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Jean-Jacques Mulot, continuer à répandre la pratique de l’aviron

Nicolas Jacquemard

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Jean Jacques Mulot

A l’aube d’une nouvelle saison et à un peu plus de deux ans des Jeux Olympiques de Tokyo, nous avons rencontré Jean-Jacques Mulot, président de la Fédération Française d’Aviron.

Monsieur Mulot, pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Jean-Jacques Mulot, je suis président de la Fédération Française d’Aviron depuis 2003 et, plus jeune, j’ai eu la chance de participer à deux olympiades comme rameur. Actuellement, je suis aussi trésorier du comité paralympique du sport français après l’avoir été pendant 6 ans pour le comité olympique.

Quelle est la situation aujourd’hui pour la Fédération Française d’Aviron en terme de nombre de licenciés et de clubs ?

Il y a 420 clubs en France et en terme de licences, nous étions très proches des 50 000 en 2017. Le nombre de licenciés avait augmenté de 2% entre 2016 et 2017 mais les chiffres ne seront pas aussi bons cette année. Nous devrions avoir une légère diminution à cause, en grande partie, des nouvelles réglementations pour les certificats médicaux, qui ont été imposées à toutes les fédérations. Une fois que ces nouvelles règles seront assimilées, les choses devraient rentrer dans l’ordre pour les années futures.

Vous êtes arrivé à la tête de la fédération il y a maintenant 15 ans, quel est l’accomplissement dont vous êtes le plus fier ?

Je ne sais pas si « fierté » est le mot, mais je préfère parler de fierté collective car une fédération marche grâce à l’implication de tout le monde. Il y a deux choses, nous avons eu une progression interessante en terme de nombre de licenciés et il y aussi  nos résultats sur la scène internationale que ce soit aux Jeux Olympiques ou aux championnats du monde. Nous pouvons tous être fiers d’être dans une fédération qui marche bien et qui est en bonne santé malgré les difficultés qui peuvent exister dans les « petites » fédérations. Nous faisons notre chemin avec une certaine réussite et en véhiculant une belle image de notre sport.

D’un point de vue structurel, quelles sont les choses qu’il faut continuer à développer et les pistes de travail pour répandre encore la pratique de l’aviron ?

Je pense que nous devons continuer à travailler sur un maximum d’aspects. Que ce soit au haut niveau avec les rameurs qui sont en équipe de France mais aussi et surtout ne pas oublier les jeunes qui feront les équipes de France dans les années à venir et pour Paris 2024. Il faut que l’on continue à répandre la pratique de l’aviron à un public le plus large possible et continuer à développer « l’aviron santé ». C’est un sport complet qui est indiqué pour être prescrit dans le cadre d’une meilleure santé et peut même répondre à un certain nombre de pathologies. Nous avons aussi l’aviron indoor qui nous a été délégué complètement il y a 4 ans et qui peut permettre de toucher un certain public. Enfin, il faut que l’on continue à faire parler de nous via les réseaux sociaux par exemple. C’est un ensemble que nous devons continuer à travailler pour aller dans le bons sens.

Pour parler un peu du haut niveau, c’est un tournant pour l’aviron français avec la retraite de Jérémie Azou conjuguée à celle de Stany Delayre, qu’allez-vous retenir de leur carrière ?

Nous retenons l’ensemble de la carrière de ces deux grands champions qui ont apporté beaucoup à l’aviron français par leur performance ou leur conduite exemplaire. Jérémie, un peu devant Stany, car il a un palmarès encore plus étoffé, c’est un super ambassadeur pour notre sport et il continue à l’être même s’il a arrêté sa carrière internationale, peut-être momentanément qui sait ? 🙂 Aujourd’hui il a éprouvé le désir de faire un break et c’est quelque chose qui se comprend car la carrière d’un champion comme lui ne laisse pas beaucoup de place à autre chose que le sport. Stany est aussi un grand champion, qui a eu aussi de la malchance dans sa carrière, que ce soit sa blessure de 2013 qui lui coûte probablement un ou plusieurs titre mondiaux ou de ne pas être titulaire aux JO de Rio.

Le poids léger hommes était la catégorie qui marchait le mieux, comment faire pour rebondir correctement ?

Après chaque Jeux Olympiques ou un an après, il n’est pas rare de voir des grands athlètes arrêter leur carrière. Nous avons la chance d’avoir un réservoir de rameurs poids léger avec à leur tête Pierre Houin, qui est champion olympique et champion du monde tout de même. C’est le nouveau chef de file de cette catégorie et les autres rameurs vont essayer d’être les meilleurs possibles pour monter avec lui dans le deux de couple poids léger français et je pense que ce bateau a encore un bel avenir.

Chez les femmes il y a plus de difficultés au haut niveau, comment expliquez-vous cela ?

Il est certain que l’aviron féminin français de haut niveau a eu une période de disette assez longue car nous n’avons pas eu de médailles dans les disciplines olympiques depuis le bronze de 1996. Il y a malgré tout eu des bonnes performances en discipline non-olympique comme le titre mondial en 2004. On ne peut pas nier que c’est plus difficile mais ces dernières années nous sommes sur une évolution favorable et notre groupe féminin de haut niveau progresse chaque année. L’année dernière nous sommes remontés sur des podiums en Coupe du Monde mais nous avons été ensuite un peu déçu des résultats aux Mondiaux. Il faut continuer à faire confiance à l’encadrement et à ces rameuses qui ont du potentiel et qui vont finir par décrocher cette médaille en discipline olympique.

Tokyo 2020, c’est dans deux ans et demi, quels seront les objectifs de l’aviron français là-bas ?

L’objectif c’est de faire mieux qu’à Rio, c’est à dire de gagner quatre médailles entre les Jeux Olympiques et Paralympiques dont au moins une en or.

Nicolas Jacquemard


Passionné de sport et entrepreneur depuis mes 18 ans, la création de Dicodusport m'a semblé évidente pour participer à la médiatisation d'un plus grand nombre de sports. Le chemin est long mais avec une équipe des plus motivées et les Jeux Olympiques de Paris 2024 en point de mire, nous y arriverons ! Journaliste dans le monde du sport depuis plus de 5 ans, je traite aussi bien de football, de rugby, de biathlon et de cyclisme.

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