Les demis de mêlée français : Un réservoir exceptionnel
RUGBY – Le poste de demi de mêlée, connu pour être occupé par des filous, des teignes, bref des joueurs que l’on ne perçoit qu’avec un numéro 9 dans le dos et rien d’autre, est charnière au rugby. Vision du jeu, distribution ou même gestion, le demi de mêlée doit être polyvalent pour accomplir les nombreuses tâches qui lui sont assignées. Sans un bon numéro 9, l’épine dorsale d’une équipe de rugby est affaiblie. En France, les talents à ce poste sont tout autant phénoménaux que nombreux.
Dans l’histoire du rugby français, ces joueurs ont souvent brillé et ont marqué les décennies dans lesquelles ils ont joué. Depuis la création du titre de meilleur joueur du monde de rugby (décerné chaque année depuis 2001), trois Français ont eu le privilège de remporter ce prix (Fabien Galthié en 2002, Thierry Dusautoir en 2011 et Antoine Dupont en 2021). Sur ces trois légendes du rugby, deux d’entre eux (Galthié et Dupont) sont des demis de mêlée. Cette statistique, loin d’être anodine, démontre la richesse des talents français à ce poste et ce réservoir immense nous permet d’admirer chaque week-end des nouvelles pépites.
Si la place d’Antoine Dupont en tant que titulaire au sein du XV de France semble incontestable, et que son remplaçant Maxime Lucu (29 ans, 9 sélections) est ancré dans la rotation des Bleus, la suite de la hiérarchie des numéros 9 n’est pas encore confirmée. Découvrons les meilleurs demis de mêlée français à l’heure actuelle (Top 14 et Pro D2) afin de faire un état des lieux des futurs joueurs sélectionnables.
Le titulaire indiscutable du XV de France
Comment évoquer les numéros 9 français sans mettre en lumière le meilleur joueur du monde (élu en 2021 par World Rugby), Antoine Dupont. Pièce maitresse du renouveau du XV de France, le Toulousain ne cesse de nous épater à chaque apparition. Capitaine en club et en sélection quand cela est nécessaire, leader d’attaque et ardu en défense, ce joueur possède toutes les qualités requises pour dominer le rugby mondial dans les prochaines années. Avoir Antoine Dupont dans son équipe est une richesse exceptionnelle, mais la force de ce XV de France est de pouvoir compter sur des remplaçants de très haut niveau, dont l’actuel n°2, Maxime Lucu (29 ans, 9 sélections). Si ce dernier a déjà fait ses preuves en Bleus et est assuré d’être encore dans les petits papiers de Fabien Galthié, d’autres joueurs peuvent (rapidement) amener une concurrence féroce pour les remplacer.
Derrière Dupont et Lucu, une concurrence féroce
Baptiste Couilloud (25 ans)
Actuel joueur du LOU, le demi de mêlée français (10 sélections pour 2 essais) est un joueur phare du Top 14 à son poste depuis de nombreuses saisons. Déjà élu meilleure révélation de la saison 2017-2018, le natif de Lyon a su étoffer son jeu pour s’imposer en tant que vrai leader dans l’équipe. Connu pour ses qualités d’attaquant (meilleur marqueur de la saison 2021/2022 avec 11 essais) et sa vitesse d’exécution, Baptiste Couilloud a su porter le LOU en haut des sommets la saison passée. Finaliste de la Challenge Cup, le joueur de 25 ans a marqué 2 essais face au RC Toulon, démontrant la nouvelle dimension du demi de mêlée.
Nolan Le Garrec (20 ans)
Malgré sa jeunesse, le natif de Vannes a su s’imposer au Racing 92 dans un effectif pourtant rempli d’internationaux expérimentés. Formé dans sa ville de naissance, Nolan Le Garrec a très rapidement connu les sélections jeunes (4 sélections en – de 18 ans et 8 en – de 20), lui permettant d’évoluer rapidement. En effet, alors qu’il n’avait que 18 ans et 5 mois, Le Garrec fait ses premiers pas en Top 14 en 2020. Ses qualités athlétiques qui correspondent aux standards du rugby moderne à son poste (1m75, 78kg), sa vitesse de jeu et sa vivacité font des ravages en championnat jusqu’à lui offrir, dès la saison 2021-2022, une place de titulaire à la mêlée du Racing.
Depuis, il a disputé 34 matchs avec les Franciliens se rapprochant de plus en plus d’une sélection chez les A. Sa marge de progression impressionnante et sa vitesse d’apprentissage fulgurante font de lui, selon certains spécialistes, le futur remplaçant d’Antoine Dupont pour la Coupe du monde 2023, en lieu et place de Maxime Lucu. Le chemin semble néanmoins encore long pour cela.
Voici notre groupe pour les @autumnnations 2022#NeFaisonsXV #XVdeFrance pic.twitter.com/4B8R43tZAA
— France Rugby (@FranceRugby) October 17, 2022
Des révélations de plus en plus impressionnantes
Léo Coly (23 ans)
La génération des champions du monde – de 20 ans 2018 et 2019 nous a fourni des talents exceptionnels, dont le jeune Léo Coly. Formé au Stade Montois et disputant son premier match professionnel en Pro D2 en 2018, il a rejoint les rangs de Montpellier (champion de France en titre) afin de prendre une nouvelle dimension. Lors de la saison précédente, Coly a éclaboussé la deuxième division de son talent avec Mont-de-Marsan, l’amenant jusqu’en finale d’accession et en étant élu révélation de l’année et meilleur joueur de Pro D2.
Les principales qualités de ce joueur au profil morphologique similaire à celui de Le Garrec (1m75, 75kg) concernent son intelligence de jeu, sa capacité à manœuvrer les actions par une aisance impressionnante des passes ainsi que son aptitude au jeu au pied. Un joueur qui a beaucoup à apprendre chez les champions de France, mais qui possède déjà des qualités intrinsèques faisant de lui un futur très grand.
Thomas Berjon (24 ans)
Alors que sa prolongation au Stade Rochelais est imminente, le demi de mêlée français peut s’appuyer sur une saison 2021/2022 riche en expérience pour bâtir son avenir. Considéré comme l’enfant du club en étant arrivé sur la Côte Atlantique dès 2010, Thomas Berjon a connu une constante progression le propulsant cette saison au plus haut niveau. Alors que la saison des Jaune et Noir a été exceptionnelle par le biais du titre de champion d’Europe, il n’est pas s’en rappeler que Berjon a été titulaire en demi-finale et en finale. Une expérience acquise dès l’âge de 24 ans qui le différencie des autres joueurs. Le poste de demi de mêlée demande une telle assurance et gestion des moments importants, que son parcours avec La Rochelle et ses premières grandes expériences européennes, lui promettent un grand avenir.
Baptiste Jauneau (18 ans) et Kévin Viallard (21 ans)
Si la plupart des clubs de Top 14 possèdent des jeunes demis de mêlée de grand talent, l’ASM Clermont Auvergne débute cette nouvelle saison avec un beau vivier dans ce secteur. Le départ de Morgan Parra au Stade Français a, malgré le vide laissé par l’international français, permis de mettre en valeur Baptiste Jauneau et Kévin Viallard. En ballotage avec Sébastien Bézy au poste de titulaire (30 ans, 8 sélections), les deux joueurs profitent de chaque seconde sur le terrain pour affirmer leur potentiel.
Même si Jauneau connait un début de saison plus fructueux que Viallard (notamment grâce à une bonne performance contre Toulouse et Antoine Dupont), les Clermontois sont dans la lignée des précédents joueurs cités. S’ils gagnent rapidement du temps de jeu et de l’expérience, il serait probable de les voir titulaires en 1ère division, mais peut-être pas dans le même club.
Baptiste Germain (21 ans)
Il n’est peut-être pas encore un prétendant à une potentielle sélection dans le XV de France, mais le joueur du Stade Toulousain (actuellement prêté au Biarritz Olympique) a progressé rapidement la saison passée. Disputant 32 matchs avec les Rouge et Noir, Baptiste Germain a pu apprendre aux côtés des plus grands internationaux, notamment avec son homologue à la mêlée : Antoine Dupont. En effet, il est souvent comparé au meilleur joueur du monde dans son style de jeu très offensif, que ce soit pour lancer ses trois-quarts ou attaquer de lui-même le premier rideau défensif adverse. Son prêt au BO (relégué en Pro D2 pour cette saison) jumelé à sa maturité et son expérience toulousaine, lui permettra d’enchainer les feuilles de match et de briller en tant que titulaire.
Jules Gimbert (24 ans)
Il est une des figures de la jeunesse de l’Union Bordeaux-Bègles (Mathieu Jalibert, Cameron Woki) depuis ses premiers matchs en Top 14 lors de la saison 2017/2018. Jules Gimbert, également de la partie lors de la victoire des Bleuets au Tournoi des VI Nations et à la Coupe du monde 2018, est déjà un joueur affirmé du Top 14. Très bon animateur et gestionnaire du jeu, le Bordelais est déjà l’un des meilleurs dans les phases de transition entre les avants et les trois-quarts. Aux côtés de Maxime Lucu, il aura l’occasion de perfectionner son jeu pour être prêt au moment où il devra prendre la relève à l’UBB.
Jules Danglot (21 ans)
Le natif de Cahors, qui a fait ses premières apparitions professionnelles à Montpellier, possède déjà le caractère requis pour un numéro 9. Malgré son arrivée récente au RCT, il s’est déjà approprié des qualités de meneur d’hommes, dans un style similaire à son coéquipier toulonnais, Baptiste Serin. Reconnu pour sa maturité sur le terrain malgré son jeune âge, sa vitesse et le lien qu’il entretient avec ses avants lors des transmissions du ballon, cela fait de lui un des meilleurs jeunes à ce poste. Bien que ses pertes de balles sont encore un peu nombreuses, le fait d’évoluer avec un international du calibre de Serin lui permettra de corriger ses erreurs et de progresser davantage dans la gestion du jeu.




ZIEUX André
18 octobre 2022 à 19h31
Dupont est le meilleur car en + de ces qualités exceptionnelles d’attaquant et de gestion du jeu c’est un défenseur phénoménal. C’est ce qui fait la différence au très haut niveau. Et sur ce point seul Couilloud peut rivaliser, tous les autres ( même Lucu pourtant volontaire et pas peureux ) sont loins dérrière. Ils doivent encore progresser sur ce point qui est à mon sens rédhibitoire pour être un cador des standings de niveau international.