Jérémie Azou, champion ordinaire : jeunesse, ascension et premier grand titre (1/2)
Jeune retraité mais avant tout sportif français avec un palmarès immense, Jérémie Azou a marqué l’histoire de son sport. Gros plan sur la carrière hors norme d’un rameur qui ne laisse pas indifférent que ce soit par son talent, sa disponibilité ou sa gentillesse. Dans la première partie, nous reviendrons sur ses débuts dans l’aviron, son ascension et son premier grand titre sur la scène mondiale.
Jérémie Azou, la jeunesse
Si beaucoup connaissent le champion, moins savent qu’il a pratiqué de nombreux sports avant de tomber un peu par hasard dans un bateau.
Petit, je me suis essayé au judo, au tennis, au foot, à la gymnastique et à la natation. J’ai ensuite commencé l’aviron à 13 ans. J’ai démarré par hasard, sur conseil de mon père, alors que personne ne pratiquait ce sport dans ma famille.
L’esprit de compétition était déjà bien là, bien qu’un peu enfoui.
Je l’ai toujours eu l’esprit de compétition, mais il a fallu attendre mes années de natation, juste avant mes débuts en aviron, pour prendre confiance en moi et participer à mes premières compétitions.
Ses premières courses dans un bateau, il s’en souvient.
C’était un contre-la-montre à Marignane. Techniquement, c’était laborieux mais le résultat était prometteur, 5ème ou 7ème, je ne m’en rappelle plus. Il y a eu ensuite la Régate de Savoie. Ce fut un peu la « révélation » avec une belle deuxième place en skiff.

Jérémie Azou et ses partenaires (Marras, Eymard-Duvernay, Mellet) champions de France en 2007 © IGOR MEIJER/FFSA
Jérémie Azou, le début de carrière
Il y a d’abord eu les premières victoires…
J’ai gagné mes premières courses en 2004, alors que j’étais en 4x Cadets. J’en garde un excellent souvenir. Il n’y a rien de plus agréable qu’une victoire d’équipe, surtout quand vous êtes entre copains.
le premier titre de champion de France…
La victoire qui m’a le plus marquée reste peut-être celle à Vichy en 2005. C’était mon premier titre de champion de France (en skiff).
… et comme pour beaucoup de champions, un premier échec
Je me rappelle de notre 7ème au championnat de France Minimes. C’était une vraie contre-performance après avoir remporté le championnat de zone à Mâcon.
Ce sont toutes ces choses-là qui lui font prendre conscience de son vrai potentiel et de l’objectif olympique
Dès ma première année chez les séniors, j’ai compris que je pouvais faire partie des meilleurs français. Mais c’est à partir de 2012 que j’ai vraiment pris conscience de tout mon potentiel. A l’époque, nous venions d’être associés avec Stany (Delayre). Les premiers résultats nous ont rapidement permis de rêver d’or olympique.

3ème place lors de la Coupe du monde à Bled en Slovénie pour la paire Azou/Di Girolamoi © IGOR MEIJER
Jérémie Azou et l’entraînement
La relation qu’à l’athlète avec l’entrainement est capitale, il raconte la sienne.
Suis-je un gros travailleur ? Je crois. Mais je pense surtout être quelqu’un de très méthodique. Je suis un gros travailleur s’il faut l’être. Le haut niveau, c’est avant tout la recherche de la performance, de l’excellence. Nous ne cessons de courir après quelque chose qui reste théoriquement inatteignable, le geste parfait. Cette recherche inexorable brouille un peu la notion de plaisir. Elle reste souvent relative.
Pour des athlètes non professionnels, la charge d’entraînement ajoutée à celle de travail donnent un rythme éfreiné.
A la fin de ma carrière, je m’entraînais 12 fois par semaine. Cela correspond à 100% du programme fédéral. A cela se rajoutaient mes 30h d’activité professionnelle en tant que kiné. C’est le prix à payer pour faire du haut niveau en France et en aviron.
Jérémie Azou et la place du mental
La prise de conscience de l’importance du mental et du coaching fait son chemin en France. Pour Jérémie Azou, c’était capital.
Selon moi, c’est l’une des principales qualités requises pour performer en aviron. Le travail paie plus que le talent. L’aviron est un sport cyclique, d’endurance, peu ludique. De longues heures d’entraînement sont nécessaires pour atteindre son objectif. Seul un mental d’acier permet d’y arriver. C’est encore plus vrai pour la catégorie poids léger qui s’astreint aux régimes et aux pesées d’avant course.

Stany Delayre et Jérémie Azou, victorieux à Lucerne quelques semaines avant les JO de Londres en 2012 © Pauline Bocquet
Jeremie Azou, l’échec de Londres 2012
Attendu en 2012 avec Stany Delayre, les deux Français prennent la 4ème place à Londres. Un échec sûrement, un point de départ, certainement. Il raconte.
Ce jour-là, nous avons eu un petit manque d’expérience et un peu de malchance. Bref, tout ce qu’il faut pour rater une médaille sur une finale. Cette 4ème place fut clairement le point de départ de beaucoup de choses.
Jeremie Azou, champion du monde en France
Un premier titre de champion du monde marque la vie d’un athlète. ais quand en plus cela se passe à domicile, cela prend une autre dimension.
Gagner à domicile n’est jamais chose facile, surtout quand vous faites partie des chances de médailles tricolores. Mais après toutes les péripéties que nous avions vécues, je crois qu’elle ne pouvait plus nous échapper, pas cette fois en tout cas. Il serait trop long de tout raconter ici, les curieux et les aficionados pourront trouver le récit de cette compétition en détail sur mon blog.
Dans la deuxième partie de ce portait, Jérémie Azou nous fera le récit les Jeux Olympiques de Rio, la fin de sa carrière, sa vision de l’aviron en France et ses passions autres que d’être dans un bateau.


