Kheira Hamraoui : « J’ai vécu une agression d’une violence inouïe »
D1 ARKÉMA – Sept mois après avoir été victime d’une agression à la sortie d’un repas entre joueuses, la Parisienne Kheira Hamraoui prend la parole pour la première fois dans une interview accordée au journal L’Équipe.
Pour la première fois depuis le début de l’affaire, la joueuse du Paris-SG, Kheira Hamraoui, est sortie de son silence en accordant une interview au quotidien français L’Équipe. Celle qui a remporté trois Ligues des champions en tant que joueuse avec l’OL et Barcelone a été victime d’une agression le 4 novembre 2021. Elle a décidé de répondre à de nombreuses questions concernant cette affaire, qui est désormais dans les mains de la justice.
La milieu de terrain parisienne déclare avoir gardé le silence jusqu’à présent, car elle attendait que la fin de saison se termine pour prendre la parole. Si de nombreuses rumeurs actent déjà son départ du club parisien depuis son affaire et les altercations qu’elle aurait eues avec des coéquipières, l’ancienne joueuse de Lyon affirme vouloir continuer avec son club. « Je suis sous contrat avec le PSG jusqu’en juin 2023 et je me tiens à la disposition du club pour la saison prochaine, comme toutes les joueuses sous contrat ». Elle raconte ensuite comment elle a vécu son agression de l’intérieur, et quel fut son sentiment à ce propos.
J’ai vécu une agression d’une violence inouïe. Deux inconnus cagoulés m’ont sortie de la voiture dans laquelle je me trouvais pour me tabasser à coups de barre de fer dans les jambes. Ce soir-là, j’ai bien cru que j’allais y rester… Je hurlais de douleur. J’ai essayé de me protéger au maximum. Cette scène, pour moi, a duré cinq minutes. C’était insoutenable. J’en garde un souvenir très douloureux, très lourd.
Une agression toujours inexpliquée
Une déclaration qui fait froid dans le dos et qui questionne encore l’ancienne Barcelonaise qui ne comprend toujours pas pourquoi ça lui est arrivé. « Aujourd’hui, je ressens principalement de l’injustice, de la colère mais aussi de la tristesse. Je n’aurais jamais dû vivre une telle situation. Beaucoup de questions me taraudent : pourquoi moi ? Pourquoi autant de violence envers ma personne ? ». La Nordiste, qui déclare avoir été complètement hagarde, perdue, déboussolée, et dépassée par les événements, a senti tout de suite après, une tempête médiatique s’abattre sur elle. Pour elle, cette agression était un véritable guet-apens, et déclare que ses agresseurs étaient « au bon endroit, au bon moment. »
Après cette agression, la joueuse a trouvé résilience dans le travail. Elle a même été appelée par Corinne Diacre pour les rassemblements de l’Équipe de France. Si elle est déçue de son absence de la liste pour l’Euro féminin qui débute le 6 juillet prochain, la joueuse respecte les choix de la sélectionneuse et garde un espoir d’y retourner.
Compte tenu des événements vécus, je n’ai aucun regret. Corinne Diacre a fait ses choix, je les respecte. C’est à moi de tout donner pour y retourner. Je suis une joueuse expérimentée. Je sais comment fonctionne le système. Je suis persuadée que je peux encore apporter à cette belle équipe. Ma relation avec la sélectionneuse est bonne.
Un vestiaire parisien tendu
Depuis cette affaire, de nombreuses histoires auraient éclaté au sein du vestiaire parisien, comme cet accrochage entre Kheira Hamraoui et Sandy Baltimore. « Il y avait une ambiance lourde. Les filles étaient partagées entre incompréhension, peur et colère ». Un accrochage avec sa coéquipière qui lui a valu d’être écartée du groupe pendant quelque temps.
En fin d’entraînement, sur un coup de pied arrêté, on s’est mal entendues sur l’action. Je lui ai dit de me parler car elle était derrière moi. Il y a juste eu des mots. Mais comme ça arrive, tous les jours, dans tous les clubs, filles ou garçons ! On a parlé d’une main levée de ma part sur ma partenaire, ça n’a jamais existé.
La joueuse conclut en dénonçant le lynchage médiatique qu’elle a subi, ainsi que la méchanceté dont elle a été victime sur les réseaux sociaux.
J’ai été l’objet à la fois d’une campagne de dénigrement et de déstabilisation. Je n’ai pas attendu mon agression pour me rendre compte de la portée des réseaux sociaux. Tout est dans l’instantanéité ! Des milliers de personnes, journalistes, blogueurs, youtubeurs se sont exprimés sur mon agression sans rien connaître. Beaucoup de choses fausses ont été dites, déclare la parisienne. J’aimerais ajouter un mot au sujet de cet acharnement médiatique. Les gens devraient mesurer leur propos sur les réseaux car l’impact peut être irréversible. Mais les réseaux sociaux, ce n’est pas la vraie vie. Il faut le dire et le redire.


