Double champion d’Europe

Cependant, ce dernier ne se laisse pas abattre et a gravi les échelons rapidement pour devenir une référence dans catégorie. Depuis le début de la saison, il réalise ainsi une saison remarquable. Troisième du Tour des Flandres ou encore deuxième d’une manche de Coupe du monde à Ostende, il a atteint le summum sur les premiers championnats d’Europe de paracylisme.

Engagé sur le contre-la-montre et l’épreuve en ligne, il a ainsi décroché la victoire sur les deux épreuves : « Ces deux victoires sont une récompense, et une reconnaissance du travail fourni pendant ces dernières années. J’étais très heureux d’apporter les tous premiers maillots de champion d’Europe à l’équipe Cofidis Handi, le même qu’a pu porter Viviani l’année dernière ».

Cela lui a également permis de prendre la tête du classement mondial durant une semaine (actuellement 3e). Oui, il n’y a pas que Julian Alaphilippe qui peut dominer le classement UCI sur une bicyclette ! Pour le coureur, ce classement a évidemment une importance, et est également un véritable objectif : « Le fait d’être numéro un mondial représente quelque chose d’énorme. Je suis actuellement 3ème, et proche des deux premiers. Finalement, je n’ai pas pris trop de retard après les championnats du Monde, et je compte bien reprendre la première place lors de la compétition internationale début juillet en Espagne. Je me suis donné comme objectif ce classement mondial pour la fin de saison. Un podium serait incroyable, et la première place extraordinaire. »

Pas de championnats du monde, ni de Jeux Paralympiques

Les championnats du monde justement, parlons-en. Ces derniers se sont déroulés il y a une dizaine de jours à Cascais, au Portugal. Malgré ses bonnes performances, Mickaël Carlier n’a pas été sélectionné. Une véritable surprise puisque malgré un chrono décevant durant la manche de Coupe du monde en Belgique (6e), il avait également obtenu une deuxième place en ligne (2e), tout en occupant la 4e place du classement mondial. Une anomalie que ce dernier a eu du mal à avaler sur le coup, mais qui lui donne encore plus de motivation. Il confie donc que dans ses victoires lors des championnats d’Europe, il n’y a pas de sentiments « de revanche, mais c’est un moyen de prouver que je peux répondre présent lors d’une sélection nationale ».

Ce n’est pas la seule déception puisque ce lundi, le comité paralympique a dévoilé une liste de dix coureurs qui iront défendre les couleurs tricolores à Tokyo. Là encore, Mickaël Carlier ne figure pas sur la liste malgré ses performances de très haut niveau. « La liste vient de tomber et comme je m’en doutais déjà depuis longtemps, je ne suis pas dessus, précise-t-il. Ce n’est pas une surprise. Je me suis déjà fixé d’autres objectifs ».

Il va donc se concentrer à fond sur la Coupe du monde, tout en continuant à enchaîner les courses. Que ce soit lors des compétions paracyclistes, ou bien lors de courses amateurs avec les valides. Récemment, il a pris part au Tour du Boischaut sous le maillot de l’Équipe de France Militaires. Malgré les coups, l’homme de 37 ans n’est pas prêt de baisser les bras, et compte bien prouver que sa place est en Équipe de France. Comme devrait l’être celle de tout champion d’Europe.


Journaliste/Rédacteur depuis 2012 - Bercé par l’amour des Girondins de Bordeaux, les échecs de Christophe Moreau sur le Tour de France sous l'ère Lance Armstrong et le fade-away létal de Dirk Nowitzki, ma passion dévorante pour le sport a toujours été un pan incontournable de ma vie. Transmettre ma passion à l’écrit a toujours été une vocation. Quand les autres sortaient les cartes Pokémon ou Yu-Gi-Oh dans la cour de l’école, je ripostais avec des cartes Panini ou des fiches Onze Mondial. La puissance de Jean-Claude Darcheville n’a pas d’égal.

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