Jérôme Pineau : « On a l’ambition de gagner sur les plus grandes courses »
Jérôme Pineau, manager de l’équipe Vital Concept, nous a gentiment accordé une interview. Cet été, l’équipe bretonne a fait parler d’elle en recrutant des valeurs sûres comme Pierre Rolland ou Arthur Vichot pour passer un cap durant la saison 2019, et espérer être sélectionnée pour courir le Tour de France.
Quel est l’état physique et mental de Bryan Coquard ?
Écoutez, il va comme un gars qui a une omoplate cassée. Il est au repos, il doit se remettre et attendre la consolidation de sa blessure avant de prendre une décision sur un éventuel retour en fin de saison ou pas. Pour l’instant, il se remet de ses plaies. Et puis mentalement aussi, parce que ce n’est jamais facile quand on a un coureur comme lui qui aime courir et qui aime gagner, de tomber et de se blesser et de ne pas pouvoir rentrer sur les courses. On prendra une décision dans les jours et semaines qui viennent.
Vous ne savez pas encore s’il va faire la fin de saison ?
Non, on a vraiment un doute. L’important c’est sa santé et qu’il se remette bien. Ça ne changera pas sa saison s’il revient pour une ou deux courses. On va gentiment attendre que sa blessure se remette et se projeter assez rapidement sur 2019.
Quels sont les objectifs de fin de saison ?
Les objectifs de fin de saison sont clairs. On avait pour objectif cette saison de gagner dix courses, on en est à 7, il reste donc 3 victoires à aller chercher, minimum. C’est de gagner à chaque course à laquelle on participe pour continuer à entretenir la bonne dynamique en place depuis la reprise et après le stage que l’on a fait à Egletons. L’équipe a bien marché en Wallonie, au Danemark, sur l’Arctic et au Limousin où l’on a gagné une étape. Il faut continuer à courir de la sorte, à rester dans cette spirale positive tout en essayant d’aller chercher trois victoires ou plus.
Qu’attendez-vous des nouvelles recrues ?
Je veux qu’ils apportent de l’expérience, un niveau supérieur à l’équipe. Ce sont des coureurs de très haut niveau donc on s’attend à ce que l’équipe passe un cap, un palier supplémentaire. Épauler Bryan, tant sur la route que sur la pression qu’il avait sur les épaules depuis le début de la saison. C’est un peu un tout. Qu’ils apportent de beaux succès, ils ont soif de victoires eux aussi. Pierre revient en France, pour courir davantage et participer aux courses qu’il n’a pas pu faire les années passées. Pour le moment, on va construire un programme adéquat, qui s’adapte parfaitement à leurs qualités et puis on espère qu’ils brilleront sous nos couleurs.
Le mercato est-il terminé pour Vital Concept ?
Écoutez, on est observateur du marché. On aura 24 ou 25 coureurs l’an prochain et à part une très très grosse opportunité, on a bouclé le mercato. On a déjà un bel effectif et on va continuer de grandir. Il ne faut pas oublier qu’on est très jeune et qu’il ne faut pas tout changer. Il faut apporter du sang neuf, de la maturité et du savoir-faire sans pour autant tout bouleverser. On a donc quasiment bouclé le recrutement de la saison 2019, si ce n’est une petite surprise.
Suite à l’augmentation du budget de l’équipe, il est vraisemblable qu’un co-sponsor arrive. Quelle est son identité ?
C’est une bonne question. Vous allez droit au but. Pour l’instant, on ne l’a pas communiquée donc je ne vais pas vous la donner. On attendra de savoir dans les semaines qui viennent. On va donner l’identité du partenaire et on le communiquera en temps voulu. On sait bien faire ça chez Vital Concept, communiquer, donc on le fera. Vous resterez à l’affût et on sortira ça quand il sera temps de le sortir.
Que pensez-vous du cyclisme français ?
Il va plutôt pas mal, on a de très bons coureurs français. On a une génération qui profite aussi de ce qu’il s’est passé il y a plusieurs années, qui travaille bien et qui a beaucoup de talent. Avec des Alaphilippe, des Bardet, mais aussi avec des coureurs très jeunes comme Gaudu, Madouas ou Tanguy Turgis. On a un bel avenir devant nous. Le cyclisme français se porte bien et il faut continuer. D’autres générations avant ont cotisé, mais il y a aussi des gens qui travaillent bien et ce sont à eux qu’il faut penser, parce qu’ils sont un peu étranglés par le manque de budget et de main-d’œuvre, et il ne faudrait pas les dégoûter. C’est à nous, équipes professionnelles, de les aider pour qu’ils puissent avoir la même ferveur et la même passion pour éduquer nos gamins qui feront les grands champions de demain.
Quels sont les objectifs de la saison prochaine ?
Les objectifs, ils sont simples, c’est de gagner le Tour de France, la Vuelta et les Championnats du monde et après, si on ne fait pas ça, on sera forcément déçus (rires). L’objectif, c’est de continuer à progresser. Forcément, en recrutant des coureurs comme Pierre Rolland, Arthur Vichot, Cyril Gautier ou Jimmy Turgis, avec Bryan Coquard déjà dans l’effectif, on espère passer un cap. On a comme objectif de gagner un maximum de courses. Aujourd’hui, il n’y a pas de petites courses professionnelles. Je le dis souvent et je ne le dirais jamais assez. Il faut gagner, gagner et encore gagner. C’est la philosophie de l’équipe et il faut continuer ainsi. Après, on a l’ambition de gagner sur les plus grandes courses mais avant d’y participer, il faut aussi s’imposer sur les moins grandes. On va s’attacher à cela. On se mettra des objectifs en début de saison. On va travailler pour essayer d’être au niveau.


