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Le difficile renouvellement de l’Angola, ogre déchu du basket africain

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Le difficile renouvellement de l’Angola, ogre déchu du basket africain
Photo Angola Basketball

Force dominatrice incontestée sur le continent africain durant plus de trente ans, l’Angola vient de vivre un nouvel échec cuisant au dernier Afrobasket, avec une élimination en quarts de finale. Un énième affront pour une puissance continentale qui est en train de payer sa stagnation durant la dernière décennie.

Les temps sont durs pour l’Angola. Habituée à régner sans partage sur l’Afrique, la nation lusophone est depuis plusieurs années aux abonnés absentes. Une chose encore inenvisageable il y a dix ans. A l’époque, l’Angola domine le continent avec une violence inouïe. Entre 1989 et 2013, elle remporte ainsi 11 des 13 éditions ! Une hégémonie totale que rien ne semblait pouvoir atteindre. Sauf que depuis la défaite en finale de l’Afrobasket 2011 face à la Tunisie, les choses se sont compliquées.

Une crise de résultats inédite depuis plus de quarante ans

Déjà, pour la première fois depuis Barcelone en 1992, les Palancas Negras n’ont pas disputé les Jeux Olympiques en 2012. Il s’agit alors du premier échec d’une longue série puisque depuis, ils ont également été dans l’incapacité d’obtenir leur billet pour Rio ou Tokyo. Cela n’a rien d’étonnant puisque sur le continent, à l’exception d’un dernier titre de champion d’Afrique acquis en 2013, la sélection n’est plus parvenue à obtenir l’or.

Successivement, l’Angola a vu son statut d’ogre sans pitié s’effriter progressivement pour finalement s’effondrer brutalement. En 2015, elle se fait une nouvelle fois battre en finale de l’Afrobasket, par le Nigeria cette fois. Mais c’est en 2017 que le tournant intervient. Battu en poules par le Maroc, puis par le Sénégal dès les quarts de finale, le basket angolais ne voit même pas le dernier carré. Un véritable traumatisme pour une sélection qui avait toujours obtenu une médaille sur le sol continental depuis…1981, soit dix-sept éditions consécutives ! Les blessures n’ont pas été guéries, comme on a pu s’en rendre compte il y a quelques jours à Kigali lors de l’Afrobasket 2021.

Inconsistants en phase de poules, ils s’en sont sortis avec une seule victoire (RD Congo) pour deux défaites (Cap-Vert, Rwanda). Malgré cette première phase inconsistante, les Angolais ont réagi en éliminant l’Égypte en huitièmes de finale, avant de montrer leurs limites une nouvelle fois en quarts de finale, face au Sénégal.

Un vide générationnel difficilement comblé par les vétérans

Il faut dire que ces dernières années, le renouvellement des joueurs a mis du temps à se mettre en place. Ainsi, les leaders de la sélection dernièrement ont été les historiques Leonel Paulo, Carlos Morais ou Eduardo Mingas. Mais tous ayant déjà bien dépassé les trente-cinq ans, ils ne possèdent plus les mêmes cannes. Encore présents et utiles, ils n’ont en revanche pas pu combler le trou générationnel qui a frappé le vivier local ces dernières années.

Gangrenée par des conflits d’intérêts, la fédération angolaise n’a pas réformé son système pour se mettre à niveau, et s’est clairement faite dépasser par plusieurs nations du continent sur le plan de la formation. Cependant, le basket reste un sport énormément populaire au pays, et il peut s’appuyer sur des clubs emblématiques comme les Petroleos de Luanda pour continuer à produire des talents. Lors du dernier Afrobasket, la nouvelle génération symbolisée par Childe Dundao ou Jilson Bango a commencé à se montrer. Le talent est là, mais il faut tout mettre en œuvre pour bâtir de nouveau un projet cohérent.

De Sousa et Fernando, deux talents à convaincre

Un projet auquel pourraient adhérer les deux stars du basket angolais évoluant aux États-Unis : Silvio de Sousa en NCAA (Chattanooga Mocs) et surtout Bruno Fernando en NBA (Atlanta Hawks). Actuellement non intéressés pour rejoindre l’équipe nationale, ils doivent pourtant être les pierres angulaires de cette sélection angolaise par leur talent évident. Le problème est que les joueurs ont envie de rejoindre un environnement sain et cadré, ce qui n’est pas forcément le cas de la sélection.

Avec une concurrence de plus en plus forte qui ne lésine pas sur les moyens, il va absolument falloir retrouver une stabilité au niveau des dirigeants du basket angolais pour reposer des fondations solides. Cela sera indispensable afin de retrouver une place forte sur un continent, dont le niveau ne fait que s’améliorer au fil des années.


Journaliste/Rédacteur depuis 2012 - Bercé par l’amour des Girondins de Bordeaux, les échecs de Christophe Moreau sur le Tour de France sous l'ère Lance Armstrong et le fade-away létal de Dirk Nowitzki, ma passion dévorante pour le sport a toujours été un pan incontournable de ma vie. Transmettre ma passion à l’écrit a toujours été une vocation. Quand les autres sortaient les cartes Pokémon ou Yu-Gi-Oh dans la cour de l’école, je ripostais avec des cartes Panini ou des fiches Onze Mondial. La puissance de Jean-Claude Darcheville n’a pas d’égal.

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