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Histoire

Les matchs de légende de Roland-Garros (1/3) : Federer – Djokovic 2011

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Remis pour le moment au mois de septembre, le tournoi de Roland-Garros est une victime collatérale de la crise de la Covid-19. L’occasion de se replonger dans les matchs qui ont enflammé l’ocre parisien. Aujourd’hui, la demi-finale de 2011 entre Roger Federer et Novak Djokovic.

On pense souvent que le tennis est une affaire d’œil et de bras. Il arrive aussi pourtant qu’il soit affaire d’oreille. Le 3 juin 2011, sur le court central Philippe-Chatrier, le tennis était alors histoire de bruits et de sons.

Le bruit des hourras

Le bruit du public d’abord qui accueille dans son arène les deux combattants du jour. Une ferveur à tout rompre que vient encourager le goût du sang et le nom des deux concernés.

D’un côté Novak Djokovic, 2e mondial, favori, 42 victoires d’affilée et assuré d’être numéro 1 à l’ATP s’il atteint la finale. Il y rejoindrait Rafael Nadal qui vient de disposer d’Andy Murray sèchement 6/4-7/5-6/4. Il sait que s’il bat sa majesté helvète, enchaînant ainsi une inédite 43ème victoire à la suite, jamais le Majorquin n’aurait jusqu’alors rencontré plus féroce adversité en finale de son tournoi de Roland-Garros. De l’autre, Roger Federer, légende vivante aux 16 tournois du Grand Chelem et 17 Masters-1000 et idole de tout un peuple du tennis. Les hourras iraient plutôt vers le Suisse, pour l’Histoire. Aussi parce que le public français est par tradition acquis aux outsiders et aux esthètes.

La mélodie des balles

Le son ensuite des balles qui sortent des raquettes des deux protagonistes. Un son clair, sibyllin, un son sans équivoque : les points sont parfaits. Pas ou presque pas d’échanges moyens, la balle est frappée avec force et détermination, sans aucune hésitation en plein cœur du tamis. C’est un concerto pour raquettes et balles jaunes joué prestissimo. Les coups droits croisés répondent aux revers long de ligne ; les aces ponctuent la partition. C’est la mélodie du bonheur. Le public est extatique, il en redemande, encourage et bisse.

Harmonie pour les pieds à Roland-Garros

Harmoniquement, ce n’est pas mal non plus. L’intensité des courses fait entendre le pas cadencé et parfaitement en rythme. On entend le moindre pas d’allègement, la plus petite glissade, tous les placements d’ajustement. Il s’agit de n’être jamais en retard, toujours bien placé, le plus solidement ancré possible pour remettre avec la même lourdeur et la même précision les missiles, les notes ou les balles – on ne sait plus, que l’adversaire renvoie inlassablement.

On pourrait être saoulé de tant de notes, de tant de points, de tant de beauté. Tout le monde est ivre de chaque replacement, de la moindre montée au filet, de chaque poing serré. On entendra à peine Roger Federer quand il aura fini de dominer Novak Djokovic en 3 heures et 39 minutes 7/6, 6/3, 3/6, 7/6 tant la ferveur de la foule du Chatrier est grande pour remercier les deux hommes de la symphonie offerte. La joie est contenue, il sait que l’homme qui vient de déposer les armes à ses pieds, comme Jack Butler pose la guitare aux pieds d’Eugène Martone, est un autre immense soliste.

Un mois plus tard, Novak Djokovic deviendra bien numéro 1 mondial à Wimbledon, c’était une question de temps. Roger Federer aura entre temps perdu une nouvelle finale à Roland-Garros contre Rafael Nadal. On pense alors qu’il ne gagnera pas de sitôt de Grand Chelem vu le niveau de ses deux concurrents et son âge. On se trompait. Tant mieux.

Pour revoir les meilleurs moments du match :

JMPPMJ


Journaliste/rédacteur depuis mai 2018 - Dans mon sang coule à la fois le feu des penne à l'arrabiata et la glace du Grand Colombier. Amoureux des belles lettres et des Talking Heads, je supporte un club olympique. Intéressé par les relations qu'entretient le sport avec la société, je m'intéresse autant à Marc Cécillon qu'à Pep Guardiola, à Tonya Harding qu'à Philipp Roth. Enfant des 90's, on ne me fera pas croire qu'il y a eu plus beau à voir depuis Zinédine Zidane, Marco Pantani et Pete Sampras. La béchamel est une invention du diable, la Super Ligue aussi.

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