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Jean Olharan, devenir le meilleur à mon poste

Nico

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Jean Olharan

Nous avons rencontré Jean Olharan, champion français de Cesta Punta, qui vient de remporter la Coupe du Monde à Pau fin octobre aux dépens de l’Espagne.

Jean, peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je suis joueur de Cesta Punta professionnel depuis 2011. J’ai remporté la Coupe du Monde 2009 à Palencia en Espagne et les Championnats du Monde à Pau en 2010. Ces deux compétitions étaient alors réservées aux amateurs. Depuis 2015 les compétitions internationales étant désormais ouvertes aux professionnels, j’ai pu participer à la Coupe du Monde 2017. Après avoir joué deux saisons d’hiver en Floride, je joue désormais pour le Fronton Mexico de février à juin. Quand je suis en Europe je joue pour l’empresa espagnole Jai Alive en Espagne et en tant qu’indépendant du côté français.

Comment et où as-tu commencé la pelote basque ?

J’ai commencé la pelote à 4 ans chez moi, à côté de Pau, car j’ai le privilège d’avoir un fronton dans mon jardin. J’ai eu envie de jouer pour faire comme mon père qui était un joueur de Cesta Punta. Il a notamment participé aux Championnats du Monde 1994. A 6 ans, j’ai pris ma première licence à la Section Paloise Pelote. Je suis d’ailleurs toujours licencié au même club.

Pour ceux qui ne connaissent pas bien la pelote basque, peux-tu nous expliquer succinctement les bases ?

La Pelote Basque comporte trois familles de spécialités. La Main nue, la pala et le Chistera. A l’intérieur de chaque famille, il y a plusieurs spécialités. Pour ma part je joue avec un Chistera et ma spécialité s’appelle la Cesta Punta. On pourrait décrire ça comme un squash géant. L’aire de jeu fait environ 54m de long bien que chaque fronton a ses caractéristiques et des longueurs différentes.

Quelle est la particularité de la Cesta Punta, une des spécialités de la pelote basque ?

La Cesta Punta est tout simplement le jeu de balle le plus rapide au monde. Le record du monde a été validé par le Guiness Book. La pelote a été mesurée à la vitesse de 308km/h dans les années 80 à Newport aux USA. Il faut savoir que le record n’a pas été pris lors d’une partie. Quand nous jouons, la pelote sort du chistera entre 200 et 250km/h. C’est pour cela que nous jouons tous avec des casques, du fait de la dangerosité. Car la pelote est dure comme un caillou.

Tu viens d’être sacré champion du monde, raconte nous un peu la finale et les émotions suite à ce titre ?

Très exactement, nous avons remporté avec mon coéquipier la Coupe du Monde qui était qualificative pour les Championnats du Monde de Barcelone qui auront lieu du 15 au 20 Octobre 2018. On s’attendait à une partie extrêmement difficile car on avait rencontré la même équipe en phase de poules et on avait gagné en 3 manches mais dans la douleur. On avait face à nous l’Espagne avec Iñaki Goikoetxea, qui a été pendant 15 ans incontestablement le meilleur joueur du monde. Depuis qu’il a quitté le fronton de Miami, son niveau a un peu baissé mais ça reste quand même dans le top 3 des meilleurs joueurs du monde. Pour la finale, on avait un tactique simpliste et peu spectaculaire qui consistait à lui enlever la pelote. On l’a exécuté à la perfection et nous avons gagné en deux manches sèches 15 – 7 / 15 – 5.

Jean Olharan en compétition en 2014 !

Est-ce la plus belle victoire de ta carrière de sportif ?

Ma plus belle victoire est plus générale. C’est d’être considéré comme un des meilleurs à mon poste. L’apprentissage a été long depuis 2011 mais ça fait depuis 2-3 ans que je sens plus de crainte chez mes adversaires directs. Maintenant à moi de continuer pour être tout simplement le meilleur.

Quels sont tes prochains objectifs ?

Le prochain objectif à court terme est de remporté la Cesta de Nadau qui est un tournoi qui se joue à Pau, dans ma ville, et qui est organisé par mon club. Ensuite viendra la saison au Mexique du 15 Février au 15 Juin. Puis la saison estivale en France et Espagne avec comme apothéose le Championnat du Monde à Barcelone.

Sport phare au Pays Basque mais qui a du mal à se développer dans le reste du pays, comment l’expliques-tu ?

J’ai la chance de pratiquer un sport qui lui s’est développé internationalement. Dans les années 80, il y avait plus de 800 professionnels avec des frontons ouverts aux USA, Mexique, Philippines, Italie, Chine… Le soufflet est retombé et désormais il y a seulement des frontons ouverts aux USA en Floride, Mexique et Philippines. Cependant je crois qu’en France nous sommes actuellement en phase de développement grâce notamment aux multiples diffusions de parties sur la chaine Canal plus Sport. Il reste quand même des freins au développement, comme le coût d’un jai alai, des chisteras et des pelotes.

As-tu des idées pour aider au développement de ton sport ?

Pour développer la pelote, il faut et peu importe la spécialité choisie, qu’elle soit intégrée dans les milieux scolaires. Afin de toucher le plus de jeunes possibles et ainsi développer des vocations et des envies de continuer et découvrir ce sport. Dans notre région, cela ce fait et beaucoup de jeunes viennent dans les clubs grâce à ce moyen.

Si tu n’avais pas joué à la pelote basque, qu’aurais-tu aimé faire dans la vie ?

J’ai joué au rugby de 6 ans à 17 ans. Je pense que sans la pelote je m’y serais investi beaucoup plus. Après de là à arriver jusqu’au plus haut niveau, ça on ne pourra jamais savoir.

Nicolas Jacquemard


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Handisport

David Smetanine : « On veut transmettre mais aussi montrer qu’on fait les choses avec intelligence »

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Champion paralympique en natation à Pékin en 2008, David Smetanine nous a accordé un entretien. Le Grenoblois est revenu sur son parcours, tout en évoquant ses futures échéances, en tant que sportif ou non. Un homme d’engagement, sans aucun doute.

David, peux-tu nous raconter un peu ton parcours ?

Beaucoup de choses me caractérisent aujourd’hui de part mon statut de sportif, mais aussi de part mes différents engagements. Je suis quelqu’un qui a été éduqué avec les valeurs du sport en général, mes parents m’ont toujours incité à pratiquer un sport pour que je m’épanouisse, mais aussi pour le lien social évident que cela représente.

Côté pratiques, habitant Grenoble, j’ai commencé à faire du ski très tôt. Mais mon premier vrai sport que j’ai pratiqué en étant petit, c’est le judo. C’est une belle école de la vie, où les valeurs et le respect sont très présents. Ensuite, étant entouré de nageurs, j’ai eu envie de changer de sport. Et puis durant les Jeux Olympiques de Barcelone en 1992, j’ai eu un déclic, et c’est à partir de là que j’ai voulu devenir sportif de haut niveau en natation. Ça a été un grand moment pour moi, la découverte de ce sport fantastique, mais aussi la difficulté qui va avec.

On imagine que ton accident survenu en 1995 a été un tournant dans ta vie ?

Oui, cette année-là, un accident est venu couper mon élan sportif. Finalement, j’ai eu la possibilité de reprendre le même sport car dans un premier temps, sur le plan thérapeutique, la natation était excellente et malgré le handicap, tout le monde peut flotter ou nager. C’est une discipline vraiment accessible, quelque soit l’âge ou le handicap.

Dans un deuxième temps, cela m’a également permis de me raccrocher à quelque chose et de retrouver mon identité sportive. Finalement, au vu de mes capacités, on m’a proposé de reprendre la compétition et de nager de façon plus sérieuse. Ça a vraiment été un aboutissement pour moi et à partir de là, je me suis dit que si je ne pouvais pas être champion olympique, je serai champion paralympique.

Comme tu l’as dit, tu as continué la natation, une discipline que tu pratiquais déjà auparavant. En quoi ce sport t’a aidé à accepter ton handicap ?

Déjà, l’identité est différente. Avec la masse de travail et les nombreux entraînements, on passe du statut de patient à celui de sportif. Quand j’ai fait le choix de revenir à la natation en compétition, je me suis de nouveau entraîné comme un sportif “normal”, comme tout le monde devrait le faire. Même si j’étais un peu en marge des autres, j’étais donc de nouveau un sportif de haut niveau comme les autres, et pas une personne handicapée, tout simplement. C’est cette branche sportive à laquelle j’ai pu me raccrocher qui a vraiment été salvatrice pour moi.

Puis, quelques années après, le titre paralympique et mes différents résultats ont fait que les gens n’avaient plus le même regard sur moi. C’est devenu un regard bienveillant, admiratif, un regard de passionnés de sport et non plus de la pitié ni de la compassion comme cela pouvait être parfois le cas. A partir de là, le combat était gagné, car j’avais la même reconnaissance que tous les autres sportifs de haut niveau.

Tu auras 45 ans quand les Jeux Paralympiques de Tokyo débuteront. Seras-tu de la partie dans les bassins au Japon ?

Oui bien sûr, je m’entraîne de nouveau en ce moment en vu de briller à Tokyo.

Après Tokyo viendront les Jeux Olympique de Paris en 2024. Les as-tu dans un coin de la tête en tant que sportif ?

Non, à priori pas en tant que sportif mais au sein du comité d’organisation de Paris 2024, oui je l’espère, notamment pour travailler sur le dossier paralympique.

Justement, peux-tu nous en dire un peu plus sur le rôle que tu as eu au sein du comité de candidature pour Paris 2024 ?

J’ai été membre du comité des athlètes durant la phase de candidature. On a beaucoup travaillé sur le terrain avec l’ensemble des membres, que ce soit en France ou à l’international, pour mener au bout ce projet afin que Paris puisse l’emporter. Depuis, le comité de candidature a été dissous et le comité d’organisation a été créé. Ce dernier s’agrandit d’ailleurs petit à petit.

Concernant le comité d’organisation, quel rôle aimerais-tu jouer ?

J’ai postulé il n’y a pas très longtemps pour un poste de Manager Sport pour lequel il y a eu une grosse sélection. Pourtant si proche du but, je n’ai pas été retenu mais j’espère avoir un rôle qui mettra en avant mon expertise paralympique, l’expérience que j’ai pu acquérir en tant qu’athlète, mais aussi en tant que membre de la commission des athlètes du Comité Internationale Paralympique, sans oublier mes autres engagements (David Smetanine est également Ambassadeur du sport en Isère et de la sécurité routière pour le Préfet de l’Isère, mais aussi Ambassadeur Sport Handicap pour la région Auvergne – Rhône-Alpes).

J’espère vraiment pouvoir jouer un rôle en faveur du mouvement paralympique, car si beaucoup de choses ont été dites pour le mouvement olympique, ce n’est pas forcément le cas pour le paralympisme, notamment en ce qui concerne la mobilité, l’aménagement des infrastructures et la place prépondérante que ces Jeux Paralympiques devront prendre en 2024.

Pour revenir à Tokyo 2020, qui verrais-tu être le porte-drapeau de la délégation française ?

Je ne sais pas trop. On pourrait imaginer Marie-Amélie Le Fur porte-drapeau, notamment après son retour à la compétition cet été. Mais l’athlétisme a porté le drapeau à de nombreuses reprises lors des dernières éditions, avec Joël Jeannot (2004) et Assia Al’Hannouni (2008). Alors je ne sais pas, c’est délicat comme question. (rires)

Être porte-drapeau, on imagine que tu aimerais qu’on te le propose ?

Oui bien sûr ! J’avais été pressenti pour Londres 2012. C’est vrai que la natation n’a pas porté le drapeau depuis bien longtemps. Mais bien sûr que j’aimerais, c’est évident. Qui ne rêve pas d’être porte-drapeau un jour ? Et puis, la natation a toujours ramené beaucoup de médailles, donc pourquoi pas. Il y a une règle d’or pour être porte-drapeau, c’est d’être champion paralympique. Après, ce n’est pas moi qui décide, mais bien entendu que si on me le propose, je dirais oui. Après cinq Jeux Olympiques, ce serait une belle façon de boucler la boucle.

Tu es engagé au sein de l’association ELA, mais tu es aussi le fondateur de la Fondation Handisport David Smetanine, qui œuvre au Cameroun. C’était important pour toi de t’engager sur le plan caritatif et humanitaire ?

C’est important, bien sûr. On veut transmettre mais aussi montrer qu’on fait les choses avec intelligence. Concernant ma fondation au Cameroun, j’avais envie de montrer ce que peut amener le sport dans ce pays, notamment ses valeurs. Je pense que c’est essentiel.

Pour ELA, c’est une opportunité qui m’a été proposée au Stade de France, où j’ai rencontré le président de l’association, Guy Alba. C’est une proposition que j’ai tout de suite accepté, car j’ai vraiment été touché qu’on me le propose et aussi parce que je souhaitais soutenir la lutte contre ces maladies rares (34 types de leucodystrophie recensées). D’ailleurs, je nageais beaucoup avec Béatrice Hess, la femme la plus titrée de l’histoire du sport, qui elle-même était engagée avec ELA. Ça fait 14 ans maintenant, et je n’ai pas changé, je suis toujours autant engagé dans cette association.

Peux-tu nous en dire un peu plus sur ta fondation au Cameroun ?

Bien sûr. C’est une fondation à but non lucratif, qui a comme principes de fond le respect des personnes, la reconnaissance du handicap au Cameroun, l’intégrité des personnes bien entendu et qui a aussi comme engagement le sport et le handicap, en montrant le lien social que le sport peut représenter. Le plus important, c’est de faire en sorte que la dignité des personnes soit respectée. Malheureusement, la situation des personnes handicapées au Cameroun n’est pas la même qu’en France, on est tributaires des capacités d’investissement du pays. C’est beaucoup plus complexe que chez nous.

Une autre action de la fondation me tient à cœur au Cameroun, elle concerne les fournitures scolaires. On intervient aujourd’hui dans quatre grandes villes du pays ; les enfants y bénéficient de fournitures et on a distribué des sacs à dos, des cahiers et des manuels scolaires dans ces villes. Quatre nouvelles villes seront choisies l’année prochaine afin d’être davantage présent sur le territoire.On est reconnu d’intérêt général, on tend maintenant à être reconnu d’utilité publique. L’engagement a tellement été fort que l’Ambassade de France au Cameroun a décidé de nous aider et de mettre à disposition des manuels scolaires.

Dernière question, quel regard portes-tu sur le médiatisation du handisport aujourd’hui ?

Je pense qu’il y a une prise de conscience qui est réelle. France Télévisions, et il faut les remercier, a fait beaucoup, notamment pour les Jeux Paralympiques. Malheureusement, la couverture est importante uniquement tous les quatre ans. Celle-ci doit être plus régulière et c’est en ce sens que les choses doivent évoluer.

Maintenant, France Télévisions nous a déjà prévenu, ils diffusent du “sport évènement” et du “sport spectacle”, et donc les Jeux Olympiques et Paralympiques. Ils avaient retransmis les Mondiaux handisport d’athlétisme de Londres l’an dernier, mais c’est vrai que ça reste trop occasionnel. Espérons un engagement plus fort des médias à l’avenir, notamment à l’approche de Paris 2024.

Photo de couverture : C215

Flo Ostermann

 


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Sylvain André : « Être champion du monde, cela marque une carrière »

Nico

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Nous avons rencontré Sylvain André, champion du monde de BMX en 2018, qui nous parle de ses débuts, de son quotidien et de ses deux dernières saisons réussies. 

Sylvain, peux-tu te présenter en quelques mots ?

J’ai 26 ans, je suis originaire de Cavaillon où je vis actuellement. J’ai commencé le vélo il y a 20 ans, j’ai passé 4 ou 5 ans au pôle France Elite d’Aix en Provence.

Comment est née ta passion pour le BMX ?

C’est un peu par hasard, c’est un collègue de mon père qui en faisait et qui m’a proposé d’essayer. Depuis, je ne fais plus que ça et je n’ai jamais eu envie de faire autre chose car je me suis toujours amusé dans cette discipline.

Comment se déroule une semaine type d’entraînement pour un champion de BMX ?

Je m’entraîne du lundi au vendredi, avec parfois le samedi matin en plus, dont trois fois dans la semaine où je fais une double séance, matin et après-midi. Cela fait 8 à 10 créneaux d’entraînement hebdomadaires, je vais aussi 2 à 3 fois par semaine à la salle de musculation, 2 à 3 fois sur la piste de BMX et le reste du temps, c’est du travail sur le vélo mais pas sur la piste : des sprints à plat, en montée, en descente, avec un parachute. L’hiver, on fait un peu de VTT et de vélo sur route pour travailler notre condition physique générale et avoir un « moteur », car il faut enchaîner les courses sur les compétitions.

Champion du monde cette année, qu’est-ce que cela représente pour toi ? Quelles étaient les émotions en franchissant la ligne ?

C’est vraiment cool, c’est un titre de champion du monde avec tout ce que cela représente : être champion du monde, cela marque une carrière. Au niveau du cyclisme, cela parle car on a tous le même maillot blanc arc en ciel et cela parle à tout le monde. C’est une course d’un jour, la finale, si on la fait 10 fois, je la gagne peut-être qu’une fois mais j’étais devant ce jour-là.

Au moment de franchir la ligne, c’est un peu spécial car je ne sais pas si j’ai gagné. Je reviens de derrière au dernier moment, on a été départagés à la photo finish. Il y a eu plus de 30 secondes qui se sont écoulées après la course avant que je sache si je m’étais imposé ou pas. Après, une fois que j’ai su, c’est beaucoup de joie car cela représente tellement de choses d’être champion du monde. C’est une récompense pour moi, mais aussi pour toutes les personnes qui m’aident au quotidien et qui bossent avec moi.

Tu as gagné la Coupe du monde en 2017, et donc le championnat du monde en 2018. Où places-tu ces deux succès l’un par rapport à l’autre ?

Sportivement, remporter le général de la Coupe du monde en gagnant au moins une manche, ça a pour moi au moins autant de valeur que le titre de champion du monde. Gagner le général, il faut être régulier sur une saison et sur des pistes différentes, cela reflète peut-être plus la valeur sportive d’un athlète. Au fond de moi, je crois que je préfère avoir gagné la Coupe du monde, mais c’est vrai que cela ne parle pas autant qu’un titre de champion du monde. Ce qui est sûr, c’est que ce sont deux choses différentes, et c’est dur de choisir entre les deux.

2019 arrive, quels seront tes objectifs ?

Ça va être un peu le même calendrier que la saison que je viens d’achever. Le but est de continuer à marcher aussi fort en Coupe du monde pour qualifier un maximum de Français aux Jeux Olympiques. Si on est bons, on sera 3 au départ des JO 2020. Il y a aussi un classement interne entre Français qui va être mis en place pour savoir qui ira aux Jeux. Donc en faisant des bonnes performances, en plus de qualifier un maximum de Français, j’augmente mes chances d’y participer. Il faut que je continue sur la lancée de mes deux dernières années pour faire des podiums et gagner des courses.

Tokyo 2020, c’est donc déjà bien présent dans ta tête ?

Oui, même si les qualifications finales se dessinent en 2020, il y a cette nouveauté, ce classement entre nous qui fait que Tokyo sera déjà là. Ce classement va comptabiliser les finales de chaque Français sur les Coupes du monde et championnats du monde à partir de 2019 et permettra de faire une première sélection avant Tokyo. Après, de toute façon, dès qu’on sort d’une Olympiade, on a déjà la suivante en ligne de mire.

Paris 2024, c’est encore très loin mais est-ce qu’aujourd’hui, tu te dis que tu aimerais y être ?

Oui c’est très loin, c’est dans 6 ans, autant de temps que je suis à ce niveau. J’aurai 32 ans donc on verra, il y a plein de choses qui peuvent se passer d’ici là. Il y a aussi l’aspect niveau de vie à prendre en compte car avec le BMX, je ne roule pas sur l’or. Après, comme c’est en France, il y a peut-être plus de partenaires privés qui vont s’engager avec les athlètes. Cela fait donc beaucoup de paramètres. La motivation, elle sera là, donc si le reste est ok, pourquoi pas car faire des Jeux Olympiques à la maison, cela doit être quelque chose de sympa.

Le BMX est un sport où il y a du contact mais aussi des chutes. Est-ce que tu as encore de l’appréhension avant les courses ?

Non je n’ai plus d’appréhension, c’est un sport de confrontation et si tu commences à penser à tout cela ou à avoir peur, c’est déjà fini. Même si on a forcement ce paramètre dans un coin de la tête, on ne peut pas se permettre d’y penser car en plus, cela augmenterait nos chances de tomber ou de se faire mal. Et même quand on voit un crash dans le run juste avant le nôtre, il ne faut pas que cela change quoi que ce soit.

Nicolas Jacquemard

Crédit photos : Craig Dutton, Fabmx1, Kirby Cronk et BMX mania


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Harmony Tan, objectif top 250

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La jeune française de 21 ans a disputé son premier match dans le tableau final d’un tournoi du Grand Chelem dans la nuit de mardi à mercredi. Quelques jours auparavant, elle a accepté de répondre à nos questions.

Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Je suis Harmony Tan, joueuse de tennis professionnelle et j’ai 21 ans.

Comment avez-vous commencé le tennis ?

J’ai commencé le tennis à l’âge de 5 ans et ça a commencé comme cela.

Quelle sont votre surface et votre tournoi préféré, et pourquoi ?

Je n’ai pas vraiment de surface préférée car mon jeu s’adapte aux multi surfaces. Mon tournoi préféré est Roland-Garros car j’ai commencé à regarder ce tournoi quand j’étais petite et c’est là où j’ai eu ma première wild card pour un tournoi du Grand Chelem à 16 ans. Et puis je suis Française, c’est normal que l’on aime jouer « chez soi ».

Quel est votre style de jeu ?

Je joue varié : je fais des lifts, des chips (enchaînement offensif). En gros, j’aime beaucoup faire des service-volées.

Comment s’est déroulée votre saison jusqu’à présent ?

Jusqu’à maintenant pour moi, c’est moyen : il y a des hauts et des bas. Il faut que je trouve plus de régularité. J’ai bien joué à Roland-Garros où j’ai passé deux tours de qualifications.

Au mois de mars, elle a remporté le tournoi ITF de Campinas au Brésil. A Roland-Garros, elle a échoué au dernier tour de qualifications.

Que vous apporte votre collaboration avec Nathalie Tauziat ?

Toute son expertise : ses connaissances du circuit sont précieuses pour une joueuse comme moi.

Depuis 2016, la joueuse s’entraîne épisodiquement avec Nathalie Tauziat en France. Avant Roland-Garros, elle s’est entraînée avec l’ancienne joueuse française à Capbreton.

Pour participer à l’US Open 2018, Harmony Tan a bénéficié d’une wild-card de la fédération. Cette année, il y a eu du changement dans l’attribution des wild-cards chez les femmes : un tournoi pour les jeunes joueuses a été organisé. Harmony Tan a battu Diane Parry, Fiona Ferro et la finaliste de l’Open d’Australie chez les juniors Clara Burel pour rejoindre son premier grand tableau de Grand Chelem.

 

Harmony Tan lors de son 1er tour face à Eugenie Bouchard – Corinne Dubreuil/FFT

Qu’est-ce que ça représente pour vous de jouer à l’US Open ?

C’est un grand Chelem et tout ce qui va avec !

Quel est votre objectif ?

Je n’ai vraiment pas d’objectif à proprement dit. Je sais juste, comme pour les autres tournois, qu’il faut tout mettre en œuvre pour passer le 1er tour (c’est bon pour le mental)… et ainsi de suite.

Harmony Tan s’est inclinée 3-6 1-6 face à la Canadienne Eugenie Bouchard. La finaliste de Wimbledon 2014 qui peine à retrouver son meilleur niveau est actuellement 137e mondiale. Issue des qualifications, elle a prouvé qu’elle était en forme actuellement. Sur un court n°12 bien rempli, la Française a bien essayé de surprendre son adversaire avec son jeu varié : elle a multiplié les services-volées, lobs et amorties mais agressive, Bouchard a pris le dessus. Dans la seconde manche, le service de la Française est passé de 58% à 36%, bien trop insuffisant pour espérer l’emporter. Ce match lui aura néanmoins permis d’acquérir encore plus d’expérience pour la suite de sa saison et de sa carrière.

Avez-vous un objectif de classement pour la fin de saison ?

Mon objectif est d’arriver vers la place 250 au classement WTA ce qui me permettrait de rentrer dans les cuts des gros tournois. (Elle est actuellement 396e)

Quel est votre plus beau souvenir sur un court de tennis ?

Quand j’ai passé deux tours à Roland-Garros cette année.

Quel joueur ou joueuse vous a inspirée lorsque vous étiez plus jeune ?

Je n’ai pas vraiment d’idole mais j’aime bien le jeu de Roger Federer.

Ces derniers mois, beaucoup de joueurs et joueuses s’expriment par rapport aux messages violents de parieurs reçus suite à des défaites. Y avez-vous déjà été confrontée ?

Oui, il ne faut pas tenir compte de ces messages sinon on ne vit plus. Et les paris ne me concernent pas car ces parieurs ne sont pas, pour moi, des fans passionnés de tennis.

A part le tennis, quels sont vos hobbies ?

J’aime beaucoup surfer écouter la musique et… faire du shopping !

Arlette


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Football

Romain Molina, conteur d’histoires et investigateur footballistique

Nico

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Loin des standards de la presse traditionnelle, Romain Molina fait son bonhomme de chemin grâce à ses ouvrages sportifs et à sa chaîne Youtube. Rencontre avec un conteur d’histoires, un investigateur du monde du football qui n’a pas sa langue dans sa poche. 

Romain, peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Romain, je suis Isérois et j’ai 27 ans. J’ai habité en Ecosse et en Angleterre avant d’atterrir en Andalousie. Je suis un conteur d’histoire indépendant qui a écrit 4 livres et parallèlement à cela, je suis basketteur semi-professionnel, champion de Gibraltar. Je suis un amoureux de la vie avant toute chose.

Pour parler de tes livres, tu en as écris quatre. Comment sélectionnes-tu tes sujets ?

Pour le premier « Galère Football Club », c’est tiré des entretiens que j’avais fait en Grande-Bretagne avec des joueurs pour un blog sur lequipe.fr, qui traitait des affaires des divisions inférieures. Bertrand Pirel d’Hugo Sport m’a ensuite contacté pour en faire un livre. Ensuite, pour Unai Emery et Edison Cavani, c’est Bertrand qui m’a soumis l’idée à chaque fois. Pour « Génération Parker, au revoir et merci » c’est une idée de Benjamin Henry avec qui j’ai co-écrit le livre. J’avais proposé d’autres sujets mais par moment, je suis un peu utopiste, on ne peut pas écrire sur tout et avoir un public en France. Mais ce qui est sûr, c’est que pour chacun des livres que j’ai fait, j’ai mis ma plume, je l’ai fait à ma sauce. Le prochain sujet qui fera l’objet d’un livre en octobre normalement, c’est une idée de moi. Et j’espère que ce sera le cas pour les suivants aussi.

Lequel as-tu préféré écrire et pourquoi ?

La première partie sur Cavani, dans laquelle je parle beaucoup de l’Uruguay, ainsi que les premiers chapitres sur Emery quand je parle de ses débuts à Almeria ou Lorca notamment. Après, j’ai toujours aimé ce que je faisais mais si je dois t’en citer, ça serait ces deux parties-là.

Tu as aussi une chaîne Youtube. Si tu devais la définir en une phrase, cela serait laquelle ?

Un contenu lié au football et à ma sensibilité sur tout ce que je peux voir, constater et investiguer dans le cadre de mon travail. Je n’ai pas une vocation à dire que c’est une vérité, mais c’est ma sensibilité.

Il y a certaines vidéos et sujets qui demandent un vrai travail d’investigation. Comment procèdes-tu ?

Déjà, je parle de sujets que je connais. Je cite beaucoup d’articles qui sont mes sources. Je n’avais rien au début et aujourd’hui, je me suis crée un vrai réseau. Dans la même journée, je peux parler au sélectionneur national des jeunes de Bogota comme au capitaine du Pakistan, puis à une personne à l’intérieur du PSG. J’ai construit un véritable cercle et je reçois des appels d’un peu partout dans le monde maintenant. Et puis, il y a un vrai travail d’investigation, que ce soit auprès des services de police, de la justice, des fédérations, etc. Je demande parfois qu’on me sorte un vieux procès pour avoir des informations. J’ai vraiment une énorme quantité de choses intéressantes suite à ce travail et ce que je mets sur ma chaîne, c’est le centième de ce que j’ai entre les mains. Je pense qu’il ne faut pas être impressionnable car parfois, on a tendance à te déconseiller de faire ce que tu fais. L’investigation dans le milieu du foot, les gens n’aiment pas trop. Cela fait un an que je bosse sur le cas de Pini Zahavi et j’ai pu le constater plusieurs fois. Je dirais qu’il faut aussi être acharné car pour remonter des pistes, il faut parfois s’accrocher.

Tu as fait une série de vidéos sur Pini Zahavi. Pourquoi ce choix ?

Quand Neymar est arrivé au PSG, il y a ce nom qui est sorti, Pini Zahavi. Je me suis rendu compte que personne ou presque ne savait qui c’était. Et ce mec en Angleterre se fait surnommer « The first and the only Super Agent » (le premier et le seul super agent). Pour le sociologue italien Pipo Russo et moi-même, c’est l’homme le plus puissant du football mondial, car il correspond parfaitement à la définition du super agent. C’est un mec qui n’interfère pas sur le marché, il le crée et pas seulement au niveau sportif, puisqu’il a des intérêts qui dépassent le foot : politique, industriel, diplomatique, télévisuel, marketing, commercial. Je trouvais intéressant de savoir qui était cette personne qui avait créé un énorme empire en 40 ans, en partant de rien ou presque.

On n’entendait jamais parler de lui par rapport à Mendes ou Raiola, par contre depuis que j’en parle, tout le monde est devenu expert Zahavi et se proclame comme tel, après avoir vu deux vidéos sur lui. Je trouve cela assez marrant. Moi, quand je te dis que je suis allé loin sur lui et que je peux en parler, c’est que j’ai des archives sur lui qui remontent aux années 80.

Quelle est la chose que tu as découverte depuis que tu tiens cette chaîne Youtube qui t’a le plus choquée ? Et pourquoi ?

Il y en a beaucoup, donc quelques exemples comme ça : le fait de vouloir confisquer des passeports à des joueurs, un ministre qui finance un grand réseau de paris truqués, les liens entre le football et le trafic d’armes, mais aussi entre les agents secrets et le football. Je ne vais pas tout détailler là, mais ça sera dans mon prochain livre et certains choses sont frappantes.

As-tu déjà reçu des menaces ou des plaintes suite à des vidéos que tu as mises en ligne ?

A l’époque, j’avais reçu une lettre du responsable presse d’Anderlecht qui m’avait imposé de montrer ma carte de presse. Il y a aussi un agent qui voulait m’attaquer en justice ou encore une personne qui s’appelait Max Moquet et qui m’avait menacé de mort. Sinon, on me dit souvent qu’untel ou untel aimerait bien parler avec moi ou que je dois me méfier de certaines personnes. Après, il y a certaines choses que je sais que je ne peux pas dire. Je connais par exemple des personnes qui sont sur des listes de témoins protégés pour des affaires liées au football.

Je reçois aussi des coups de pression de la part de la presse en France. On m’a clairement fait comprendre que si je me taisais pas sur certaines choses ou que si je m’excusais auprès de la bonne personne, j’avais la promo que je voulais pour mon livre. Tu sais ce que je leur dis à ces personnes là ? Personnellement, les personnes qui défendent la liberté d’expression et après qui font du chantage, je n’ai aucun respect pour eux. Je travaille avec CNN et le New-York Times et je suis beaucoup plus respecté par la presse étrangère que française. Je trouve ça symbolique de la mentalité dans notre pays.

Moi, je ne cherche pas de poste dans la presse française, donc je m’en fous mais vraiment, en France, des choses m’ont choquées. Les mêmes personnes défendent la liberté d’expression et à côté de ça te demandent de baisser ton froc pour parler de mon livre. Ces gens-là confondent la liberté de pression avec la liberté d’expression. Mais globalement, je suis ravi de tous les articles et interviews réalisées suite à la sortie de mes livres. Je ne suis vraiment pas à plaindre car j’ai un contact direct avec mes lecteurs, et cela vaut toutes les promos du monde.

Comment vois-tu ta chaîne Youtube dans 3 ans ?

Déjà, je vais lancer une plateforme qui est en construction, d’ailleurs, je remercie mon chef de projet avec qui je travaille. L’idée est de proposer quelque chose qui n’existe pas encore en France. Il y aura des liens entre cette plateforme et ma chaîne Youtube, donc on verra comment cela fonctionne. Après, je ne me fixe pas d’objectifs, si j’avais envie, je pourrais parler plus souvent des gros clubs dans des vidéos plus courtes et j’aurais sûrement déjà beaucoup plus d’abonnés. Mais ce n’est pas forcément ce dont j’ai envie, car déjà ,il y a tellement d’abrutis qui s’empressent de commenter. Un abruti, pour moi, c’est quelqu’un qui ne débat pas mais qui insulte directement, sans même écouter ce que tu lui dis. Je préfère rester confidentiel et parler des choses que j’aime et si cela plaît, tant mieux.

Après, l’autre objectif de ma chaîne à travers ce que je fais, c’est que les gens entendent parler de moi, apprécient ou non mes idées pour ensuite aller acheter mes livres et être ainsi auto-suffisant, sans me forcer à passer par de la promotion. J’ai aussi des projets à l’international, et j’ai envie que les auteurs français soient reconnus dans le monde du foot dans d’autres pays, ce qui n’est pas forcément le cas. Pour moi, cela commence un petit peu, j’ai mes bouquins qui commencent à sortir en Espagne, en Angleterre ou en Uruguay, c’est une immense fierté que mon travail soit reconnu.

Donc dans 3 ans, je ne sais pas où ma chaîne en sera, les gens en auront peut-être marre de m’entendre parler mais moi, je continuerai selon mes sensibilités et à faire ce que j’aime. Si je peux ajouter de nouveaux contenus comme des interviews par exemples, je le ferai car ce sont des choses que j’aimerais pouvoir mettre en place mais pour le moment, là ou j’habite, c’est un peu complexe.

Nicolas Jacquemard


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Aviron

Thomas Baroukh : « Une belle marge de progression avec Pierre »

Nico

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A quelques jours de la deuxième sortie du deux de couple poids léger français à Lucerne, nous avons rencontré Thomas Baroukh, nouveau coéquipier de Pierre Houin. 

Thomas, peux-tu te présenter en quelques mots ?

Thomas Baroukh, j’ai 30 ans, je fais de l’aviron depuis 19 ans et je suis ingénieur chez Enedis depuis 8 ans. J’ai participé deux fois aux Jeux Olympiques avec une médaille de bronze en 2016 à la clé.

Deuxième des championnats de France bateau court il y a quelque semaines, es-tu satisfait de cette course ?

Je suis relativement satisfait car cette deuxième place me permet de monter dans le double de façon assez indiscutable. La saison n’a pas été simple, le choix de repasser en poids léger s’est fait assez tard donc c’était loin d’être une évidence que je puisse monter dans ce bateau. Sur le déroulement du championnat et de la finale, je pense que je n’étais pas en fome, j’étais malade donc un peu fatigué et je n’ai pas pu dérouler mes courses comme d’habitude.

Tu as donc intégré le double pour remplacer Jérémie Azou, un des plus grands rameurs français. Est-ce que tu as ressenti un peu de pression ?

Je n’ai jamais vraiment consideré que je prenais sa place car ça reste le double poids léger français, mais c’est une autre histoire qui ne se fera pas sur les mêmes qualités, je ne suis pas Jérémie Azou, j’ai d’autres qualités et il faut que je fasse avec. Les repères que Pierre avait avec Jérémie nous sont utiles à l’entraînement,  mais c’est à nous de trouver notre propre geste et d’écrire notre propre histoire. Pour le moment, nous avons plusieurs mois pour travailler ensemble car l’année prochaine les compteurs seront remis à 0. On va essayer de construire et espérer que ce soit pour la plus longue durée possible mais pour le moment, le bail c’est jusqu’en septembre.

Donc non pas particulièrement de pression. J’ai côtoyé Jérémie pendant longtemps, comme je disais je n’ai pas ses qualités donc je ne peux pas tout de suite prétendre aux mêmes choses et aux mêmes résultats, mais c’est un bel objectif à relever.

© Daniel Blin / FFAviron

Quatrième pour la première course à Linz, quelle analyse fais-tu de votre performance ?

Nous faisons la même analyse avec Pierre et même notre entraineur, Alexis. Nous avons identifié ce qui pouvait nous faire progresser encore, nous nous sommes rassurés sur notre performance en course. Nous savons que nous allons très vite quand la cadence est plus basse et qu’il faut arriver à trouver le même rendement sur nos cadences de courses. C’est à la fois rassurant et satisfaisant de voir que les écarts avec les meilleurs bateaux mondiaux sont relativement faibles, sachant que nous avons une marge de progression.

Qu’est-ce que vous aimeriez réussir à faire de mieux à Lucerne ?

Les Italiens et Norvégiens ne seront pas alignés donc nous ne pourrons pas voir d’évolutions par rapport à eux. Les Belges, les Polonais et les Irlandais seront là donc il y aura de la concurrence qui nous permettra de nous étalonner. Personnellement, ce qui nous fera dire qu’on est sur la bonne voix, ce sont les sensations que l’on va avoir sur les courses et de voir a posteriori si nous avons réussi à corriger les problème identifiés à Linz ou si d’autres sont apparus.

Comment ça se passe avec Pierre ? Arrivez-vous à trouver vos marques ?

Cela se passe très bien, nous avons la chance de ressentir les mêmes choses dans le bateau et de faire les mêmes analyses sur chaque entraînement, cela évite de trop se prendre la tête. On échange autant que besoin, pas énormement dans le bateau car ce n’est pas forcement une habitude que Pierre a. J’avais pour habitude de plus parler dans les bateaux quand j’étais en pointe mais je n’en ressens pas le besoin avec Pierre. On continue aussi à se découvrir hors du bateau.

Quel est ton objectif ultime comme rameur ?

Mon objectif, c’est de faire mieux aux JO de 2020 que ce que j’ai fait à ceux de 2016, donc cela ne laisse pas beaucoup de possibilités. (Rires)

Et Paris 2024 comme rameur, c’est possible ?

Non c’est trop loin, je pense que j’aurai envie de passer à autre chose après 2020 peu importe le résultat à Tokyo. Paris 2024 ça ne sera pas comme athlète mais pourquoi pas comme bénévole ou impliqué dans l’organisation.

Nicolas Jacquemard


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