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Rugby à XV

Le projet R360 va-t-il changer le rugby à jamais ? On vous dit tout sur ce championnat rebelle

Aurélien Torreilles

Publié le

Le projet R360 va-t-il changer le rugby à jamais On vous dit tout sur ce championnat rebelle
Photo Icon Sport

Au cœur de toutes les discussions en ce moment, le championnat rebelle R360 affole la planète rugby. Mais à quoi pourrait réellement ressembler ce nouveau format ?

Dans un monde du rugby déjà tiraillé entre traditions séculaires et modernité galopante, l’arrivée annoncée de la R360 fait l’effet d’un pavé dans la mêlée. Pensée comme une compétition « révolutionnaire » en marge des circuits officiels, cette ligue autoproclamée veut bouleverser les codes et s’affranchir des fédérations historiques. Mais derrière ses promesses de spectacle et d’innovation, nombreux sont ceux qui y voient surtout un projet déconnecté de l’essence même du rugby : celle d’un sport collectif bâti sur l’histoire, les racines et le respect des institutions.

Car si R360 entend séduire par son format plus court, ses affiches clinquantes et ses moyens colossaux, ses ambitions laissent sceptiques une grande partie de la planète ovale. Clubs, instances et anciens joueurs dénoncent un projet guidé avant tout par l’argent et l’attrait du show, au détriment des valeurs et de l’équilibre du calendrier déjà saturé. Certains redoutent même une fracture durable dans l’écosystème du rugby mondial. Et une question s’impose : ce championnat  rebelle est-il une évolution nécessaire… ou une dérive mercantile vouée à fragiliser tout un sport ?

Un format et une organisation atypique

Et si cette nouvelle entité vient bousculer les codes du rugby mondial tel qu’on le connait, c’est parce qu’il ne ressemble en rien aux formats de compétitions habituels. Fondé par les stars Mike Tindall, Stuart Hooper et Mark Spoors, le R360 promet d’amener un tout nouveau format, calqué notamment sur le style de la Formule 1. En s’appuyant sur un fonds d’investissement basé aux Émirats arabes unis 885 Capital, la compétition rebelle vise un top départ en octobre 2026. Avec des étapes similaires à celles du Circuit Seven dans les villes de Londres, Dubaï, Boston, Tokyo ou Le Cap, le R360 espère attirer les foules de plusieurs régions autour d’un format différent.

En effet, c’est dans le format et dans l’organisation que le R360 cherche à tirer son épingle du jeu. D’abord dans les franchises. 6 à 8 chez les hommes, 4 pour les femmes. Chacune des franchises sera dotée d’une identité nationale ou régionale. Ensuite, c’est dans la temporalité que ce championnat diffère. Avec deux fenêtres de championnat dans l’année, d’abord entre avril et juin, puis entre août et octobre, les différentes équipes ne joueront que pendant quatre mois. Enfin, et c’est sur ça que repose le concept du R360 : c’est un championnat itinérant. En voguant aux quatre coins du monde à la manière du championnat du monde de Formule 1, le championnat dissident espère attirer les mêmes foules que pour le sport auto, en alliant évènements sportifs, festivals, animations et shows type Super Bowl.

Le R360 va chambouler les 3 rugbys

Si le format risque déjà de bousculer la survie des différents championnats mondiaux, l’apparition d’un tel championnat pourrait même bousculer le rugby dans sa forme la plus profonde. Plus de frontières entre rugby à XV, rugby à XIII et rugby à 7 puisque le R360 souhaite attirer les joueurs les plus influents de ces trois disciplines que le ballon ovale réunit. Des quinzistes Antoine Dupont, Siya Kolisi, Finn Russell ou Maro Itoje en passant par les treizistes les plus en vue comme Ryan Papenhuyzen, Zac Lomax ou Roger Tuivasa-Sheck, l’objectif est d’accaparer les services de joueurs à l’aura grandissante ou déjà très haute sur la planète rugby afin d’attirer les foules.



Mike Tindall a même jeté son dévolu sur une star des Red Roses. Tout juste auréolées d’un titre de championnes du monde, l’équipe féminine d’Angleterre est déjà liée à la rumeur R360. Ancien international anglais, Mike Tindall, un des fondateurs du championnat rebelle, aimerait attirer Ellie Kildunne. Marqueuse d’un essai en finale de Coupe du monde face au Canada, la superstar du rugby anglais féminin serait prête à rejoindre le R360. Comme Cristiano Ronaldo lors de son départ en Arabie Saoudite, Ellie Kildunne pourrait être une pionnière et le détonateur d’un mouvement collectif vers ce type de nouveau format.



Et pour attirer ce genre de joueurs et de joueuses, quels leviers possèdent les dirigeants de ce championnat rebelle ? L’argent. Comme le font les clubs de football saoudiens, qataris ou émiratis, le R360 compte proposer des sommes faramineuses aux joueurs, allant de 500 000€ à 1.5 M d’€ afin de s’adjuger leurs services. Mais malgré ces chiffres affolants, rugby à XV et à XIII ont commencé à monter au créneau. Le patron de la NRL (XIII) Peter V’landys a dénoncé un championnat « mercantile » et prévient de « sévères conséquences » pour tout joueur rompant son contrat en Australie pour R360.

Les Fédérations réagissent

À XV, Rugby Australia a déjà prévu de blacklister de la sélection nationale tout joueur qui s’engagerait avec le championnat dissident. Bref, le projet n’a pas fini de faire des remous. Et comme l’Australie, 8 nouvelles fédérations ont embrayé et décidé de fermer la porte des sélections aux joueurs qui choisiraient R360. C’est le cas de la Nouvelle-Zélande, l’Afrique du Sud, l’Irlande, l’Angleterre, l’Italie, l’Écosse et bien sûr la France. Revendiquant un manque d’information sur la gestion du bien-être, de la santé et de la préparation des joueurs, ces 8 nouvelles sélections critiquent vivement le nouveau projet de Mike Tindall qui voit de plus en plus d’obstacles apparaitre à sa moderno-utopie rugbystique.

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