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NBA

Jonathan Isaac : un geste qui fait débat

Tom Compayrot

Publié le

Ashley Landis/Pool Photo

Avant le premier match de reprise du Magic d’Orlando (victoire 128-118 face à Brooklyn), l’ailier Jonathan Isaac est le seul à ne pas avoir mis un genou à terre pendant l’hymne national. Il n’a pas non plus voulu porter de t-shirt Black Lives Matter comme ses coéquipiers. Si cette image forte a tant fait parler, c’est en partie parce que ses explications sont restées floues.

Il est resté droit comme un I, le blanc de son maillot du Magic contrastant avec le noir des t-shirt Black Lives Matter. Vendredi, Jonathan Isaac a été le premier à ne faire le geste devenu coutumier depuis la reprise de la NBA. Il aura fallu attendre la conférence de presse d’après-match pour entendre ses premières explications. L’ailier a expliqué  que «s’agenouiller en mettant ce t-shirt n’était pas nécessaire pour prouver son soutien à la cause», avant d’évoquer ses convictions religieuses : «on dit tous des choses qu’on ne devrait pas dire, et on fait des choses qu’on ne devrait pas faire. Le racisme est loin d’être la seule plaie dans notre monde. Je pense que Jésus est la seule réponse». Quand Taylor Rooks, journaliste au Bleacher Report, l’a interrogé sur le lien entre religion et protestations contre le racisme et les violences policières, Isaac, très croyant, a répondu : «tout ça est une relation avec Dieu, il nous soutient et soutient les victimes de racisme».

Son coéquipier français Evan Fournier ne lui en a tout cas pas tenu rigueur : «c’est son choix, il n’a pas à nous l’expliquer. On le soutient». C’est au niveau du public que le geste d’Isaac a fait plus parler. Beaucoup ont associé son refus de s’agenouiller à un rejet du mouvement Black Lives Matter. L’intéressé a précisé que son geste était indépendant de questions de patriotisme et de respect du drapeau.

Un débat qui a dépassé le cas d’Isaac

Le mythique coach des Spurs, Greg Popovich, est lui aussi resté debout avant la victoire des siens contre Sacramento (129-120). Il a toutefois porté le t-shirt Black Lives Matter. Illustre défenseur de la justice sociale et de l’anti-racisme, Popovich a justifié son choix en invoquant un «choix personnel» que «chacun a le droit de faire». Sa décision a été bien moins commentée que celle de Jonathan Isaac.

Quelques heures plus tard, c’est un sénateur de l’Oklahoma, état très conservateur, qui a interdit aux joueurs du Thunder de s’agenouiller pendant l’hymne, sous peine de sanctions financières. «En s’agenouillant pendant l’hymne, les joueurs manquent de respect au drapeau américain et à ses valeurs. C’est un acte anti-patriotique». Une menace balayée par les coéquipiers de Chris Paul. Ces derniers ont tous mis genou à terre avant leur victoire face au Jazz (110-94).

Comme la NFL avec Colin Kapernick en 2016, la NBA est en train de connaître son lot de discussions autour des agenouillements pendant l’hymne national. Et ce débat n’est pas prêt de disparaître. Adam Silver, le boss de la NBA, ne punira pas ceux qui veulent s’agenouiller : «Je respecte les protestations pacifiques».





Dicodusport

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