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Biathlon

IBU Cup : Amandine Mengin, une entrée express dans la cour des grandes

Maxime Cazenave

Publié le

Mondiaux Jeunes/Juniors de biathlon 2025 Amandine Mengin en bronze sur le sprint juniors, Anna Andexer sacrée
Photo IBU

IBU CUP 2024/2025 – Si Paula Botet a réalisé un exploit en Coupe du monde, Amandine Mengin a créé une sensation encore plus grande en IBU Cup. Pour ses trois premiers départs sur le circuit intermédiaire, la Tricolore a cumulé deux victoires, sans jamais terminer au-delà de la 2e place ! Des résultats détonants pour une jeune biathlète qui affirme cet hiver un énorme potentiel, resté en sommeil ces dernières années.

S’il y avait besoin d’une énième preuve pour se convaincre de la densité folle régnant actuellement dans le biathlon tricolore féminin, le weekend qui vient de s’écouler ne pouvait pas mieux tomber. Le bilan chiffré est tout bonnement resplendissant depuis le début de l’année. Et ce, peu importe les compositions.

Un premier weekend de rêve en IBU Cup

Malgré les remaniements effectués pour la Coupe du monde à Oberhof et l’IBU Cup à Arber, le collectif tricolore a continué d’empiler les résultats. Le tout, en voyant la jeunesse s’emparer progressivement du pouvoir. Promue sur le circuit roi, Paula Botet a détonné en remportant le sprint, tandis que Jeanne Richard et Océane Michelon ont fait preuve d’une belle régularité. Mais à l’échelon inférieur, cette folie s’est également prolongée. Du haut de ses 19 ans, Voldiya Galmace Paulin a claqué ses deux premiers podiums, mais c’est bien Amandine Mengin qui a littéralement retourné le circuit.

Débarquée comme une fleur pour prendre son premier départ en carrière en IBU Cup jeudi dernier, la Vosgienne n’était absolument pas attendue, dossard 73 sur le dos. Mais alors que la victoire semblait déjà être offerte à Sophie Chauveau, Mengin a aligné un sans-faute à la carabine, tout en réalisant un bon temps de ski pour rafler la mise. Deux jours plus tard, bis repetita ou presque sur le deuxième sprint, puisqu’elle gratte un deuxième podium en se hissant 2e dans un retentissant quatuor tricolore. Enfin, ce weekend de rêve s’est bouclé en apothéose. Avec un 20/20 à la carabine, elle a écrasé la concurrence pour s’offrir une deuxième victoire ! Deux victoires et une 2e place en cumulant un 39/40 au tir pour ses trois premiers départs en IBU Cup, le tout à 20 ans ? Difficile de trouver trace d’une telle prouesse.

Amandine Mengin, une opportunité saisie à pleines mains

Au sein d’une équipe de France où le talent n’a jamais été aussi présent, n’importe quelle biathlète est capable d’aller jouer les premiers rôles. Amandine Mengin l’a prouvé, elle qui est longtemps restée dans l’ombre. Effectivement, sa sélection à Arber lui permettait de mettre fin à près de trois ans en dehors du circuit international. Depuis sa participation au Festival Olympique de la Jeunesse de Vuokatti en 2022 (deux médailles décrochées), elle était ainsi restée en retrait, vivant deux hivers extrêmement compliqués. Malgré un gros potentiel discerné de longue date, et des résultats solides sur le circuit national, la densité folle des Bleues lui a longtemps fermé la porte.

Perfectible, la Vosgienne avait du mal à canaliser son stress sur le pas de tir. Des difficultés sur lesquelles elle a travaillé au fil des années, avec l’aide du préparateur mental Quentin Gouchet. Le travail s’est révélé payant puisque sa régularité a été impactée positivement.

Des énormes progrès qui se traduisent dans les résultats cet hiver

En parallèle, Amandine Mengin a continué à bosser sans relâche pour améliorer son ski, et devenir une biathlète bien plus complète, comme elle le confiait à Vosges Matin en octobre dernier : « J’ai progressé en ski, ce qui me met bien moins de pression sur le tir, là où je pouvais pêcher à cause du stress. Maintenant, je me dis que si je manque une balle, ce n’est pas un drame, alors qu’avant, je n’avais pas cette marge. Avant, une balle dehors et je ne jouais plus grand-chose parce que je n’étais pas capable de faire l’effort sur les skis. Aujourd’hui, ça joue de sentir que je suis en capacité de lutter sur la piste ». 





Cela s’était déjà ressenti à l’aube de cet hiver. Sur le circuit estival, la Tricolore s’était illustrée positivement en jouant des coudes avec les meilleures françaises actuelles. Sixième du Summer Tour d’Arçon entre Jeanne Richard et Océane Michelon, elle a également raflé le titre de championne de France U22 en multipliant les bons résultats. Une régularité qui s’est retranscrite immédiatement dès le retour de la saison hivernale. Après avoir franchi sans encombre le cap des sélections IBU mi-novembre, elle a multiplié les excellents résultats en Junior Cup, à Ridnaun (4e de l’individuel, 3e du sprint), comme à Goms (5e du sprint, 2e de la mass start). Avec des gros temps de ski, et une habileté convenable à la carabine (58/70), ses efforts ont été récompensés par une première participation historique à l’IBU Cup.

Une participation qui va en appeler d’autres, puisque ses performances à Arber lui ont de facto ouvert une place sur le circuit. Il faut dire qu’en trois courses, seule Gilonne Guigonnat est parvenue à la battre, tandis que même l’expérimentée Sophie Chauveau a dû s’incliner à trois reprises face à sa cadette. Suffisant pour avoir une nouvelle pancarte à assumer dès mercredi, l’IBU Cup faisant étape à Brezno-Orsblie cette semaine (13-18 janvier).

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