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Le karaté, l’oublié de Paris 2024

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Hier, le Comité d’Organisation des Jeux Olympiques de Paris (COJO) dirigé par Tony Estanguet a annoncé la liste des sports invités en 2024. Dans cette liste figurent trois sports déjà invités à Tokyo (24 juillet au 9 août 2020). Cependant, le karaté, lui, semble oublié. Une réelle désillusion pour l’ensemble des pratiquants.  

Les sports de rue favorisés

La volonté de casser les codes clairement affichée depuis des mois par Tony Estanguet est une première explication à l’absence du karaté. Le COJO souhaite atteindre un nouveau public et pour cela, quoi de mieux que des sports de rue comme le skateboard et le breakdance ? D’autant plus que les stars de ces sports ont l’avantage des followers sur les réseaux sociaux. C’est en effet un argument avancé, le faible nombre de followers sur Twitter du champion du monde Steven Da Costa (1602 abonnés) n’a apparemment pas satisfait le COJO. L’organisation mise également sur des sports de plus en plus tendances, à l’image du skateboard ou du surf qui comptent de plus en plus de pratiquants chaque année.

Par ailleurs, le COJO nous explique que des sports comme le surf comptent de nombreux jeunes pratiquants. Mais cet argument n’est plus tellement valable lorsque l’on sait que, rien qu’en France, sur 250 000 licenciés, le karaté compte 120 000 jeunes. S’interroger sur l’absence du karaté aux Jeux Olympiques 2024 est donc tout à fait légitime, d’autant plus que c’est un sport alliant spectacle en kumite (combat) et esthétique en kata (suite de mouvements codifiés).

Le karaté, un sport pour les médailles !

Cette décision apparaît comme incompréhensible puisque le karaté peut rapporter de nombreuses médailles à la délégation française. En effet, la Fédération compte dans ses rangs un certain nombre de médaillés internationaux, dont certains qui se sont emparés de la plus belle breloque. Alexandra Recchia est championne du monde et championne d’Europe, Steven Da Costa quant à lui, est champion du monde et double champion d’Europe 2016. Kenji Grillon, de son côté, est double champion du monde et triple champion d’Europe, pour ne citer qu’eux. En tout, ce sont 15 titres mondiaux remportés lors des quatre derniers championnats du monde.

Alexandra Recchia, l’une des têtes d’affiche du karaté tricolore – AFP

Si l’on regarde le ranking World Karate Federation (WKF, classement des meilleurs karatékas), nous n’avons pas moins de 10 karatékas dans le top 10 de leur catégorie. Sans compter le fait que la France termine à chaque compétition dans le top 3 des pays médaillés. Ce fut le cas la semaine dernière à Dubaï (3ème nation), mais aussi à l’Open de Paris en début d’année (2ème nation). Pas suffisant pour convaincre le COJO 2024 ? Étonnant.

2020, et après ?

Le karaté, au même titre que le skateboard, le surf et l’escalade, fait partie des sports invités aux Jeux Olympiques de Tokyo, un événement pour lequel la fédération française se prépare depuis plusieurs années. Mais tous ces efforts seront donc sans lendemain. Le rêve olympique de milliers d’athlètes s’effondre et nos karatékas n’auront pas l’opportunité de combattre devant leur public dans la plus belle compétition. Alors il leur faudra tout donner à Tokyo, puisque ce sera peut-être la seule et dernière apparition du karaté aux JO. Tant d’efforts pour retomber dans l’oubli, ou presque.

De nombreuses réactions

La réaction de la Fédération Française de Karaté (FFK) ne s’est pas faite attendre. Elle a publié hier dans la journée un communiqué dans lequel elle exprime son incompréhension et son exaspération. Cependant, elle ne semble pas vouloir se battre pour faire changer d’avis le COJO pendant qu’il en est encore temps.

Steven Da Costa, contacté par de nombreux médias, a également exprimé son dégoût. Lui se battra pour devenir champion olympique en 2020 mais se sent trahi par son pays. La WKF a aussi publié son communiqué dans lequel elle fait part de son mécontentement et rappelle que la France fait partie des meilleures nations de ce sport. Enfin, le karaté s’est vu recevoir le soutien de nombreux anonymes sur les réseaux sociaux faisant part de leur incompréhension. Une pétition a également été mise en ligne. Dans tous les cas un seul mot d’ordre : se relever et continuer à se battre comme le karaté l’a toujours fait.

Le CIO décidera en décembre 2020

Pour l’instant, rien n’est encore réellement joué puisque la décision finale revient au Comité International Olympique (CIO). Celui-ci devra approuver ou non les quatre sports proposés par le COJO en décembre 2020, quelques mois après les Jeux de Tokyo. Le karaté doit donc continuer à se battre et montrer lors des JO 2020 qu’il mérite sa place en tant que sport olympique. Le breakdance, principal concurrent pour la place en 2024, a de son côté déjà eu l’occasion de s’exprimer lors des Jeux Olympiques de la Jeunesse (octobre 2018). Affaire à suivre.

Quentin Marchesan


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