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Julien Bonnaire, une reconversion bien préparée

Nicolas Jacquemard

Publié le

Nous avons rencontré Julien Bonnaire, ancien international français fraichement retraité des terrains, qui entame une reconversion bien préparée en amont. 

Julien, peux-tu te présenter en quelques mots ?

Julien Bonnaire, j’ai 39 ans, je suis marié et j’ai trois enfants. Je viens de mettre un terme à ma carrière en fin de saison dernière et c’est le début d’autre chose.

Si tu devais ressortir un souvenir de ta carrière sur les terrains de rugby, ce serait lequel ?

Ressortir un seul moment c’est un peu compliqué, je peux aussi bien dire ma première sélection en équipe de France qui reste un moment particulier mais aussi parler du titre de champion de France avec Clermont ou encore le quart de finale de la Coupe du Monde 2007 face aux Blacks. Il y a pleins de grands moments qui se valent car ils m’ont apporté une émotion particulière et différente des autres.

Quel est l’adversaire qui t’a le plus impressionné sur le terrain ? Et pourquoi ?

Les All Blacks tout simplement. Ils sont costauds physiquement et très bons techniquement, ils sont complets et c’est ce qui leur permet de faire la différence par rapport aux autres équipes. Du 1 au 15, ils sont capables de se faire des passes et de jouer, c’est vraiment cela leur force.

Comment se passe ta reconversion d’après rugby ? Quels sont tes projets ?

Avec Julien Pierre, nous avions commencé une autre aventure avant que j’arrête avec le Bistrot Colette à Bourgoin que nous avons lancé avec notre associé, Samuel. C’est un restaurant traditionnel français qui a maintenant presque quatre ans d’existence. Nous avons aussi lancé le Café Colette qui est plutôt dans l’idée d’un Starbucks à la française avec des petits déjeuners à emporter et enfin, sur la partie restauration, nous avons aussi un foodtruck qui tourne chez les particuliers et professionnels. Il y aura aussi la création, l’année prochaine, du deuxième bistrot Colette dans un village de marque entre Lyon et Bourgoin. Avec deux graphistes, qui étaient à leur compte, nous avons créé une agence de communication. En plus de cela, je m’occupe aussi de mes enfants donc mon emploi temps reste bien rempli. C’est sympa de pouvoir avoir un peu plus de temps avec sa famille que nous devons souvent mettre de côté à cause du rugby.

As-tu envie un jour de devenir entraineur ou dans un staff ?

Pour l’instant cela me dit rien du tout, on verra bien plus tard.  Je n’ai pas envie de devoir repartir tous les week-ends car en plus quand on est entraineur il n’y a jamais de repos, à ce niveau là, c’est encore plus contraignant que joueur. Ça sera peut-être plus tard et plutôt sous la forme de consultant pour des interventions ponctuelles par exemple.

As-tu eu un blues d’après carrière ?

Bizarrement pas du tout non, au contraire cela m’a vraiment fait du bien, déjà au niveau du corps avec tous les petits bobos accumulés au fil des années qu’on ne prend pas vraiment le temps de soigner. Je suis allé voir quelques matchs sans avoir cette envie d’aller sur le terrain. Dans ma tête, cela faisait un moment que je m’étais préparé à arrêter, j’avais hésité à continuer une année, mais je ne voyais pas l’intérêt de faire l’année de trop. A part les matchs, tout le reste devenait de plus en plus dur et contraignant donc c’était le moment de dire stop.

Si tu devais comparer le rugby quand tu as commencé ta carrière et quand tu l’as arrêtée, quelles sont les différences majeures selon toi ?

Il y a le rythme qui est beaucoup plus élevé mais aussi les gabarits qui ont beaucoup changé. A mon époque, les ailiers étaient plus rapides et fluets alors que maintenant ils ont le gabarit d’un 2ème ligne. Le rugby devient aussi du business, les clubs sont des entreprises avec un besoin  de rendement et de résultats. Aujourd’hui tout est surveillé, l’entrainement c’est avec un GPS et un cardio, tout est scruté pour essayer d’avoir un temps d’avance sur les adversaires. Les mentalités des joueurs changent aussi car les jeunes n’ont connu que le centre de formation, je fais partie de la dernière génération qui a travaillé avant le rugby.

Quel regard portes-tu sur le Top 14 et son niveau actuel ? Et la Pro D2 ?

Je pense qu’il y a un bon niveau dans le Top 14 et il est monté grâce à tous ces grands joueurs qui ont rejoint le championnat. Après, le championnat pourrait être plus spectaculaire s’il y avait moins de pression avec les relégations et sur les résultats. Il y a peut-être des choses à changer pour voir plus de jeu, car il y a des matchs qu’on ne prend pas de plaisir à regarder tellement c’est fermé par peur du mauvais résultat. Après est-ce que c’est possible de faire différemment ? Ce n’est pas à moi de le dire car beaucoup de paramètres entrent en ligne de compte comme les droits TV et l’intérêt financier des clubs.
La Pro D2 et même la Fédérale 1 progressent, c’est une certitude. J’ai notamment vu des matchs à Bourgoin, le niveau est très bon. Je pense qu’il faudrait trouver une solution globale pour que ça joue davantage et qu’on voit plus de spectacle.

Le XV de France sort d’une tournée bien compliquée, qu’est que tu retiens de ces tests match ?

Oui cela a été compliqué comme depuis quelques temps pour le XV de France. Je trouve qu’il y a un cruel manque de confiance au sein de l’équipe avec des cadres qui sortent du lot normalement et que l’on a pas vu de la tournée. La mayonnaise n’arrive pas à prendre alors que je trouve que nous avons de très bons joueurs individuellement. Il y a aussi eu un manque de fraicheur physique face aux Japonais notamment, donc il y a peut-être aussi eu des erreurs dans la préparation des joueurs. En tout cas, Il va falloir réussir à gagner 1 ou 2 matchs de suite pour retrouver la confiance.

Qu’est-ce qu’on peut te souhaiter pour la suite ?

De garder la forme physiquement, cela serait déjà pas mal !

Nicolas Jacquemard


Passionné de sport et entrepreneur depuis mes 18 ans, la création de Dicodusport m'a semblé évidente pour participer à la médiatisation d'un plus grand nombre de sports. Le chemin est long mais avec une équipe des plus motivées et les Jeux Olympiques de Paris 2024 en point de mire, nous y arriverons ! Journaliste dans le monde du sport depuis plus de 5 ans, je traite aussi bien de football, de rugby, de biathlon que de cyclisme.

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