La tribune de Julien Pierre : Pour une transition écologique dans les sports d’hiver, agissons ensemble
SPORT ET ENVIRONNEMENT – La saison des sports d’hiver s’achève et laisse revenir une fois de plus sur le devant de la scène les débats sur l’impact environnemental de ces événements. Quelles solutions ? L’avis de Julien Pierre, ancien international de rugby, engagé pour un sport durable.
Cette année, j’ai suivi la Coupe du monde de biathlon. Mais j’ai aussi été interpellé par une pratique qui, malgré les critiques, persiste : le transport de neige par camions. Des étapes comme celle du Grand-Bornand, si chères aux amoureux du biathlon, continuent d’y recourir pour pallier le manque de neige naturelle.
Pendant ce temps, d’autres disciplines, comme celles gérées par la Fédération internationale de ski, n’hésitent pas à annuler des compétitions lorsque les conditions ne sont pas réunies. À travers ces chroniques, je veux proposer des solutions. Parce que je crois que les sports d’hiver ont un avenir, mais que cet avenir doit être pensé différemment. Nous devons agir maintenant, ensemble, pour préserver ce que nous aimons tout en respectant notre planète.
Je comprends que les organisateurs fassent tout pour maintenir les compétitions. Le spectacle, l’économie locale, la passion des fans… tout cela compte. Mais le transport de neige par camions est un symbole de notre incapacité à nous adapter de manière durable. Cette pratique, coûteuse en énergie et en ressources, est un pansement sur une blessure bien plus profonde : le réchauffement climatique, et c’est surtout un message extrêmement négatif envoyé aux jeunes générations.
Je pense qu’il est temps de se demander : pouvons-nous faire mieux ? Pouvons-nous innover pour que les sports d’hiver ne soient plus synonymes de gaspillage et de pollution ?
Mes propositions pour un avenir durable
Repenser les compétitions
Plutôt que de s’obstiner à organiser des épreuves en période de faible enneigement, pourquoi ne pas décaler certaines étapes vers des périodes où la neige est plus abondante ? Pourquoi ne pas adapter le calendrier des compétitions ? Ou tout simplement pourquoi ne pas les annuler quand cela est nécessaire ? Décaler certaines étapes vers des périodes où la neige est plus abondante, ou vers des sites moins exposés au manque de neige, me semble une évolution logique.
Des formats innovants pourraient également attirer un nouveau public et ouvrir des perspectives inédites, tout en montrant que les sports d’hiver savent s’adapter aux défis de notre époque. Cela demandera de la flexibilité, certes, mais c’est un sacrifice nécessaire pour préserver l’essence même des sports d’hiver.
🏅@JulienPierre4 a crée Fair Play for Planet, preuve d’un attachement à la cause écologique et à la nature : il souhaite convertir le monde du sport à la cause écologique
⏱️L’ancien joueur de rugby a une minute pour expliquer son nouveau projet professionnel !
Retrouvez le… pic.twitter.com/2Kuy6ploHe
— Sud Radio (@SudRadio) January 25, 2025
Sensibiliser et impliquer les acteurs du sport
En tant qu’ancien sportif, je sais à quel point les athlètes peuvent être des modèles. Impliquons-les dans cette transition ! Sensibilisons-les aux enjeux environnementaux et encourageons-les à porter ces messages. Tout comme les sponsors qui ont un rôle crucial à jouer.
Les sponsors ont un rôle clé à jouer
Les sponsors, qui financent et soutiennent les compétitions, ont, eux aussi, un pouvoir pour impulser le changement. Pourquoi ne pas conditionner leur soutien en exigeant des événements qu’ils respectent des critères écoresponsables stricts ? Ils ont aussi la capacité de sensibiliser le grand public en promouvant des valeurs durables. Leur engagement n’est pas qu’une question d’image : c’est une responsabilité. Les sponsors peuvent devenir des acteurs majeurs de la transition écologique et si les sponsors montraient l’exemple en soutenant uniquement des événements alignés avec ces principes, cela créerait une dynamique vertueuse pour l’ensemble du secteur.
Explorer des alternatives innovantes
Et si nous imaginions des compétitions hybrides, combinant épreuves sur neige et épreuves sur d’autres surfaces pour diversifier son offre et réduire sa dépendance à la neige ? Le biathlon, par exemple, pourrait multiplier les épreuves de ski-roues, comme le Roller-Ski, pour diversifier son offre et réduire sa dépendance à la neige. Ces formats pourraient attirer un nouveau public et ouvrir des perspectives inédites.
Ne pas attendre que la neige disparaisse
Le réchauffement climatique est une réalité, et les sports d’hiver en sont l’un des premiers témoins. Plutôt que de continuer à compenser par des méthodes polluantes, il est temps d’innover, de repenser nos pratiques et de montrer que le sport peut être un vecteur de changement positif. Les organisateurs, les fédérations, les athlètes et les fans ont tous un rôle à jouer dans cette transition.
Ne nous contentons pas de regarder la neige fondre. Agissons, innovons et montrons que le sport peut être à la pointe de la lutte pour la préservation de notre planète. Ne laissons pas le transport de neige par camions devenir le symbole de notre impuissance face au dérèglement climatique. Au contraire, faisons-en le point de départ d’une réflexion et d’une action déterminée pour préserver l’avenir des sports d’hiver, et plus largement, de notre planète.
Julien Pierre
Fondateur de Fair Play For Planet


