Le manque de neige dans les stations inquiète (beaucoup) les sportifs
Déjà évoqué en automne par l’équipe de France de ski alpin, le manque de neige en montagne continue d’inquiéter les sportifs, comme la championne olympique de ski acrobatique Perrine Laffont.
Hier, Perrine Laffont tirait la sonnette d’alarme chez nos confrères de FranceInfo : « Cela fait quatre ans que je m’entraîne à haut niveau, que je vais sur les glaciers et que je côtoie le ski une grande partie de l’année. En seulement quatre ans, ça ne cesse d’évoluer et de se dégrader, c’est de pire en pire. » Effectivement, cette année encore, l’or blanc se fait rare, voire très rare dans les stations de l’Hexagone.
Si les professionnels de la montagne sont les premiers impactés, les sportives et sportifs de haut niveau ne sont pas en reste : « En ce moment, entre Noël et le 1er janvier, où l’on s’entraîne en France, on a du mal à trouver un lieu avec de la neige adéquate pour faire une piste parce qu’il n’y a que de la glace, très peu de neige. De même l’été, quand on va s’entraîner sur les glaciers, il y a de plus en plus de crevasses chaque année, la situation devient dangereuse pour nous. » déclarait encore la championne olympique de ski de bosses à Pyeongchang. Si la situation est compliquée pour le ski acrobatique, elle l’est tout autant pour les autres disciplines hivernales.
« C’est la cohue sur le peu de glaciers ouverts »
En octobre, déjà, les conditions d’entraînement s’avéraient compliquées, la faute à un automne plus doux que la normale. Résultat, les glaciers français étaient, pour la plupart, fermés, empêchant les skieurs de s’entraîner normalement. Les équipes de France ont alors dû revoir leurs plans et à l’instar des autres nations, elle se sont orientées vers les glaciers suisses et autrichiens, davantage gâtés en précipitations neigeuses et températures négatives. Conséquence, des pistes prises d’assaut et une préparation délicate : « C’est un peu du grand n’importe quoi. Si on n’a pas les bons pass, si on ne figure pas parmi les meilleurs mondiaux, alors on ne peut pas monter tout de suite, donc on fait une heure de queue. », déclarait Adrien Théaux à Europe 1 à quelque semaines du début de la Coupe du monde de ski alpin.
Et ce déficit d’enneigement touche également les échelons inférieurs. Un exemple criant, celui du Samse National Tour, circuit de compétitions de destiné à la relève française dans les disciplines nordiques. Ce week-end devait se tenir aux Contamines (Haute-Savoie) la deuxième manche en biathlon. Faute de neige, la Fédération Française de Ski a décidé le 29 décembre dernier de déplacer les épreuves en Isère, au Col de Porte. Une organisation express a dû se mettre en place en quelques jours afin que les compétitions aient lieu dans de bonnes conditions. Comme quoi, les Alpes ne sont pas épargnées par ces conditions difficiles.
Inquiétant pour l’avenir
Si les spécialistes mettent ce phénomène sur le compte du réchauffement climatique, tout en précisant que cela sera de plus en plus récurrent, les acteurs du monde du ski tentent de trouver des solutions. Dômes réfrigérés, neige de culture sur les glaciers, délocalisation des entraînements en Asie sur de la neige artificielle ou en Amérique du Nord, des alternatives sont déjà en marche depuis des années et tendent à se développer. Mais là encore, l’argument écologique entre en considération. « Je me demande si dans 10 ans, je pourrai encore faire du ski. » s’inquiète Perrine Laffont. Une préoccupation légitime au regard des différents rapports sur le réchauffement climatique sortis récemment. Quel sera l’avenir du ski ?


