Kevin Staincq, alias BBoy Lil Kev : « Nous sommes dans la dernière ligne droite »
BREAKING – Plus connu sous le nom de BBoy Lil Kev, Kevin Staincq est l’un des entraîneurs de l’équipe de France. Bien qu’encore danseur dans le « Vagabond Crew » et participant à des compétitions, il encadre aujourd’hui surtout les danseurs qui tenteront de disputer les Jeux de Paris l’été prochain. Également organisateur d’évènements, BBoy Lil Kev a répondu à nos questions à SPOT24, l’exposition olympique sport et culture urbaine qui ouvrira fin novembre à Paris, où le breaking est notamment mis à l’honneur.
Avez-vous toujours été favorable à l’arrivée du breaking aux Jeux olympiques ?
Non, je n’ai pas toujours été pour. Quand il y a eu la question d’une arrivée de la discipline aux JO, ça avait l’air intéressant, mais nous voulions d’abord savoir qui allait s’en occuper. Nous en avons parlé avec la Fédération Française de Danse, et des acteurs du breaking se sont affiliés à la fédération. Aujourd’hui, le staff est composé de trois entraîneurs (ndrl : Yann-Salin Abidi, Sofiane Kinzi) et d’un entraîneur principal (ndlr : Abdel Mustapha) qui viennent du breaking, qui sont là depuis plusieurs années et qui ont déjà tout prouvé.
Et quel est votre avis maintenant que les Jeux arrivent dans huit mois ?
Je suis investi à 100 %. Au début, j’étais dans la course aux Jeux, mais j’ai eu des grosses blessures en 2021 et 2022 qui m’ont retardé dans mes compétitions et qui m’ont empêché d’être dans la course pour la qualification. Comme j’ai toujours été un athlète-coach, en encadrant les jeunes pour partager mon expérience et les pousser au plus haut niveau, j’ai obtenu ce rôle.
Nous sommes partis de rien et nous avons dû tout créer, donc il y a eu beaucoup de travail de la part du staff. Aujourd’hui, nous sommes dans la dernière ligne droite donc nous essayons d’être encore plus carré sur ce que nous faisons, que ce soient les programmes comme le fait d’aiguiller les athlètes. Entraîner les meilleurs Français est une belle expérience.
Où en est cette équipe de France ?
B-Boy Dany Dann est qualifié pour les JO étant donné qu’il a gagné les Jeux Européens. Il y a cinq autres athlètes européens qui vont se qualifier, et il y aura également les Olympic Qualifier Series (ndlr : un TQO pour les sports urbains). Dans ces OQS, bgirl Syssy (Sya Dembélé), bgirl Carlota (Carlota Dudek), bboy Lagaet (Gaëtan Alin) et bboy Khalil (Khalil Chabouni) sont en course, donc il y a moyen d’amener plusieurs danseurs à la finale. Le but, avant ces OQS, est de travailler un maximum pour qu’ils puissent décrocher leur place pour les JO.

Le breaking s’est-il bien adapté à L’Institut National du Sport, de l’Expertise et de la Performance (INSEP) ?
Notre arrivée à l’INSEP a été plutôt facile. Nous avons une salle de danse et nous avons accès aux salles de soins, aux préparateurs mentaux, aux préparateurs physiques, à la balnéothérapie, etc. Si un athlète ressent une douleur, il peut aller faire une IRM dans la seconde qui suit. C’est vraiment cet aspect-là qui a été développé avec l’INSEP. Une salle de danse, nous pouvons en avoir partout. Avec les autres sports et les autres athlètes, ça s’est toujours bien passé. Nous aimons le partage.
Le breaking ne sera pas aux Jeux Olympiques en 2028. Craignez-vous que le soufflé retombe après Paris 2024 ?
Je ne pense pas. Le breaking est là depuis 50 ans. C’est sûr que la médiatisation va baisser, même si avant, le breaking était déjà dans les clips et les films. Mais ce qui est bien, c’est que nous aurons toujours notre circuit fédéral avec le championnat de France, le championnat d’Europe et le championnat du monde. Il n’y aura plus les JO, mais il y aura toujours la possibilité d’avoir une médaille d’or nationale, européenne ou mondiale. L’aspect “compétition“ restera présent, et nous espérons que le breaking retrouvera sa place aux JO en 2032.


