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Escrime

Joséphine Jacques-André-Coquin : « C’est difficile de vivre de l’escrime »

Killian Tanguy

Publié le

Joséphine Jacques-André-Coquin « C'est difficile de vivre de l'escrime »
Photo Icon Sport

ESCRIME – Avec 123 médailles, l’escrime est la discipline qui a rapporté le plus de médailles à la France aux Jeux Olympiques. Pourtant, ils sont peu d’escrimeurs à vivre de leur sport. Malgré une participation aux Jeux Olympiques et une médaille aux championnats d’Europe, Joséphine Jacques-André-Coquin est obligée de travailler en parallèle. Avant de commencer sa période de qualification nationale pour les Jeux Olympiques, lors de laquelle elle a pris la 14e place (3e Française) et 7e en équipe de France, elle nous a expliqué les difficultés à trouver des sponsors en tant que sportive de haut niveau. 

Où en êtes-vous dans la course à la qualification pour les Jeux Olympiques de Paris ?

Les qualifications au niveau de la fédération internationale pour libérer des quotas individuels ont débuté en mai dernier. Et les épreuves sélectives qui vont permettre à la Fédération Française de décider qui va partir aux Jeux, si la France est qualifiée, vont débuter en décembre avec la première manche à Vancouver (Canada, 7 au 10 décembre). Si l’équipe est qualifiée, il y aura trois représentantes en individuel et une quatrième sera remplaçante pour l’épreuve par équipes. Elle ne pourra entrer en piste seulement sur changement.

L’escrime est l’un des sports qui représente le mieux l’olympisme en France. Ressentez-vous un engouement des entreprises à venir vous aider ?

Je ressens un intérêt des entreprises pour accompagner des sportifs, mais qui sont déjà médaillés ou qu’elles voient comme potentiellement médaillables. Les entreprises sont aussi intéressées par les sportifs de haut niveau pour la reconversion… Mais c’est vrai que la question du mécénat sportif est nouvelle et toutes ne sont pas habituées. Avec la ville de Paris, on a eu une rencontre entre les entreprises et les sportifs, mais c’était essentiellement pour proposer des emplois. Les sportifs cherchent plus des mécènes pour pouvoir pratiquer leur sport à plein temps.

Est-ce difficile de vivre de l’escrime ?

Oui, c’est difficile de vivre de l’escrime. Tous les escrimeurs qui en vivent, le font grâce à leurs sponsors. Certains développent leur propre société, mais vivre à 100 % de l’escrime sans sponsor, à mon sens, ce n’est pas possible.

Comment faites-vous pour trouver des sponsors ou des mécènes ?

J’ai un contrat d’aménagement de l’emploi avec la Mairie de Paris, et je suis détachée pour aller m’entraîner. J’ai aussi un sponsor qui me fournit des compléments alimentaires, mais c’est tout. Mon club (le Paris Universitaire Club) et ma région (Île-de-France) m’aident également, mais je suis obligée de travailler. Avant, j’avais un contrat avec une ancienne collectivité, mais je travaillais 30 heures par semaine et mon employeur ne comprenait pas ma situation sportive, donc cela a créé des situations de conflit.

Comment le PUC vous aide-t-il ?

Mon club prend en charge les déplacements, même ceux à l’international. Je sais que c’est une chance parce que, dans certains pays, les athlètes doivent payer eux-mêmes leurs déplacements. Moi, je ne me pose pas cette question. Mais par exemple, l’année dernière, il y a une compétition, qui n’était pas sélective, mais qui permettait de se préparer, que le club ne pouvait pas prendre en charge. Et comme je ne pouvais pas la prendre en charge non plus, je n’y suis pas allée.





C’est un frein dans votre préparation ?

Oui.

Et est-ce que cela pourrait arriver en 2024 ?

Non, car c’est une année olympique. Le club nous a assuré qu’il prenait tous nos déplacements en charge, même si les compétitions n’étaient pas sélectives. La Fédération prend aussi en charge le coût du déplacement de certains athlètes avant les compétitions et ça change à chaque fois.

Avec votre emploi du temps, comment faites-vous pour trouver des sponsors ?

Trouver des sponsors, c’est chronophage. C’est comme chercher un emploi. Et concrètement, je n’ai pas forcément le temps. Il y a parfois des possibilités de les rencontrer, mais c’est en même temps que les entraînements et ma priorité, c’est l’entraînement. La Fondation du sport français m’accompagne et je leur fais confiance sur les recherches. Comme je le disais, la situation dans mon ancien travail était très difficile, et comme je ne trouvais pas de sponsor, j’ai préféré trouver un autre travail pour être sûre d’avoir des financements.

Vous avez participé aux Jeux Olympiques de Rio en 2016 ? N’avez-vous pas pu en profiter pour trouver des financements ?

J’ai participé aux Jeux de Rio par équipes et, en 2014, j’ai eu une médaille individuelle aux championnats d’Europe (bronze). J’aurais pu surfer dessus, mais à cette époque, la Fondation du Sport Français n’avait pas autant d’ampleur. Et les organisations fédérales mettent leurs ressources sur quelques personnes seulement. C’est aussi une question de moyens que l’on met sur la politique du sport. Je pouvais bénéficier justement de l’INSEP et de la prise en charge fédérale. Je ne payais pas les infrastructures, mais ça ne m’a pas permis d’avoir des sponsors. Avoir des sponsors, un contrat d’image ou autre chose à cette période de ma vie, aurait peut-être pu débloquer des situations. Depuis, j’ai fait des résultats et je pense toujours prétendre en avoir (des sponsors) mais, pour l’instant, je n’en ai pas. Pourquoi ? Je ne sais pas, peut-être que je ne suis pas assez présente sur les réseaux sociaux.

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