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Le Portel en plein chaos, l’avenir du club en grand danger

Maxime Cazenave

Publié le

Le Portel en plein chaos, l’avenir du club en grand danger
Photo Icon Sport

BETCLIC ÉLITE 2025-2026 – En cette fin de saison, Le Portel va jouer son avenir non seulement sur le terrain, mais surtout en coulisses.

Il s’agit sans aucun doute de la plus belle aventure du basket français de la décennie écoulée. Dans un basket moderne impitoyable, où la course à l’armement s’intensifie sans cesse, Le Portel représente une véritable anomalie depuis dix ans.

Alors que des clubs historiques se sont effondrés (Metropolitans 92, Hyères-Toulon) et que de nouveaux riches ont émergé en déployant des moyens colossaux (AS Monaco, Paris Basketball), l’ESSM Le Portel a traversé les saisons en conservant sa place dans l’élite du basket français. Un exploit qui aura duré dix ans, avant que cet exercice 2025-2026 ne se transforme progressivement en véritable calvaire.

Kenny Grant en plein cauchemar

Sportivement, les Portelois n’ont tout simplement jamais existé cette saison. La recette miracle n’a jamais été trouvée et cet exercice s’apparente à un véritable chemin de croix. Au-delà des lourdes défaites encaissées, l’ESSM Le Portel n’a remporté qu’un seul match de championnat cette saison. Arrivé pour prendre la relève de l’icône Éric Girard, Kenny Grant n’est jamais parvenu à trouver la bonne formule avec un effectif limité, tant en quantité qu’en qualité.

Comme Serge Crèvecoeur à l’époque, l’Américano-Suédois s’est heurté à la complexité du « miracle permanent » que représente l’ESSM Le Portel. D’autant que ce dernier n’a pas été aidé par un contexte économique critique, qui a entraîné plusieurs décisions difficiles à comprendre ces derniers mois.

En effet, rien que sur le banc, l’imbroglio a été total. Il y a un mois, le coach avait été mis en retrait pour laisser la place à Arnaud Ricoux. Mais la semaine dernière, le président Yoann Rivoal a annoncé le retour de Kenny Grant sur le banc. Une décision surprenante, dictée par la situation financière du club, et qui n’a pas produit l’effet escompté. Trois jours plus tard, l’ancien entraîneur de Pro B a été placé en arrêt maladie, écrasé par la pression qui entoure toutes les strates du club… laissant ainsi Arnaud Ricoux assurer un nouvel intérim.



Un effectif décimé pour la deuxième partie de saison

Sur le parquet, l’ESSM Le Portel n’a désormais plus rien à jouer. Englué en fond de classement, le club occupe la dernière place du championnat, avec zéro victoire au compteur. La faute à une sanction de la LNB pour « présentation de comptes ou de documents prévisionnels non fidèles et sincères », entraînant le retrait de l’unique succès acquis sur le terrain. Cette décision, difficile à accepter au regard d’autres choix de la ligue (aide exceptionnelle de 500 000 € accordée à Monaco, avant rétractation), annoncée juste avant les fêtes, a sonné comme un coup de grâce.



Depuis, le club vit au rythme des blessures mais aussi des départs non compensés de joueurs majeurs, à l’image de ceux, récents, des deux meilleurs marqueurs, Mike Smith et Ivan Février. Résultat : pour son prochain match, Le Portel ne pourra compter que sur cinq joueurs professionnels, entourés de néo-professionnels (Ebunangombe, Mepte, Monney-Deido, Ba…). Des promotions internes forcées par la situation, mais également dictées par la volonté de donner de l’expérience à des joueurs appelés à tenir un rôle en Élite 2 la saison prochaine. Si le club participe au championnat…

600 000 € de déficit à combler, Le Portel pris à la gorge

La menace d’une rétrogradation administrative plane au-dessus du Chaudron, conséquence d’un déficit estimé à 600 000 €. Lors d’une rencontre avec les supporters organisée ce lundi, le président démissionnaire Yoann Rivoal (démission annoncée la semaine dernière) a détaillé l’urgence financière.

Présent sur place, le journal La Voix du Nord a retranscrit ses explications. Parmi les causes évoquées : un manque à gagner de 200 000 € lié à la baisse de la fréquentation d’un Chaudron habituellement plein, conséquence directe des résultats sportifs. S’y ajoutent 250 000 € de pertes liées à la Coupe d’Europe, en raison de « promesses non tenues par les collectivités », ainsi que les 150 000 € disparus après le décès de Jacques Wattez, principal sponsor du club.

Par ailleurs, le maire de la ville, Olivier Barbarin, s’est exprimé en rappelant l’effort exceptionnel consenti il y a trois ans (900 000 € débloqués), tout en confirmant que, « malgré des garanties municipales et des actionnaires », les banques ont refusé de prêter la somme au club. Pour éviter un naufrage immédiat, la Ville a anticipé le versement d’une subvention habituelle. Un soulagement temporaire qui ne comble toutefois pas le déficit, rendant les prochaines semaines décisives pour l’avenir du club.

 

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