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Les vilains du football

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Suite au geste très commenté de Sergio Ramos sur Mo Salah la semaine passée, petite revue des joueurs dont le vice sur le terrain a mené vers la gloire.

 

Si certains noms vous viennent déjà en tête, sachez qu’ici nous ne parlons pas de joueurs qui se contentaient d’être durs sur l’homme. Nous ne parlerons pas des spécialistes de la violence, des simulateurs ou des arrogants. Si vous pensez trouver parmi ces joueurs des Barton, Valbuena, Di Meco ou Zlatan, passez votre chemin.

Nous ne parlerons ici que d’une seule notion : le vice. C’est cette même notion qui permet à des joueurs malins, rusés, roublards, de s’en sortir avec un carton jaune plutôt qu’un rouge, d’influencer une décision arbitrale, de provoquer un adversaire, tout cela en ayant (eu) un apport essentiel dans le jeu. Des joueurs qui ont constitué, et constituent encore pour certains, une carrière entière sur le vice. Des joueurs au palmarès considérable.

Parce que le vice est une notion du foot controversée, elle divise. Certains voient dans le vice une mauvaise chose, qui nuit au foot et au sport en général. Ils n’acceptent pas qu’un joueur puisse « signer un contrat » sur la tête d’un autre pour changer le cours d’un match, que des provocations puissent avoir lieu, que des mots puissent être prononcés. D’autres voient dans le vice une histoire à raconter, un fait de jeu qui fait basculer le moment.

Il y a certains points dont on peut être sûr, quel que soit le camp, le vice ne fait pas du joueur une mauvaise personne. Il n’est pas décelable par l’arbitrage sur le moment (nous y reviendrons) et il est accepté par les supporters du ou des joueurs en question. Vous ne verrez pas beaucoup de supporters du Real cracher sur Sergio Ramos. Pourtant, ses anciens supporters, son club formateur, le FC Séville, le détestent.

Voici les quelques joueurs dont le vice a marqué notre époque :

 

Pepe

Pepe vice vilain

itasportpress

Evidemment, une figure incontournable du vice, voire de la méchanceté. Si Pepe est si souvent associé à ce joueur avide de tibias, c’est parce que les cartons rouges qu’il a reçus l’ont souvent été suite à des faits de jeu violents ou des mises en scène ridicules. Pepe est pourtant champion d’Europe en 2016 avec le Portugal, monstrueux en défense pendant le tournoi ; 9ème du Ballon d’or cette même année ; triple vainqueur de la Ligue des Champions avec le Real Madrid dans l’une si ce n’est la meilleure charnière en club de ces dix dernières années. Ses coups bas sur Messi & co ont rythmé nos classicos. Souvent détesté, il est indéniablement un excellent joueur de football.

 

Thiago Motta

Thiago Motta vice vilain

Sky Sport

Le vice à l’italienne incarné. Thiago Motta n’est pas nécessairement un joueur rugueux ou méchant. Formé à la Masia, c’est un joueur à la technique léchée qui ravie les puristes. Mais Thiago est rusé. Il sait détourner l’attention d’un arbitre. Il sait mettre l’expérience et l’impact physique dans les matchs à enjeux, au risque d’en devenir vilain. Double vainqueur de la Ligue des Champions, champion partout où il est passé, des trophées à la pelle, Thiago Motta rentre largement dans ce répertoire.

 

Diego Simeone

Diego Simeone vilain vice

FrSerieA

« El Cholo » Simeone est sur un banc de touche comme il était sur un terrain. Capable de passer du joueur méchant à celui qui prend les coups, Simeone a bâti une carrière entière sur sa hargne, son caractère et sa soif de vaincre quitte à y mettre de l’excès d’engagement, parfois volontaire. Adroit et porté vers l’avant, il a marqué plus de 100 buts en carrière malgré son poste de milieu défensif. Son échange avec Beckham lors de la coupe du monde 1998, provocant l’expulsion de ce dernier, résume tout le personnage. Double vainqueur de la Copa América, champion avec des clubs de seconde catégorie comme l’Atlético ou la Lazio, Simeone est un joueur au vice à part.

 

Mark van Bommel

Mark van Bommel vice vilain

BBC

Passé par les plus grands clubs d’Europe, van Bommel était un leader technique et de vestiaire durant toute sa carrière. Finaliste de la coupe du monde en 2010, vainqueur de la Ligue des Champions en 2006 avec le Barça, le Hollandais était aussi réputé pour ses provocations et ses coups furtivement distillés.

 

Marco Materazzi

Marco Materazzi vice vilain

Football Players Club

Quand on parle de vice, comment ne pas aborder celui qui a fait pleurer la France entière. Bien qu’il soit haï chez nous, Materazzi s’est constitué un palmarès invraisemblable avec l’Inter Milan et l’Italie. Materazzi c’est l’incarnation de la provocation dans le foot. Sans parler de celle sur Zidane, sa réputation était toute faite en Italie. Donnant autant de coups qu’il en recevait, il tient une belle place dans notre liste.

 

Diego Costa

Diego Costa vice vilain

Tribuna.com

Ils sont peu d’attaquants à prendre place dans ce cahier des vilains mais lui ne peut pas y échapper. Diego Costa c’est l’avant-centre détesté par excellence et pour autant un très bon footballeur. Aux qualités atypiques, très physique, Diego Costa joue de sa carrure pour déstabiliser les défenses adversaires et n’hésite pas à en mettre trop si nécessaire. Ses nombreuses provocations en ont fait disjoncter plus d’un. Costa c’est l’archétype du joueur pour Simeone, l’un comme l’autre se nourrissent du vice et garnissent leur armoire à trophées avec.

 

Sergio Busquets

Sergio Busquets vice vilain

Goal.com

Probablement le plus beau joueur de cette série et pourtant pas le plus innocent. Si des dizaines et des dizaines d’articles manquent sur un joueur, c’est bien lui. Plaque tournante du Barça depuis 10 ans, Sergio a tout gagné. N’importe quel club dans le monde se l’arracherait, même lorsqu’il aura 35 ans, parce que son intelligence et sa science du jeu dépassent l’entendement. Mais Sergio est aussi un joueur très subtil, un vilain parmi les autres. A l’image de Motta, les coups bas sont une spécialité pour lui. La seule chose qui le différencie vraiment, c’est qu’il n’a pris que 2 cartons rouges en carrière en près de 600 matchs en pro. Propre.

 

Luis Suarez

Luis Suarez vice vilain

IBTimes UK

Le second et dernier attaquant de ce listing, Luis Suarez est incontournable ici. Déjà parce qu’il est l’un des meilleurs numéro 9 du monde depuis 5 ans, mais aussi parce que c’est un provocateur permanent, voire un simulateur à l’italienne. Comme Marco Materazzi, il donne et prend des coups, il était aussi réputé pour mordre certains de ses adversaires. Luis Suarez c’est celui qui a empêché la première qualification en demi-finale d’une nation africaine à la coupe du monde, repoussant des deux mains un ballon qui rentrait à la dernière minute. La suite on la connait, la célébration sur le bord de la pelouse aussi. C’est ça le vice de Suarez.

 

Jaap Stam

Jaap Stam vice vilain

Republik Of Mancunia

Lorsque qu’Alex Ferguson s’excuse et dit d’un joueur qu’il n’aurait jamais dû le vendre, on devine que Stam (en couverture) n’était pas n’importe qui. Lui rentre dans une autre catégorie de vice, celui du joueur violent. Comme décrit en intro, Jaap Stam était capable de mettre un contrat sur le tête d’un adversaire avant un match pour changer la face de celui-ci (du match, pas du joueur…). Au physique effrayant, Stam s’est constitué un palmarès impressionnant en quelques années de football au très haut niveau.

 

Gennaro Gattuso

Gennaro Gattuso vice vilain

The18

L’un des milieux défensifs les plus acharnés que l’on ait vus. Gennaro Gattuso était infatigable. Pas le plus doué de notre inventaire balle au pied, son envie et son caractère trempé ont marqué notre époque. Gattuso a tout gagné, champion du monde avec l’Italie, double vainqueur de la Ligue des Champions avec le Milan d’Ancelotti. Gennaro était avant tout un joueur de contact, petit mais craint par ses adversaires pour la rugosité de ses interventions. Habile pour influencer l’arbitre, pour haranguer les siens, Gattuso était un personnage du football comme on n’en fait plus.

 

Roy Keane

Roy Keane vice vilain

I Love Limerick

Un autre qu’on ne fait plus. Tous les bons suiveurs du football anglais se souviennent des confrontations avec Arsenal et Patrick Vieira. Tous savent que Roy Keane incarnait le « fighting spirit » à la perfection. A l’image de Stam, son compère de United pendant quelques saisons, Keane a provoqué de bien vilaines blessures. Parce qu’il était un joueur engagé, Irlandais, et que son visage trahissait une envie et un dévouement démesurés (en couverture), Keane imposait son leadership à tout le vestiaire mancunien. Il n’en était pas moins un très bon joueur de foot qui a marqué l’histoire de la Premier League.

 

Sergio Ramos

Sergio Ramos vice vilain

MARCA

Le dernier et pas des moindres. Sergio Ramos n’a que 32 ans qu’il a déjà pris 24 cartons rouges en carrière. La seule raison qui ne place pas Ramos parmi les purs « méchants », c’est son talent. Indéniablement, Sergio Ramos est l’un des meilleurs joueurs de l’histoire du foot espagnol et l’un des meilleurs défenseurs de l’histoire. Il marquera son époque comme Beckenbauer l’a fait avant lui. Parce qu’il est la référence au poste et qu’il a tout gagné, Sergio est un défenseur complet. Brutal sur l’homme, offensif pour ne pas dire buteur, ultra présent dans les grands matchs, Sergio Ramos a rappelé au monde qu’il n’était pas là pour plaisanter lorsqu’il a plaqué Mohamed Salah au sol. Et parce que c’est Salah, que son aura flotte de plus en plus sur la planète foot, Sergio passe pour un monstre alors qu’il a fait là ce qu’il a fait toute sa carrière. Il relance le débat du vice dans le football parce qu’il est capable de changer la donne d’un match par celui-ci. Il surplombe notre liste par son vice, son talent et son palmarès.

 

Comme nous le disions au début de cet article, le débat du vice dans le football a été relancé cette semaine. Le Daily Mail a évoqué une règle selon laquelle les arbitres pourraient revenir sur une intervention survenue plus tôt dans le match pour sanctionner le joueur coupable de ladite faute. Cette règle, rendue possible par l’arbitrage vidéo, pourrait être utilisée lors de la prochaine coupe du monde. Elle rajouterait aux 4 cas de l’utilisation de la VAR, un 5ème cas, bien différent, celui de l’arbitrage rétroactif. Elle rendrait plus compliquées certaines applications du vice dans le football comme Sergio Ramos en a fait la démonstration.

Une chose est sûre, le storytelling autour du football ne serait pas le même si le vice n’existait pas.

 

Benjamin Douarre

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