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Roland-Garros 2020

Le phénomène Iga Swiatek

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Corinne Dubreuil / FFT

ROLAND-GARROS 2020 – La Polonaise s’est révélée aux yeux du grand public ces deux dernières semaines. Portrait d’Iga Swiatek, finaliste de Roland-Garros.

Un Roland-Garros 2020 de haute volée

Iga Swiatek, 19 ans, 54e mondiale, n’a pas perdu un set depuis le début du tournoi. Mieux, elle n’a jamais perdu plus de 5 jeux face à ses adversaires (Hsieh au deuxième tour). Depuis le début de la quinzaine, elle a été impressionnante face à la finaliste 2019 Vondrousova (6-1 6-2), Hsieh (6-1 6-4), Bouchard (6-3 6-2), Halep (6-1 6-2), Trevisan (6-3 6-1) et Podoroska (6-2 6-1). Bosseuse, elle ne s’arrête jamais et utilise le double (éliminée en demi-finales avec Nicole Melichar) comme entraînement.

Elle est ainsi la troisième Polonaise à atteindre une finale de Grand Chelem après Jedrzejowska (Wimbledon 1937 et Roland-Garros 1939) et Radwanska (Wimbledon 2012). Si elle l’emportait, elle serait la première Polonaise à remporter un titre du Grand Chelem. Après sa demi-finale, elle a confié qu’elle ne pensait pas joueur aussi bien au début du tournoi mais qu’elle avait toujours su que si elle était en finale de Grand Chelem un jour, ça serait à Roland-Garros, ce qui est un rêve pour elle.

Une famille de sportifs

Chez les Swiatek, le sport c’est de famille. Son père Tomasz Swiatek est un ancien rameur. Il a participé à la finale des JO 1988 de Séoul dans la catégorie quatre de couple. Il a voulu que ses deux filles soient des athlètes de haut niveau. Iga a choisi le tennis pour faire comme sa sœur et la battre. De trois ans son aînée, Agata a dû renoncer après quelques années sur le circuit ITF en raison de blessures.

Une confirmation de son potentiel

Iga Swiatek n’est pas là par hasard. Si être performant en juniors ne garantit pas des résultats en seniors, c’est une très bonne base. En 2016, elle remportait le premier tournoi professionnel qu’elle disputait après avoir reçu une invitation pour les qualifications. Cette année-là, elle a remporté la Fed Cup junior avant d’atteindre la finale de double juniors à l’Open d’Australie en 2017. L’année suivante, elle a été éliminé en demi-finale lors du tournoi juniors de Roland-Garros par Caty McNally mais a remporté le double avec celle-ci. Le mois suivant, elle remportait Wimbledon. Elle a ponctué sa « carrière junior » par une victoire lors du double des Jeux Olympiques de la Jeunesse en 2018 à Buenos Aires. En 2019, elle a disputé sa première finale WTA à Lugano, atteint les huitièmes de finale à Roland-Garros et fini la saison dans le Top 100 (61).

La psychologie, maillon essentiel dans sa préparation

Avant Roland-Garros, Swiatek avait fait un troisième tour à l’US Open après une élimination au premier tour à Cincinnati. Sur terre, elle a également été battue au premier tour à Rome par Arantxa Rus. La reprise post-COVID a été compliquée pour elle. Elle a ressenti de la pression à l’US Open avec l’absence de plusieurs joueuses et elle était stressée. Entre New York et Rome, elle a travaillé en Pologne avec son coach Piotr Sierzputowski et la psychologue du sport Daria Abramowicz. Elle travaille avec cette dernière depuis deux ans et Abramowicz voyage régulièrement avec elle lors des gros tournois.

Je ne pense pas qu’il y a beaucoup de personnes qui parlent de la psychologie dans le tennis. Mais je crois que le mental, être dure mentalement, c’est sûrement l’une des choses qui comptent le plus dans le tennis, parce que tout le monde peut sortir un très haut niveau de tennis. Mais celles qui sont costaudes mentalement, peuvent mieux gérer la pression, et ce sont les meilleures joueuses. J’ai toujours voulu évoluer dans ce sens.

Swiatek prend clairement son entraînement mental aussi sérieusement que son entraînement physique. Il est rare de voir une aussi jeune athlète avoir un psychologue à plein temps dans son équipe et parler ouvertement de la gestion de ses tensions psychologiques liées au statut d’athlète professionnel. Cela prouve la maturité de la joueuse qui confie qu’Abramowicz contribue à ce qu’elle ait un niveau de confiance plus élevé. Et il faut être solide pour arriver où elle en est. Contrairement à d’autres joueuses, elle a rarement eu des invitations pour des tournois et dans le passé, cela l’a frustrée. Mais une fois qu’elle a accepté cela, elle s’est remotivée à travailler pour gagner sa place dans ces tournois par elle-même.

Adoubée par ses pairs

Ils sont nombreux à la féliciter et si elle a vu le message de félicitations de Naomi Osaka après son match face à Halep, elle essaie de ne pas trop regarder son téléphone pour rester déconnectée.

Amies depuis leur match en Coupe Rogers l’été dernier, le parcours de la Japonaise à l’US Open est une source d’inspiration pour elle : “C’est une joueuse qui a fait ce qu’il fallait faire. Et ça a payé”. Après sa défaite au troisième tour à l’US Open, Swiatek avait déjà reçu les compliments de son adversaire Azarenka. Et si Mats Wilander est un habitué des polémiques, il dit aussi des choses intéressantes. L’ancien champion compare Swiatek à Djokovic et pense qu’elle peut dominer le tennis féminin. Morceaux choisis :

Je n’ai pas vu une joueuse aussi jeune qu’elle aussi complète pour ce qui est de construire des points et d’avancer, de prendre la balle tôt. La faiblesse de la plupart des femmes est le deuxième service et elle va les punir sur n’importe quelle surface. Son jeu de base me rappelle Novak Djokovic, qui reste là, près de la ligne de fond mais qui saisit chaque occasion sur des balles plus molles et courtes pour vous faire mal avec. Elle a une incroyable variété dans son jeu. Maintenant, il s’agit simplement d’améliorer la technique, en particulier la volée du revers, mais elle bouge bien, elle est forte, elle frappe fort, elle donne des effets à la balle.

Joue-la comme Nadal

Toutes proportions gardées, il y a un côté Nadal chez elle. Elle joue simple et efficace, tout est réfléchi. Comme elle l’a dit, elle a abordé sa demi-finale comme si c’était un match du premier tour. Nadal joue chaque point comme si c’était une balle de match et on retrouve un peu de cela dans son jeu. Le fait que l’Espagnol soit son idole n’y est peut-être pas étranger. Quand elle était jeune, elle ne regardait que les matchs de Nadal. Et dès qu’elle en a l’occasion, elle regarde les matchs du Marjorquin. Elle a d’ailleurs regardé 20 minutes de sa rencontre face à Sinner qui s’est jouée après son propre quart face à Trevisan.

Le circuit WTA est très dense, sans une joueuse qui se détache. Quand les meilleures pourront toutes concourir en même temps, on verra si des joueuses comme Barty, Kenin ou Osaka peuvent s’installer sur la durée et créer des rivalités. Alors selon vous, Iga Swiatek, simple phénomène 2020 ou partie pour durer au plus haut niveau ?

Iga Swiatek, partie pour rester ?

Arlette


Journaliste/rédactrice depuis septembre 2015 - Supportrice de Chelsea, mes sports de prédilection sont le handball, l'athlétisme et le tennis. Si je tweete plus vite que mon ombre, vous pouvez aussi me retrouver les week-ends sur les playgrounds de Bruxelles pour un petit foot ou basket entre potes. Parcourir la France, l'Europe et plus si affinités pour suivre mes sportifs préférés ? Mon kif ! Et c'est avec plaisir que je partage les résultats des sports populaires mais également plus confidentiels pour Dicodusport.

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