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Basket-ball

Jeep Élite : Un calendrier infernal qui met légitimement les joueurs en colère

Maxime Cazenave

Publié le

Jeep Élite : Un calendrier infernal qui met légitimement les joueurs en colère
Photo Icon Sport

Depuis samedi, les joueurs de Jeep Élite menacent de ne pas disputer les PlayOffs afin de protester contre une fin de saison surchargée. Devant se tenir à une cadence infernale, ces derniers ont ainsi montré leur mécontentement via le président de leur syndicat, Amara Sy. Ce dernier a rencontré les représentants de la fédération ce lundi afin de trouver une issue positive à la situation.

Une cadence de matchs proche de la NBA

Les amateurs de Jeep Élite sont gâtés depuis quelques semaines ! Si le Covid a logiquement rogné la fin de saison dernière, il a également mis à mal le calendrier habituel du championnat. Ainsi, les reports de rencontres et de journées entières ont obligé la LNB à revoir totalement ses plans pour que la saison régulière se dispute en intégralité. Un effort nécessaire, mais qui oblige les joueurs à tenir une cadence dantesque.

Si l’on a l’habitude de voir cela du côté de la NBA ou pour les équipes d’Euroleague (18 matchs de saison régulière en plus du championnat domestique), ce n’est pas le cas en France. Les budgets ne sont pas les mêmes, et les profondeurs de banc non plus. De plus, la plupart des joueurs évoluant en Jeep Élite ont rarement été habitués à disputer des matchs tous les deux, trois jours pendant plusieurs semaines. Pourtant, c’est ce qu’il se produit depuis le mois de janvier pour tout le monde.

Des blessures qui s’enchaînent

Pour faire simple, à l’exception de quelques rencontres disputées en 2020, c’est pratiquement le calendrier d’une saison entière qui a été proposé aux différents clubs pour 2021. Depuis janvier, et plus encore depuis la fin du mois de mars, tout s’enchaîne à une vitesse hallucinante. Le problème dans tout ça, c’est que les joueurs ont la sensation de subir cela sans avoir leur mot à dire alors qu’ils sont les principaux acteurs concernés.

Le fait que ces derniers fassent entendre leur ras-le-bol est tout à fait compréhensible. Le rythme a ainsi provoqué une multiplication des blessures au sein de tous les effectifs. Exemple criant, Gravelines-Dunkerque n’a même pas suppléé la perte d’Erik McCree début avril puisque tous ses jokers avaient déjà été utilisés. Cela est loin d’être un exemple isolé puisque les grosses écuries engagées n’ont pas été épargnées non plus. On pense notamment à Strasbourg, qui a perdu Brandon Jefferson pour la fin de la saison, et a dû composer régulièrement avec des nombreux petits pépins handicapants.

Des joueurs qui ne se sentent pas écoutés

Pour couronner le tout, l’annonce faite par la ligue pour le calendrier des PlayOffs a été faite il y a une quinzaine de jours seulement. Prise par le temps en raison des TQO qui doivent se tenir prochainement, la LNB doit composer avec les obligations des équipes nationales. Les joueurs devant être libérés le 22 juin, le Final Four se disputerait donc sans les internationaux concernés, décimant au passage certaines équipes. Pris au milieu de toutes ces contraintes, les joueurs de Jeep Élite ont l’impression de ne pas être pris en compte dans l’équation.

C’est ce qu’Antoine Eito (Le Mans) a ainsi confié au micro d’Ouest-France : « On a dit qu’on n’était pas bien. Ça tire. La fin de championnat est très condensée car on a fait l’effort de ne pas jouer, pour nos clubs, parce que la ligue le demandait, qu’elle disait qu’on ne pouvait pas jouer à huis clos. Finalement on a joué à huis clos, mais tard. […] Mais aujourd’hui, on pensait qu’on pourrait être écoutés en retour. »

Une menace excessive

Cependant, la crise devrait pouvoir trouver une issue favorable, et c’est tant mieux pour tout le monde. Président du Syndicat National des Basketteurs (SNB), Amara Sy est confiant sur cela après avoir rencontré les dirigeants de la LNB ce lundi soir. Ce mardi, une nouvelle rencontre est prévue pour sans doute sortir définitivement de la crise. Il faut dire que si le mécontentement des joueurs est compréhensible, on peut difficilement être favorable à une possible grève.

Que ce soit pour eux ou les clubs, l’image donnée serait désastreuse, en plus de refroidir les sponsors et partenaires. Déjà que le basket français peine à franchir un cap malgré les apparition de puissances européennes (ASVEL, Monaco), cela ne serait qu’un pas en arrière. Malgré tout, la LNB va devoir se remettre en question afin de ne plus avoir ce genre de problème. S’ils ont dû composer dans l’urgence depuis la crise du Covid, leurs décisions n’ont jamais fait l’unanimité. Afin de repartir sur de bonnes bases, il va donc falloir mettre les bouchées doubles, et terminer rapidement cette mouture 2020-2021 éreintante.


Journaliste/Rédacteur depuis 2012 - Bercé par l’amour des Girondins de Bordeaux, les échecs de Christophe Moreau sur le Tour de France sous l'ère Lance Armstrong et le fade-away létal de Dirk Nowitzki, ma passion dévorante pour le sport a toujours été un pan incontournable de ma vie. Transmettre ma passion à l’écrit a été une transition naturelle. Suiveur assidu de basket et de hockey sur glace, je garde toujours un peu de place pour suivre le cyclisme, le football et le maximum de performances françaises.

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