Les tops et les flops des Français aux Mondiaux d’athlétisme en salle 2026
MONDIAUX D’ATHLÉTISME EN SALLE 2026 – Après trois jours de compétition et une médaille dans l’escarcelle, il est temps de dresser le bilan des Bleus.
Beaucoup de places d’honneur mais finalement une seule médaille. Tel est le bilan de la délégation française à l’issue des Mondiaux de Torun. Point d’orgue de la saison hivernale, ces Mondiaux nous permettent de tirer quelques enseignements du côté des Bleus.
Les tops
Yann Schrub, la belle histoire
Alors qu’il n’avait pas prévu de participer aux Championnats du monde, ni même de prendre part à la saison en salle, Yann Schrub repart de Pologne avec la conviction d’avoir fait le bon choix. Pour preuve, le médecin a décroché le bronze — et non l’argent comme il l’a longtemps cru — sur le 3000 mètres, devenant le premier Français médaillé depuis l’argent d’Éric Dubus en 1993. Si son accélération dans le final pouvait rappeler celle de Jimmy Gressier lors du 10 000 mètres des Mondiaux 2025, l’issue n’est pas tout à fait la même. Pas de titre au bout, mais une médaille tellement bienvenue pour la délégation française qui en rêvait sans oser la clamer haut et fort.
- À ce sujet – Championnats du monde d’athlétisme : Yann Schrub médaillé de bronze sur 3000m aux Mondiaux en salle, Josh Kerr sacré
La question qui se pose désormais est de savoir quels objectifs se fixe le tout récent trentenaire. S’il devrait doubler 5 000 et 10 000 mètres cet été à Birmingham à l’occasion des Championnats d’Europe, Schrub ne manque pas d’ambition d’ici-là puisqu’il vise ni plus ni moins que le record du monde du 5 km sur route (12:49) à Lille le 4 avril prochain. Celui-ci demeure la propriété de Berihu Aregawi depuis 2001 ! Schrub, lui, est actuellement neuvième performeur de tous les temps.
🏃 #WorldIndoorChamps | 🥉 Première médaille mondiale pour Yann Schrub !
🇫🇷 Le Français décroche le bronze sur le 3 000 mètres aux Mondiaux de Torun en 7’35 »71. C’est le premier podium tricolore de ces Championnats.
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— francetvsport (@francetvsport) March 21, 2026
Agathe Guillemot, pas de médaille mais un record
Bien qu’elle reparte sans médaille, Agathe Guillemot pourra se satisfaire à froid de ses Mondiaux. Qualifiée sans problème pour la finale après une demi-finale courue en patronne, la Finistérienne a signé un nouveau record de France en finale avec un temps de 3:59.71, soit presque une seconde de mieux que sa marque précédente (4:00.64). Un chrono insuffisant pour monter sur la boîte puisqu’elle termine quatrième, battue par Georgia Hunter Bell (3:58.53), Jessica Hull (3:59.45) et Nikki Hiltz (3:59.68).
La Tricolore s’affirme encore un peu plus comme l’une des têtes d’affiche de l’athlétisme français. Elle sera forcément attendue cet été aux Championnats d’Europe où elle tentera de faire mieux que sa troisième place à Rome en 2024.
Ils ont tenu leur rang
Jonathan Seremes, à l’heure américaine
Le week-end dernier, Jonathan Seremes avait créé la sensation en bondissant à 17.25 mètres pour remporter les championnats universitaires américains (NCAA). Il se positionnait alors comme un outsider potentiel pour une médaille à l’occasion de ces Mondiaux. En piste dès vendredi, le Français signait un premier essai qui restera son meilleur, mesuré à 16.93 mètres. Insuffisant pour monter sur le podium.
Sa cinquième place finale reste toutefois honorable, d’autant plus en prenant en considération les six petits jours de récupération après son titre universitaire et les cinq heures de décalage avec Fayetteville, où se sont déroulés ces championnats. Huitième aux Championnats du monde en plein air l’année dernière, Seremes confirme ainsi son nouveau statut. Il devra cependant sauter plus loin cet été s’il veut monter sur le podium à Birmingham.
Mais aussi…
Wilhem Belocian, quatrième temps des engagés sur 60 mètres haies et cinquième au final, Thibaut Collet et Baptiste Thiery à la perche, Téo Bastien, sixième de l’heptathlon mais néanmoins assez loin de son record.
Ils ont surpris
Clara Liberman, une première finale mondiale
Deux sélections en A et déjà une finale mondiale ! Qualifiée au temps à l’issue des séries, la vice-championne d’Europe 2025 a réalisé une grosse demi-finale, créant la surprise en se qualifiant pour la finale. Deuxième de sa course, Liberman confirmait les espoirs placés en elle après sa médaille d’argent européenne l’année dernière. Une sacrée performance pour celle qui ne disposait que du douzième chrono des engagées.
La marche était néanmoins trop haute en finale, Keely Hodgkinson réalisant la deuxième meilleure performance de l’histoire (1:55.30), à moins d’une demi-seconde de son record du monde.
Dernière de la course avec un chrono anecdotique, Liberman devra tirer les enseignements de cette finale. Quoi qu’il en soit, il ne faut pas banaliser une sixième place mondiale et celle-ci doit lui permettre d’aborder la saison estivale avec le plein de confiance et des objectifs élevés avec Birmingham en ligne de mire.
Titouan Le Grix, un baptême remarqué
Finaliste mondial dès sa première sélection en A, Titouan Le Grix ne pouvait rêver mieux. Deuxième de sa demi-finale, Le Grix s’est qualifié avec brio alors que derrière lui, des hommes tels que le Kényan Festus Lagat prenaient la porte. Trop juste en finale, le champion de France en salle cet hiver et médaillé d’argent aux Universiades d’été l’année dernière a sans aucun doute emmagasiné beaucoup d’expérience.
Un atout à l’aube de la saison estivale dans une discipline où ils étaient 12 Français l’an dernier à courir en 3:35 ou moins ! Il n’est donc pas encore question de pronostiquer un quelconque résultat aux Championnats d’Europe puisque l’objectif, en plus des minima, sera d’être performant aux Championnats de France Elite afin de valider un ticket pour l’Angleterre.
Mais aussi…
Jordan Terrasse, demi-finaliste sur 800 mètres.
Ils ont déçu…
Marie-Julie Bonnin, le titre est déjà loin
Il est difficile de ne pas parler de déception lorsque l’on est championne du monde en titre. En marge de ces Championnats, Marie-Julie Bonnin possédait la quatrième meilleure marque aux bilans hivernaux. Si le doublé semblait hors d’atteinte ou presque, on pouvait légitimement croire à un nouveau podium. Pourtant, la Française doit se contenter d’une septième place avec une barre à 4.70 mètres.
Seule à faire l’impasse à 4.35 mètres, première barre du concours, Marie-Julie Bonnin affichait tacitement son ambition. Néanmoins, on ne l’a jamais vue en capacité de jouer le haut du classement. Un échec à 4.55, un à 4.70, et les 4.80 — nécessaires pour monter sur le podium — semblaient trop ambitieux… et ils l’étaient. Une déception qu’il faudra vite dépasser afin d’aborder la saison estivale dans les meilleures conditions.
Melvin Raffin, on attend encore un saut mesuré
Avec deux Français engagés dans le concours de triple saut, il était difficile de ne pas ressentir une pointe d’excitation, surtout quand l’un d’eux possède un record personnel à 17.52 mètres. Pourtant, le concours a tourné court pour Melvin Raffin. Le Français a tout simplement mordu ses trois tentatives et termine bon dernier d’un concours remporté par Andy Diaz Hernandez (17.47 mètres).
Une contre-performance qui fait tâche et qui s’ajoute à la liste des désillusions du Français en grands championnats. L’an dernier déjà, à Tokyo, Raffin abordait les Mondiaux plein d’espoir avec la troisième meilleure performance de l’année. Néanmoins, il devait déclarer forfait, blessé lors de son échauffement. On espère que la roue tournera cet été.
Mais aussi…
Laëticia Bapté, sixième temps des engagées sur 60 mètres haies mais sortie dès les demi-finales, Makenson Gletty, en lice pour le podium sur l’heptathlon mais auteur d’un zéro à la perche, Corentin Le Clézio, éliminé en séries du 800 mètres, Muhammad Abdallah Kounta, disqualifié en séries du 400 mètres, Pablo Matéo, sorti en demi-finales du 60 mètres.


